Les épisodes se suivent et se ressemblent étrangement. Le pouvoir exécute en douce les ordres de Bruxelles en adressant des migrants « mineurs non accompagnés » dans des villages français mis au pied du mur. À Plainfaing, dans le département des Vosges, une trentaine de soi-disant mineurs arrivés à Lampedusa, en Italie, sont ainsi descendus d’un bus pour loger dans des bâtiments situés sur le territoire de la commune, piétinant au passage les belles promesses du conseil départemental. Et celles de Gérald Darmanin qui jurait, la main sur le cœur, que « la France ne s’apprête pas à accueillir une partie des migrants » de Lampedusa sur le territoire national. C’était le 18 septembre, voilà un peu plus d’un mois, sur Europe 1. Que s’est-il passé ?

Il faut se pencher sur les articles de Vosges Matin pour avoir le déroulé précis des faits, typique de la dissimulation et des influences discrètes qui s’agitent en coulisse. Le 4 octobre dernier, le quotidien local titre : « Une trentaine de jeunes migrants arrivés de Lampedusa devraient être mis à l’abri à Plainfaing. » Selon Vosges Matin, ces jeunes d’origine guinéenne doivent arriver dans un centre d’hébergement privé quelques jours plus tard, provoquant l’inquiétude du maire Patrick Lalevée. « Le maire de Plainfaing a découvert, ce lundi, que le centre de vacances privé le Mongade, situé sur sa commune, avait répondu à l’appel du département pour héberger une trentaine de mineurs non accompagnés (MNA) à partir du 15 octobre », écrit Vosges Matin.

Élus et populations devant le fait accompli

Une décision prise sans concertation qui place l'élu « devant le fait accompli », précise le quotidien. Cette manière de faire, pas vraiment dans la concertation, rappelle les nombreux autres dossiers du même type. Mais le département cherche à rassurer : cet hébergement « n’a pas vocation à durer », assure le département, administrativement en charge de l’accueil des mineurs.

L’émotion est palpable, dans la commune. Le 5 octobre, le quotidien annonce que 90 personne environ, « des habitants de Plainfaing, rejoints par des responsables du parti d’Éric Zemmour Reconquête », ont manifesté.

Le 9 octobre, le même journal fait état d’une pétition « réunissant 600 signatures de personnes se disant contre l’arrivée annoncée d’une trentaine de jeunes migrants d’origine guinéenne passés par Lampedusa à Plainfaing ». Ils se disent « inquiets pour la sécurité de leurs enfants, de leurs maisons ». L'affaire tourne mal. Les élus et les autorités reculent ou, plutôt, font semblant de reculer.

Un village qui n'a rien demandé à personne

Plainfaing, village fleuri de 1.600 habitants, est une de nos petites villes discrètes : 1.600 âmes réunies autour de son église Saint-Nicolas, de sa boulangerie, de son marchand de journaux et de son magasin de meubles. Une ville fière de son industrie locale, la Confiserie des Hautes-Vosges, et de son théâtre de verdure. Ici, on n’aime guère se mettre en avant. La manifestation, la casse, les incendies de voitures, les pillages et les agressions ne font pas partie de la culture ni des modes d’action courants. On est discret, on travaille et on manifeste ses idées lors des votes. Justement, à Plainfaing, bien avant que le conseil départemental n'envisage l’arrivée des migrants de Lampedusa, la dernière élection présidentielle a donné des résultats clairs : Marine Le Pen est arrivée en tête au premier tour, avec 41,43 % des suffrages. Elle a obtenu 69,17 % des voix au second tour.

Est-ce pour ne pas mettre le feu au poudre ? Vosges Matin annonce, le 15 octobre, que l’arrivée des mineurs non accompagnés à Plainfaing a été reportée et qu’une « réunion d’information à destination des habitants va être organisée, la semaine prochaine, à Plainfaing par le conseil départemental. Le lieu, la date et l’horaire de cette réunion seront bientôt communiqués », précise le journal. C’est beau, une démocratie qui écoute, respecte sa population, concerte et temporise ! Sauf que les habitants attentent toujours le lieu, la date et l’horaire de la réunion. Au lieu de l’échange réclamé, ils ont donc vu arriver… le bus des migrants.

Le maire se fait discret

Qui a imposé cette arrivée ? Qui a empêché cette réunion ? Contactés par BV ce 27 octobre, le maire de Plainfaing et le conseil départemental n’ont pas pu être joints. Silence radio.

Furieux, le conseiller régional RN local Gaëtan Dussausaye évoque auprès de BV les sentiments sur place : « un grand choc et beaucoup d’inquiétude ». « Les habitants n’ont pas été prévenus de la date d’arrivée effective de ces migrants, dit-il. Le maire le savait-il ? » Le premier magistrat de la commune s’est mis en retrait. La population se demande ce que ces migrants vont faire ici, en plein désert médical et dans une zone où l’emploi n’est pas florissant. Le département évoque une période courte après laquelle ces migrants seront redirigés. Faut-il le croire ?

Gérald Darmanin, qui avait clairement promis que les migrants de Lampedusa ne passeraient pas davantage la frontière que le nuage de Tchernobyl, montre une fois de plus une duplicité de carnaval. Ce gouvernement s'étonnera, ensuite, de la perte de confiance des Français qui, impuissants, subissent.

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27 octobre 2023 à 21:05

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89 commentaires

  1. Il faut prendre les villes où l’on prône le plus l’accueil inconditionnel des migrants, et les caser tous là. Il est plus que temps que les bobos mettent leurs actes en face de leur bouche.

  2. Migrants dites-vous ! Ce vocable n’est pas français. Il sert à remplacer le seul qui soit correct : clandestin !
    Vous vous faites le complice des faussaires journalistes !

  3. Si ce maire de Plainfaing avait un tant soit peu une once d’honneur, il aurait déjà dû adresser sa démission au préfet de département. Ceci vaut pour d’autres édiles, par ailleurs.

  4. Les Français subissent , et durement en plus , mais jusqu ‘ à quand ? ils sont majoritairement contre cette situation imposée de façon fourbe et tordue et qui prouve tous les jours les dangers qu ‘ elle génère ; révolte , résistance et sortir le plus tôt possible de cette UE qui nous ronge

  5. Quand ils sauront qu’il y a des loups dans les Vosges, ils ne resteront sûrement pas bien longtemps dans le coin.

  6. Les dirigeants quel que soit leur niveau devraient savoir que si le matériel agricole a beaucoup évolué , il reste encore nombre de fourches , faux , cordes , l’ensemble prêt à servir , comment trouve-t-on encore des individus qui croient toujours aux personnes politiques ,les moins mauvaises étant noyées ,étouffées par la majorité et par une pseudo opposition et la mièvrerie du sénat , Souhaitons que tous ces gens là ne provoquent pas une jacquerie en disséminant à tour de bras les victimes des négriers passeurs et qui en plus reçoivent des subventions , un peu comme si le gouvernement revendait les saisies de drogues plutôt que de les détruire …

  7. Comment est-il possible juridiquement dans ce pays de laisser des « mineurs non accompagnés » livrés à eux-mêmes, où que ce soit? Abri, nourriture, chauffage, soins, alimentation, éducation, transport: qui est en charge – organisation et financement – de tout cela? Dans la cas présent, la commune de Plainfaing?

  8. Dernièrement Gérard Larcher a reconnu qu’ils avaient été faibles. Ben, ça continue on dirait. Allez-y mettez des migrants partout, des pseudos mineurs en pagaille, encore, encore. Mais dites vous bien quand même qu’à trop tirer sur la corde il pourrait arriver qu’elle casse. Vous ne viendrez pas vous plaindre après…

  9. Les concertations sont comme les référendums, on les propose que lorsque le pouvoir pense qu’elles iront dans leur sens.

  10. Il ne reste plus qu’à passer à l’étape suivante, faire comprendre à ces indésirables par des gestes physiques qu’ils doivent repartir hors de nos frontières.

  11. Comment se fait il que ces chances pour la France (d’après ce que disent certains) ne sont jamais parqués dans les quartiers ou communes huppés ? Il y a là encore comme une injustice, une de plus !!!!

  12. Que le maire et son conseil municipal démissionnent : voilà du concret qui interpellera d’autres villages possiblement concernés. Il y aura de nouvelles élections lesquelles orienteront la boussole comme il faut.
    PS : statut vaccinal des arrivants ?

  13. Marc Baudriller, vous posez la question : « Le maire le savait-il ? ». Poua avoir vécu le même processus dans ma commune alors que j’étais adjointe au Maire, je peux vous assurer que le Maire n’est prévenu, par le sous-préfet, que le jour où arrivent les migrants. Ils sont accompagnés d’un agent de la sous-préfecture qui les dépose quelques heures aseulement après l’annonce officielle

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