Derrière l’accord UE-Mercosur, un sulfureux cartel de la viande brésilien
Alors que la France, la Pologne et la Hongrie ont voté contre l’accord de libre-échange commercial passé entre l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), et qu’une procédure à son encontre est en cours auprès de la Cour de justice de l’Union européenne, Ursula von der Leyen a décidé de passer outre et l’accord est donc « provisoirement » entré en vigueur le 1er mai 2026.
Les Français contre l’accord, mais qui s’en soucie ?
94 % des Français veulent pourtant stopper l’application de cet accord, selon une étude Norstat pour l’Institut pour le Progrès. Se douteraient-ils, comme le dit le proverbe populaire, que « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » ? Le flair de nos compatriotes est en tout cas corroboré par les faits, et ce n’est sans doute pas un loup dont il serait question, mais une meute entière. Sur son compte Facebook puis dans un éditorial publié par Valeurs actuelles, l’agricultrice et eurodéputée LR Céline Imart a dénoncé « la trahison silencieuse de Bruxelles » qui a fait discrètement adopter, le 20 avril, par un comité technique du Conseil de l’Union européenne, un « règlement d'exécution » de l’accord. « Désastreux et scandaleux », selon elle, ce dernier « organise un transfert de souveraineté sans précédent dans l’histoire commerciale européenne ». En effet, « ce n’est plus l’Union qui choisira les exportateurs sud-américains qui pourront vendre leur viande sous les quotas Mercosur, c’est le Brésil lui-même qui distribuera les licences ».
Tromperie et passivité bruxelloises
La découverte de cet incroyable abandon de souveraineté a été faite dans le cadre d’une enquête réalisée par l’École de pensée sur la guerre économique (EPGE), qui constate en préambule que l’accord UE-Mercosur « reste massivement mal lu » par les parties prenantes au sein de l’UE. « On débat des quotas, des normes sanitaires, de la réciprocité des clauses », passant ainsi à côté de l’essentiel : « Il s’agit d’une guerre économique, délibérément conduite par des acteurs qui ont compris avant nous ce que signifie conquérir un marché, y rendre l’adversaire dépendant, puis verrouiller les positions acquises. » Une attitude purement défensive et passive qui explique l’inefficacité évidente de toute résistance aux effets néfastes de l’accord, notamment pour la France et ses agriculteurs : « Les acteurs institutionnels, FNSEA en tête, ont choisi la plainte là où ils auraient dû choisir la manœuvre », constate l’EPGE.
Au cœur de l’affaire, on trouve « des intérêts industriels européens, notamment allemands, pesant bien davantage que les filières agroalimentaires », c’est-à-dire, au premier chef, les intérêts vitaux de nos paysans français. Or, on parle ici de quantités conséquentes : « 99.000 tonnes de bœuf à droit réduit, 180.000 tonnes de volaille en franchise, auxquelles s’ajoutent des ouvertures sur le porc, le sucre, le riz, le miel et l’éthanol ».
JBS, sulfureux agent brésilien
Mais ce n’est pas tout, puisque le « règlement d'exécution » installe dans le secteur de la viande une situation oligopolistique de fait, voire un quasi-monopole du géant brésilien et « premier producteur mondial de protéines animales » : le groupe JBS. Et c’est là que l’histoire se corse, puisque l’acteur pivot de l’exportation massive à venir de viandes sud-américaines vers l’Europe présente un CV qui fait froid dans le dos.
MERCOSUR : D’après les conclusions d’un travail mené par l’École de guerre économique (EGE), un risque majeur se dessine : la concentration des exportations de viande vers l’Europe entre les mains d’un seul acteur ! JBS. pic.twitter.com/bqy6uMHK2T
— Réveils des Terroirs (@ReveilsTerroirs) June 1, 2026
Affaire familiale dirigée par les frères Batista, JBS « concentre les polémiques les plus graves du secteur agroalimentaire mondial », explique l’EGPE, dont le rapport abondamment documenté nous propose un petit florilège : « élevage illégal sur terres autochtones, maltraitance animale documentée, corruption active à grande échelle, séjours répétés en détention et accords de coopération judiciaire avec plusieurs parquets ». Et pour surnager dans cet océan de scandales, les Batista « n’ont pas hésité à faire tomber plusieurs présidents et ex-présidents brésiliens ».
« Longtemps poursuivis par le Department of Justice américain, rattrapés par les grandes affaires de corruption brésiliennes (Lava Jato, Petrobras), leur holding a finalement plaidé coupable aux États-Unis dans un dossier de corruption d’agents publics étrangers. » Or, constate l’EGPE, cette « réputation sulfureuse ne les a pas empêchés de devenir l’un des grands bénéficiaires attendus de l’accord UE-Mercosur et l’un des acteurs centraux de la diplomatie économique brésilienne ». Ils auraient, par ailleurs, joué un rôle prépondérant dans « le rapprochement de Lula et de Trump ».
Les Batista reçus par Emmanuel Macron !
Peu avant l’intervention américaine au Venezuela, rappelle l’EGPE, « Joesley Batista s’est discrètement rendu à Caracas pour tenter une dernière médiation avec Nicolás Maduro
». Les Batista sont de grands voyageurs et ne choisissent pas leurs destinations par hasard. Après Caracas en mai 2025, ils étaient à Paris en novembre, rappelle Céline Imart, qui s’interroge : « Comment expliquer que les frères Batista aient été reçus en grande pompe à l’Élysée en novembre 2025, pendant qu’on peaufinait la mise à mort de notre élevage ? »
Emmanuel Macron leur déroule le tapis rouge à Paris. A Bruxelles, on leur déroule le marché européen via un vote « technique ».
Les agriculteurs apprécieront, les consommateurs paieront :
Les frères Batista reçus à l’Élysée, à la tête du cartel JBS, c’est 14 millions de… pic.twitter.com/KkwC2WVmpv— Céline Imart (@CelineImart) April 28, 2026
On ne peut en effet que s’étonner, pour le moins, de la complaisance bruxelloise et française à l’égard de JBS qui coche, comme le montre bien l’enquête de l’EPGE, toutes les cases d’une mégastructure fonctionnant comme un « cartel de la viande ».
« Brésil/corruption : les actions du géant de la viande JBS s'effondrent » : la réputation de JBS, si elle ne fait pas la une de la presse grand public, est cependant bien connue des milieux financiers, comme le notait déjà Challenges, en 2017. Interrogée par BV, Véronique Le Floc’h ne se montre « guère étonnée par ces révélations ». En 2020, déjà, alors qu’elle était présidente de la Coordination rurale, décelant tout le danger d’un accord avec le Mercosur, elle s’adressait à Emmanuel Macron ainsi qu’à Annie Genevard, son ministre de l’Agriculture. Constatant que « le déficit commercial 2022 des biens agricoles de l’UE avec les pays du Mercosur s’élève déjà à 30 milliards d’euros », alertait-elle, « comment nous protégerez-vous contre l’afflux de 160.000 t* de viande bovine (+30 % d’importations UE) à des prix inférieurs de près de 40 % aux nôtres ? » Même question concernant la volaille et l’ensemble des autres produits concernés par l’accord, face au Brésil « qui met tout en œuvre pour atteindre ses prévisions officielles de productions et d’exportations à l’horizon 2032 ». Un plan de développement brésilien qui passe d'ailleurs essentiellement par l’export, une stratégie dont l’EGPE nous confirme aujourd’hui que JBS est la (peu reluisante et inquiétante) cheville ouvrière.
Face à ces dérives, il est permis de s’interroger : est-il encore décent de prétendre œuvrer pour une quelconque souveraineté alimentaire lorsqu’on se rend complice d’un tel accord ? Constatons que rares sont ceux qui osent se poser en lanceurs d’alerte sur la question, ni même se la poser.
* Ces 160.000 tonnes correspondent au cumul des 99.000 tonnes de l'accord Mercosur et jusqu'à 61.000 tonnes qui pourraient constituer le quota de l'accord Hilton (avec les États-Unis), pas encore appliqué.
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49 commentaires
la légende billy the kid a dejà été ne son temps la victime des marchands de boeuf américain ,les prix étaient decidés a Chicago depuis des siècles mais voila que les brésiliens ont pris la main ??? alors que la viande argentine a de fortes chances d’être de bien meilleure qualité?????après le poulet brésilein lavé a l’eau de javel ,on va nous faire avaler quoi?
JBS… mafia. A NOUS de boycotter la viande (et autres productions) sud-américaine ( et nord aussi!). Sans parler du cadmium qui pourrit toutes les cultures et élevages là-bas. ( Café, chocolat, pdterre, céréales…). Perso, je n’achète que du « français », estampillé et bio. + cher; j’en achète moins c’est tout.
La viande brésilienne,? merci qui ? merci macron sous ses airs de vouloir dire non, il dit oui à tous ce que propose la oursoula…Mais qui va déguster cette bonne viande venu des antipodes ?? (bravo les écolos muets) les « pôvres » elle sera moins chère que celle de nos terroirs, et une majorité de français se vera contraint de se « l’empèger » dans son assiète.
Dans les faits, Ursula et son complice Macron « désossent » les agriculteurs français . Ce pacte avec le Brésil se résume en fait en un accord avec un cartel qui décidera de ce que nous devons importer. Quelle souveraineté européenne et française .
Comme dans l’affaire des vaccins anti-covid, ces tractations ne semblent pas du tout limpides. Des dessous de tables ouverts ou voilés seraient-ils à considérer ? Ce qui est étrange, c’est que des journaux comme Médiapart ne s’intéressent pas à ces sujets sulfureux au possible. Il y a pourtant de quoi piocher.
Bravo madame Valérie Hayer, vous allez arriver à vos fins, ainsi votre trahison sera totale
On va encore nous faire bouffer de facto de la viande contaminée sans aucun contrôle sanitaire ou autre. Alors que nos paysans sont submergés par les contrôles tatillons et par la répression policière sans pitié des agents de l’OFB. C’est un scandale. Et pendant ce temps-là, tout va bien en France!
On mangera de la viande brésilienne, mais les Brésiliens rouleront en voitures allemandes . C’est ce que souhaite l’impératrice illégitime avec l’accord tacite de E Macron.µ
Petits arrangements entre amis ? Tout porte à croire que certains industriels européens ont des intérêts qui passent au-dessus des lois.
Une UE minable dirigée par des margoulins, De Gaulle apprécierait !!! Ce sont des milliers de paysans qui vont trinquer sans être invités au banquet. Il est plus que temps que la France fasse un pas de côté et se mette en marge de tous ces soit-disant accords internationaux
Il va falloir être vigilant pour boycotter tous ces produits bourrés d’éléments interdits dans l’UE ( un comble!)
Attention aussi aux produits transformés qu’ils vont essayer de nous refiler.
Et tout ça, une fois de plus pour favoriser l’Allemagne en sacrifiant nos agriculteurs , le 4 eme Reich, dit UE s’installe sournoisement et le pire sur la base d’un refus des peuples.
QUI peut encore être étonné par les magouilles de cette UE ? …
« Contrats pharmaceutiques avec Pfizer …
Contrats « alimentaires » avec JBS …
L’Energie ? … L’Industrie ? … Et la liste est longue ! …
Au sujet des « aides » à zelensky ? … Le projet « d’élargissement » à des pays de dirigeants « copain -coquins » ? …
FREXIT de toute urgence …
Oui FREXIT. Vite.
Je l’ai toujours dit et je le répéterais toujours , l’Allemagne n’ayant pas pus prendre le pouvoir total sur le continent en 1940 , la fait par le biais de cette Europe qui nous humilie tout les jours ; le reichmark allemand sert de monnaie , les réglementations sont toutes faites en faveurs de l’allemagne.
La seule façon de limité la casse est de refuser la consommation, le commerce , l’utilisation de touts produits quelques soit le secteurs industriel venant de ce pays .
C’est aussi pourquoi ces « dirigeants » allemands sont « copains » avec zelensky ! …
« ça » leurs rappelle des souvenirs qui semblent avoir été effacés par toute cette dictature qui est « aux manettes » au sein de l’UE et en France ! …
Et macron qui se permet de parler de « repentance mémorielle » en parlant d’un pays qui n’existait pas avant « une colonisation française » et en omettant de parler de ce qui se passait avec les ottomans ! ? …
A FUE RA de toute urgence ! …
VDL et Macron : deux destructeurs. L’Histoire les jugera t’elle ?
On l’espère mais serons nous la pour le voir.
l’histoire peut-être . (Quand?.).. mais sûrement pas un tribunal.!
L’Histoire ? ! … Et pendant ce « temps là » ? … Les gueux peuvent « crever » ? ! … OU PAS ! …
cette viande bourrée d’hormone et d’antibiotique et nos éleveurs sont constamment imposés de nouvelle norme européenne il faut stopper ces dérives de l’UE et en sortir une bonne fois pour toute, la meilleure solution est d’acheter en direct chez nos éleveurs transformateurs.
Ne pas acheter et consommer des plats issus de l’industrie agroalimentaire et quand c’est possible acheter directement aux agriculteurs bio ! C’est ma stratégie, j’achete ma viande sur le marche à des agriculteurs des alentours.
Pour ceux qui mangent de la viande, il suffit de n’acheter que francais. Il faut aussi bien lire la composition des plats cuisinés qui doit indiquer l’origine de lla viande (et des œufs).
Vous y croyez à l’indication de la provenance de la viande ?
Absolument pas..
Vous ne la verrez pas sur les étals.
Elle sera invisible dans les produits transformés, pizza bolognaise par exemple.
Avantage, peu de chances qu’elle soit halal.
Qui est cette Ursula qui décide de tout et qui n’a jamais été élue démocratiquement ? Nous devons boycotter ces produits importés qui ne suivent pas la rigueur imposée aux agriculteurs français.
Nous devons sortir de l’U.E.
Exactement, c’est notre seul moyen de lutter et de sauver notre agriculture