Si le plan initial de déconfinement du Président était cohérent, en revanche, sa déclinaison par le Premier ministre, mardi 28 avril, est beaucoup plus administrative. Volonté de reculer le problème, pression de certains élus ou de conseillers trop timorés ? Sans doute un peu de tout cela.

Lâcheté du pouvoir politique qui annonce que la France doit se remettre à travailler mais qui multiplie les contraintes technocratiques qui en bloquent la reprise. L’État ne tranche pas. Il se défausse de la responsabilité sanitaire sur les forces vives qui ont le choix entre respecter la loi, et donc tout bloquer, ou, au contraire, de passer outre la loi et engager leur responsabilité pénale personnelle.

À moins d’une semaine de l’échéance, nul ne sait comment rouvrir les établissements scolaires. Avec, par exemple, cette directive de 58 pages qui demande que les crayons soient désinfectés quand ils passent de la main d’un enfant à la main d’un autre enfant. Plusieurs députés, avec le président de l’Association des maires de France, ont saisi, jeudi 30 avril, le gouvernement sur l’absurdité de ces mesures. Il leur a été répondu que « si un maire n’est pas prêt le 12 ou le 13 mai, s’il lui faut un ou deux jours de préparation en plus, ce n’est pas grave ». Nos gouvernants sont-ils à ce point déconnectés de la réalité ?

Ma dentiste, à qui je demandais pourquoi elle n’ouvrait pas, m’a expliqué très en colère que depuis le VIH, ils savaient parfaitement gérer les problèmes de contagion mais qu’on lui avait confisqué ses masques en début de pandémie, ce qui l’a empêché de fait d’exercer, puis on lui a formellement interdit d’exercer. Maintenant, on lui demande d’ouvrir le 11 mai… Mais elle n’a plus de masques.

Nous étions « en guerre », avait dit le Président. En guerre, il y a la notion de sacrifice collectif, de sacrifice individuel, d’abnégation. En guerre, on accepte des pertes immédiates pour un futur collectif plus sûr. En guerre, on met en avant l’intérêt de la nation au détriment de son intérêt personnel. En guerre, on avance, on innove, on transgresse, on se surpasse. Aujourd’hui, on nous parle droit de retrait, protection individuelle, normes, règles. On nous parle de peur et de précaution alors qu’il faudrait parler d’espoir et d’audace.

François Hollande nous avait promis un « choc de simplification ». Il n’a pas réussi à le faire. Faisons-le maintenant. Plutôt que des centaines de décrets publiés en urgence et autorisant des dérogations exceptionnelles pendant cette crise, supprimons en amont ces réglementations qui nous handicapent et ceux qui en sont les auteurs. Faisons-le maintenant, mais faisons-le définitivement.

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06 mai 2020 à 18:13

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