Directeur de la MAIF, l’assureur militant qui ravive le front anti-RN

L’assureur appelle le monde économique à «résister» au RN pour «éviter la ruine».
PASCAL DEMURGER, COPIE ÉCRAN FRANCE INTER
PASCAL DEMURGER, COPIE ÉCRAN FRANCE INTER

« Il y en a marre de ces patrons qui font la morale aux électeurs. » La formule d’Hervé de Lépinau, député RN et vice-président de la commission économique à l’Assemblée nationale, interrogé par BV, claque comme un rappel à l’ordre. Et elle vise directement Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, dont les récentes sorties contre le Rassemblement national ont de quoi interroger.

Dans une tribune parue dans Le Monde le 12 avril, il met en garde contre tout rapprochement entre le patronat et le RN, qualifié d’« erreur tactique » et d’« illusion politique ». Sur France Inter, le lendemain, il franchit un cap supplémentaire en affirmant qu’une arrivée du RN au pouvoir serait « une ruine pour la France ». Des propos qui ne relèvent plus de l’analyse économique mais bien du registre de l’injonction politique. Le dirigeant d’une mutuelle se transforme en prescripteur idéologique, appelant les chefs d’entreprise à « résister ». Une posture que résument sèchement, auprès de BV, Hervé de Lépinau et Julien Odoul, député et porte-parole du RN : « C’est un assureur militant anti-RN qui décide de partir en campagne. »

Un militantisme bien installé

Les déclarations de Pascal Demurger ne sont pas un dérapage isolé. Elles s’inscrivent dans une trajectoire claire. Coprésident de Vision Impact France, il défend une entreprise engagée dans la transformation sociale, promouvant « la diversité, la parité, l’équité et l’inclusion » et des politiques fiscales finançant « la solidarité ». Une vision assumée, mais profondément idéologique. Il ne s’agit plus seulement de gérer une mutuelle, mais de peser sur le débat public.

La MAIF n’en est d’ailleurs pas à son premier engagement politique. En 2019, elle avait menacé de retirer ses publicités de CNews en cas d’arrivée d’Éric Zemmour à l’antenne, assumant une pression directe sur la ligne éditoriale de la chaîne. En 2017, l’assureur avait également soutenu une collecte de l’association Utopia 56, engagée dans l’aide aux migrants.

Ajoutés aux positions défendues au sein dImpact France, ces épisodes traduisent une ligne constante : celle d’une entreprise qui assume intervenir dans le débat public au-delà de son rôle économique. Contactée par courriel par BV, la MAIF nous a répondu ne pas souhaiter répondre à nos demandes.

Un donneur de leçons très bien rémunéré

Le contraste est saisissant. Chantre d’une économie « responsable » et d’un partage plus équitable de la valeur, Pascal Demurger perçoit une rémunération qui tranche avec ces principes. Selon les éléments révélés par Le Canard enchaîné, son salaire atteint environ 55.000 euros bruts mensuels, soit près de 30 fois le SMIC et plus de 20 fois le salaire minimum interne de la MAIF. Un niveau qui dépasse largement les critères des entreprises solidaires d’utilité sociale, censées limiter les écarts de rémunération de 1 à 10.

En outre, parmi les sociétaires de la MAIF, il y a précisément ces Français que Pascal Demurger semble vouloir éclairer, voire corriger. Une posture qu'Hervé de Lépinau juge déplacée : « Parmi ses sociétaires, il y a des électeurs du RN. » Plus encore, le député RN pointe la légitimité démocratique : « Il n’a pas de mandat électif […] Moi, j’ai l’onction du peuple. » Julien Odoul appuie, lui, là où ça fait mal : « Qui écoute ce directeur de la MAIF ? Il ne représente que lui-même. » À force de « pédagogie », le risque est clair : celui de donner des leçons à ses propres clients en transformant une relation contractuelle en rapport idéologique.

Pendant que Demurger sermonne, le RN progresse

Pendant que le directeur de la MAIF distribue les avertissements, le Rassemblement national, lui, avance ses pions. Dîners avec des chefs d’entreprise, rencontres avec les milieux économiques, échanges avec le MEDEF : le parti poursuit sa stratégie de crédibilisation. Et cela semble fonctionner. Hervé de Lépinau y voit un signal clair : « Le travail que nous avons fait […] commence à porter ses fruits. » Et le député RN d’enfoncer le clou : « Il veut jouer au chevalier blanc ? Qu’il vienne se frotter au suffrage. »

Julien Odoul conclut dans le même esprit : « Les idées de ce petit personnage sont aujourd’hui minoritaires dans le pays. » Ce décalage est révélateur : plus certains cherchent à disqualifier le RN, plus celui-ci s’installe dans le paysage économique.

Au fond, la sortie de Pascal Demurger pose une question simple : un dirigeant d’entreprise est-il là pour gérer une organisation… ou pour développer un discours idéologique ?

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

73 commentaires

  1. C’est même plus au 9.10.2023 , il toucherait celons le site miroirsocial, un salaire mensuel de 59 174 € (71 674 € si on intègre la retraite chapeau qui est un accessoire de salaire).
    Pascal Demurger patron de la MAIF la lui même avouer sur les antennes de France Inter le 13/14 aout 2023 .
    Il n’est pas étonnant alors de voir la gauche faire feu de tout bois contre le RN , elle n’a pas envie de voir ses combines de pillages des ressources de ce pays découverte et dévoiler aux français.
    Et il ni a pas que la MAIF qui attaque le RN , le Crédit Mutuel fait mieux puisqu’il ferme les comptes des associations qui ne « corresponde » pas a sa philosophie sans explications.

  2. Pour ceux qui l’ignoreraient : MAIF = Mutuelle d’Assurance des Instituteurs de France, et MGEN = Mutuelle Générale de l’Education Nationale. Les deux sont solidement implantées depuis longtemps, avec des bureaux et des permanences, dans les universités, où elles recrutent les futurs enseignants sans la moindre concurrence d’autres assurances ou complémentaires santé.
    Et ce n’est que tout récemment que la MGEN a « passé la main » à AMELI pour gérer les dossiers médicaux, y compris d’anciens adhérents qui l’avaient quittée depuis des lustres !

  3. On attend un autre discours d’un assureur banquier, un discours plus centré sur les activités qui le concernent.

  4. « en affirmant qu’une arrivée du RN au pouvoir serait « une ruine pour la France  » Non seulement cet idéologue ranci et vindicatif est malhonnête, mais il est aussi myope, ne s’apercevant pas que la ruine pour la France est déjà là, grâce à son copain macron.

  5. UN menteur qui s’engraisse sur le dos des assurés il devrait avoir honte mais ces gens là non honte de rien .

  6. Un chef d’entreprise n’est pas non plus là pour diriger une organisation , mais une entreprise, comme spécifié… tout simplement ! Et personnellement, je vais revoir mes contrats… parce que, au vu des salaires de ce Monsieur, je pense être en droit de demander une diminution des primes de mes contrats …!!!

  7. Mutuelle du Mans, Ferrand arrive à se payer un appartement. Il était ou ce directeur de la MAIF, et les autres dirigeants des mutuelles. Grand silence eloquent.. pas un mot dans les medias..non,maintenant Ferrand dirige le sinqeil constitutionnel..et la harro sur le RN. Mais le chaos, la dette financière qui est à la tête de la France.. Pas un mot, Ferrand est à la tête du conseil…

  8. Mais de quoi se mêle la MAIF ? Et si tous les adhérents quittaient la MAIF comme un seul homme ?

  9. Je vais quitter la MAIF.
    J’y suis depuis 1970
    Effectivement ,c’est très cher
    Mais vu le salaire de son dirlo, CHOQUANT,on comprend.

  10. Je suis à la MAIF et suis surprise de ce commentaire. Quel est le rapport entre une assurance et la politique. Que chacun garde ses moutons et ……..!!!!!!!!

  11. La ruine avec le RN ??? mais que pense ce monsieur militant gauchiste de l’état de la France et de la dette actuelle ; Peut’ on faire pire qu’aujourd’hui avec ses amis de gauche et du centre en économie, en politique internationale, , en sécurité , en pouvoir d’achat et j’en passe … heureusement je n’ai pas de contrat à la MAIF

  12. Comment peut on gagner 55.000 euros par mois ? Si au moins il s’agissait du patron d’une de nos multinationales ! On comprend qu’il ne veuille pas de changement. Les gauches sont pleines de conservateurs qui s’ignorent.

  13. Il ferait mieux de rester à sa place ! Qui est t il pour vouloir avoir une influence. Décidément, ils ont tous peur ..

  14. La situation que nous vivons depuis plus de 40 ans et la ruine de ce pays laisse perplexe les propos de ce patron dont les pratiques laissent songeurs. Franchement, si adhérent, je change de crèmerie.

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