Des grands travaux à la grande déconfiture : après le Louvre, la BnF !
C’est Le Canard enchaîné qui a lâché la bombe, la semaine passée : « Trente ans après sa construction, la BnF s'est tellement dégradée qu'elle pourrait fermer d'ici 2029 si des travaux d'envergure ne sont pas entrepris. Après plusieurs reports, une rénovation à plus de 500 millions d'euros est désormais incontournable. »
Voici encore une douloureuse allégorie : comme la France qu’il nous a léguée, les « grands travaux » de François Mitterrand, le Président qui voulait absolument entrer dans l’Histoire, tombent en ruine. Ainsi la BnF, qu’on appelait Très Grande Bibliothèque quand elle sortit de terre, se porte aussi mal que le Grand Louvre, ou l’Opéra Bastille ou la Grande Arche. La direction le confirme à France 3 Région Île-de-France : 500 millions d’euros de travaux sont nécessaires sur les 25 prochaines années, sinon, ce sera la fermeture.
Le prix de l'utopie
De tous les monuments voulus par François Mitterrand, la Très Grande Bibliothèque, devenue bibliothèque François-Mitterrand ou encore BnF, est non seulement le plus pompeux, le plus mal pensé, le plus mal situé et le plus cher, mais c’est surtout le plus symbolique. D’abord dans sa « lisibilité » architecturale : « quatre livres ouverts » pour un monument grandiose à l’utopie égalitaire. Le dossier de presse annonçant sa construction vantait ainsi la bibliothèque « la plus grande du monde », propre à « doter notre pays de l’instrument intellectuel le plus performant du monde ». Toujours l’emphase au service de la mégalomanie de ceux qui nous gouvernent. Ouverte à tous, la BnF devait « permettre aux "citoyens-lecteurs" à part entière d’accéder au patrimoine intellectuel et scientifique constitué au nom de la nation et pour le service de la nation ». Surtout, écrit en gras : « ne pas accepter, là non plus, l’exclusion ». Comme la BPI de Beaubourg ouverte à tous, pas question de trier entre chercheurs et tout-venant.
Devant l’inquiétude qui montait, Jack Lang s’était voulu rassurant : « La bibliothèque ne sera ni une foire, ni un parc d’attractions. » Juste le fruit d’une utopie ruineuse que trente années de fonctionnement cahin-caha n’auront pas réussi à corriger.
La précipitation, voilà le péché originel. Terrassé par la maladie, Mitterrand n’avait pas le temps : alors que nos voisins anglais avaient pris vingt ans pour peaufiner le transfert de la British Library près de la gare de Saint-Pancras, il ne s’est écoulé que sept ans entre l’annonce de François Mitterrand, le 14 juillet 1988 – « Je veux une bibliothèque » – et son inauguration, le 30 mars 1995.
Des réserves sous la Seine, un cimetière pour les oiseaux…

Un livre prémonitoire ? Dès 1999, Jean-Marc Mandosio avait dressé un état des lieux préoccupant.
Excentrée en bord de Seine, la BnF est formée de quatre tours de 96 m de haut, en forme de L, qui ferment les angles d’une immense dalle rectangulaire de 7,5 hectares. Au centre, à 21 mètres sous l’esplanade, le fameux jardin « qui favorise la méditation et le travail intellectuel », expliquait l’architecte Dominique Perrault dans sa présentation. Mitterrand voulait « un petit Latché », alors, sur 200 m de long et 60 m de large, on a planté une jolie forêt. En trente ans, des milliers d’oiseaux y sont morts, trompés par les tours de verre sur lesquelles ils s’écrasent… Quant au jardin où l’on envisageait que l’épicier érudit vienne feuilleter les Très Riches Heures du duc de Berry ou une édition originale des Mémoires d’outre-tombe , on s’est résolu à l’interdire au public.
Ce monument à nul autre pareil a connu des déboires à nul autre pareils. Circulent, entre les tours, 333 kilomètres linéaires de collections dont l’acheminement jusqu’aux salles de lecture est parfois très problématique. Des salles qui sont aujourd’hui privées de chauffage par souci d’économie. On a fourni des doudounes au personnel, et puis les lecteurs viennent avec leur lampe frontale, faute d’éclairage sur les tables. La crainte majeure, vu l’emplacement, c’était le niveau de la Seine. Emmanuel Leroy-Ladurie, qui fut directeur de la BnF, nous avait confié que, dès l’origine, les pompes initialement prévues pour faire face aux risques d’inondation tournaient à plein régime et à plein temps.
On a bouché les trous, réparé, colmaté, paré toujours au plus pressé, mais il faudrait tout repenser. Tout comme l’expo du « vivre ensemble » de Yann Arthus-Bertrand saccagée par les barbares, la BnF est un mythe terrassé par la réalité. L’illusion démocratique veut, certes, ses monuments, mais elle ne peut rien contre les chiffres. Il faut, au bas mot, 500 millions d’euros pour sauver la Bibliothèque nationale de France. Les économies à venir – ou pas – sur l’audiovisuel public devraient permettre de les trouver.
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65 commentaires
Sans oublier le bois exotique qui a servi à réaliser les marches et qui s’est avéré glissant et donc dangereux avec l’humidité. Il a fallu remplacer ce bois à peine la bibliothèque terminée.
Tout comme le bateau mal entretenu, on arrête pas de boucher les nouvelles voies d’eau incessamment alors qu’il faudrait un grand carénage si non on a plus les moyens d’entretenir la France quant on s’efforce ceux des pays étranger.
L’utopie ,le gaspillage et la morve d’un triste sire socialo ! CQFD
Cette bibliothèque est archétypique de la grande illusion de la mitterrandie, dont il faudra bien un jour, comme on ne l’a jamais fait pour le marxisme, mettre à jour les méfaits. Je l’ai beaucoup fréquentée. Certes, l’anciennne BNF Richelieu était devenue étroite, mais elle avait son charme et l’admision en était élitiste. Mais c’était un bonheur gagné que d’attendre son numéro de lecteur à l’ouverture et de siroter un café dans sa cour en compagnie de chercheurs les plus divers. A la vérité, la biblithèque Mitterrand était sa chasse gardée, une enfant (cette fois) avouée, une architecture de sa pensée et il avait veillé jusqu’au moindre détail à tout, la couleur de la moquette et le design des fauteuils. Officieusement, c’était lui le maître en tout. Mais derrière la facade, en haut des escaliers en pyramide (qui firent des estropiés) et face à une Seine impétueuse qui dévorait les livres inondées, il y eut le silence généralisé des médias sur le dessous des cartes, sur les orgies financières créées par ce caprice présidentiel. Bref, à la fois un pognon de dingue bâti sur la volonté résolue d’un président, certes lettré, mais qui voulait s’édifier dans l’Histoire à tout prix. Comme pour l’opéra Bastille, où on a vu que la pierre s’éboulait, qu’il fallait des filets pour épargner le passant. On mentait sur cette culture apportée au peuple par un socialisme qui avait surtout capté ses voix pour s’en servir. Ce socialisme obssédé à « faire peuple » est sa pire trahison. Et tout cela dans un silence médiatique coupable. Est-ce qu’aujourd’hui les langues se délieront ? On a vu avec quelle peur paralysante les médias de l’époque ont rendu compte du dossier « Mazarine ». Et si aujourd’hui les langues se déliaient, quel bonheur ce serait pour la démocratie.
Nous sommes trop riches , l’état ne sait plus comment gaspiller l’argent du contribuable .
c est le mal francais on contruit on ne fait pas les etretiens courant et ca se degrade a tel point que c est oblige de renover a grand frais et c est de partout en france et ce n est pas d aujourdhuis
Oui
Merci pour cet excellent « papier ».
Le problème, c’est que tous ces grands penseurs ne risquent jamais grand‑chose lorsqu’ils se trompent.
Pendant ce temps, le petit épicier du coin peut voir son commerce fermé pour avoir laissé sur son étal une simple salade aux feuilles un peu roussies.
Quant à l’exposition de Yann Arthus‑Bertrand, je me demande bien comment il a obtenu l’autorisation d’installer des supports susceptibles de tomber à tout moment.
En attendant, ce fait divers lui aura offert une publicité considérable.
Tonton ne restera pas longtemps dans l’Histoire ! Peut être que sa famille et mazarine pourraient mettre la « main à la poche »
que peut-on dire d’autre a part le fait que la France pue la misère, On ferait mieux de s’occuper d ece qui en va pas chez nous plutot que d’enrichir l’autre escroc ukrainien ou les pays d’Afrique !
rappelons que l’enveloppe d’investissement consacrée à la BNF s’est élevée à 7,9 milliards de francs, en 2025, le budget de ce truc est de 255 millions d’euros. La gestion n’a jamais été le fort des dirigeants Français depuis 40 ans.
Normal ils sont socialistes
Le legs de la miterrandie qui se fissure comme le personnage, comem son parti. Y a pas à dire depuis , une majorité de Français ont le chic pour choisir leurs dirigeants
Tout ce qu’a fait construire Mitterrand ce révèlent être des fiasco architecturaux couteux comme ses 14 ans a la tête de l’état Français ; L’incapacité de la gauche a gouverner un pays est encore une fois démontrer et cela a tout les niveaux politique, il ni y a qu’a voir ce qui ce passe déjà pour les grandes villes française .
– Rénovation du musée Beaubourg : 300 millions
– Rénovation de l’Opéra de la Bastille : 500 millions
– Rénovation de la Bibliothèque nationale de France : 500 millions
Tous ces bâtiments ont moins de 50 ans … et il n’y a pas de recherche de responsabilités, pas de procès pour mauvaise conception, malfaçons …
Quel gâchis de l’argent public !!!
Surtout que Beaubourg date des années 70 et a mieux vieilli que tout ce qu’a fait construire Mitterrand.
Et pendant ce temps là une misère pour entretenir les églises vielles de tant de siècles.
la France socialiste et ses utopies n’est plus qu’un radeau de la méduse et nous en sommes les passagers confinés .
Les architectes des années 70 – 80 construisent vite et pas cher .
Les entreprises qui emploient des ouvriers mal formés et pas cher .. On en paye le prix maintenant. Malfaçons et mal conçu .
L’époque bling bling