Déradicalisation : ce serpent de mer auquel personne ne croit…

Le serpent de mer de la radicalisation dans les prisons refait surface. Il y a urgence, en effet. Les surveillants pénitentiaires sont totalement désarmés face à un problème auquel ils n’ont nullement été formés à faire face. Rien de surprenant de la part de personnes faiblement diplômées, dont toute l’éducation et l’instruction ont exclu culture religieuse, nature réelle de l’islam et à qui on a répété comme un mantra que la laïcité était la seule règle qui vaille. Le néant. Alors, confrontés à une très forte population musulmane (60 à 70 %, selon le Washington Post, le Telegraph, Le Figaro…) et à des islamistes revendiqués ou – pire encore – dissimulés, on ne peut pas leur demander l’impossible.

Selon l’administration pénitentiaire, les personnes « radicalisées » sont 1.157. Plutôt 2.500, selon les personnels. Des chiffres totalement fantaisistes. Si l’on compte environ 70.000 détenus en France, cela représente environ 45.000 musulmans. Tous ne sont pas islamistes, bien sûr, mais de là à penser que ces individus seraient limités à 2 %, c’est une vaste fumisterie…

Les 1.157 recensés pas l’administration sont censés passer par les trois quartiers d’évaluation de la radicalisation (QER), au sein des établissements de Fresnes, Osny et Fleury, qui ne totalisent qu’une vingtaine de places chacun, pour un programme de sept semaines. Une goutte d’eau dans l’océan. La chancellerie veut doubler leur nombre, ce qui devrait donc porter leur nombre de places à 120. Mais, surtout, pour quoi faire ?

Tant que l’État n’aura pas pris conscience du caractère holiste de l’islam, il ne pourra pas agir efficacement. En persistant à le considérer comme une religion, il oublie l’essentiel : l’islam est un tout. Organisation de la cité et spiritualité y sont indissociables. La question n’est donc pas de déradicaliser, c’est-à-dire faire de ces fous d’Allah de gentils croyants qui respectent la distinction entre temporel et spirituel. C’est une tâche impossible. Il faudrait, pour cela, modifier en profondeur une théologie que les musulmans tiennent pour tout entière révélée, et qui constitue depuis quatorze siècle leur fonds culturel. Déradicaliser ne signifie pas adoucir, mais empêcher de revenir à la racine. Or, la racine, c’est le Coran, le livre sacré des musulmans, que nulle autorité religieuse ne peut interpréter sous peine de mort.

Faut-il, alors, interdire purement et simplement l’islam dans nos sociétés ? Imaginons un instant que cela soit possible sans susciter une guerre immédiate sur notre sol. Ce que la République a fait subir aux catholiques à ses débuts, et qu’elle n’a jamais renié, est-il envisageable à l’égard des musulmans ? Juridiquement, c’est douteux. Nous ne sommes plus en 1880 et les « droits de l’homme », qui n’étaient pas très à la mode à l’époque, sont désormais le socle immuable de notre système juridique. Politiquement, c’est dangereux. Mais la manière dont le régime a imposé aux chrétiens, dont l’ADN contient la distinction entre spirituel et temporel, de sortir de l’espace public ne serait finalement pas tout à fait impossible à transposer aux musulmans.

La réalité s’y oppose, bien entendu. Alors, que faire, ici et maintenant ? Isoler les musulmans les plus dangereux ? Cela se fait déjà – sans résultat. Les expulser du territoire ? C’est impossible pour la grande majorité, de nationalité française. Les incarcérer dans les îles australes françaises ? Compliqué et risqué… Sans compter les sanctions immédiates de la communauté internationale et de Bruxelles. En fait, personne n’a la solution. Et nos prisons sont des écoles coraniques, des poudrières.

Une chose est sûre. Ni la laïcité à la française ni les « kits de déradicalisation » n’y changeront rien. Hélas.

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