[L’ÉTÉ BV] De Mélenchon à Glucksmann, tous « patriotes » ! Vous la sentez, l’arnaque ?

Chaque fois que le RN monte, juste le temps d'une élection, la gauche retrouve le mot. Témoin de ses trahisons.
Capture d'écran Jean-Luc Mélenchon
Capture d'écran Jean-Luc Mélenchon
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Cet article a été publié le 20/06/2026.

Tandis que le grand débat politique organisé par le MEDEF rassemblera les candidats à la présidentielle, ce jeudi sur LCI, il est bon de rappeler quelques arnaques de la gauche. L'une d'elles est son patriotisme occasionnel et opportuniste.

 

Deux souvenirs, pour commencer : après le coup de tonnerre du 21 avril 2002 et l'accession de Le Pen au second tour, j'assistais à un meeting animé par Juppé et Raffarin, l'ancien et le futur Premier ministre de Chirac. Des drapeaux tricolores arrivèrent sur scène à la fin, maladroits, artificiels, un peu nouveaux. Dix ans plus tard, au soir du premier tour de 2012 où Sarkozy, mis en difficulté par les 18 % de Marine Le Pen, était menacé par Hollande, il lança un appel solennel à ceux qui « mettent la patrie au-dessus de tout ». Là aussi, cela sonnait faux.

La longue histoire de l'arnaque du « patriotisme » de la gauche...

La patrie, depuis cinquante ans et la fin du gaullo-pompidolisme, c'est le truc que tous les non-patriotes vomissent mais qu'ils arborent - mal - quand vient le temps de l'élection, et d'une élection qui pourrait voir de véritables patriotes accéder au pouvoir. Et cette fois, c'est une véritable épidémie ! Pas seulement les anciens chiraquiens, mais tous les leaders de gauche, de Mélenchon à Gluksmann ! Thuriféraires de la « nouvelle France » qui se crée un droit à siffler la Marseillaise, comme Bagayoko ou européistes béats comme le candidat de Place publique, ils redécouvrent les vertus de ce mot magique, chassés depuis des décennies de leur vocabulaire et de leur logiciel, antinomique en tout à l'idée de patrie. La mauvaise foi frise ici l'escroquerie intellectuelle. Et l'arnaque électorale. Mais pour être complet sur la généalogie de cette stratégie anti-RN, rendons à Mitterrand et à Macron leur dû. Le second a en effet fidèlement repris, en 2017 comme en 2021 et 2022, la célèbre phrase prononcée par le premier en 1995 : « Le nationalisme, c'est la guerre. » Tandis que le « patriotisme » UE, c'est la paix et le bonheur. Cette tromperie fut au cœur du « piège mitterrandien », devenu chiraquien, macroniste, etc.

LFI et Glucksmann : plus patriotes que moi, tu meurs !

Pas étonnant que les enfants de Mitterrand et Macron que sont, chacun à sa façon, Mélenchon et Glucksmann aient choisi la même ficelle. Et l'arnaque n'en est que plus énorme car Mitterrand, Chirac et même Sarkozy avaient pu donner le change, à certains moments, par leur parcours ou leurs références, mais Mélenchon, mais Glucksmann ! Même Le Monde s'en est ému : « La bataille est lancée pour savoir qui sera le plus patriote. Longtemps considéré comme une notion répulsive à gauche, le terme est désormais brandi comme un étendard, à l’aube de la campagne présidentielle pour 2027. » Il s'est donc trouvé un député de LFI, Alma Dufour, pour qualifier son parti pro-Gaza de « parti le plus patriote de l’échiquier politique français », au micro de Jean-Jacques Bourdin ! Quant à Raphaël Glucksmann, il a même brandi le mot dans le titre de son livre : Nous avons encore envie. Pour un sursaut patriotique.  Et a lâché, lors de son premier meeting, il y a une semaine : « Nous serons le camp du patriotisme dans cette élection, du vrai patriotisme », ajoutant même vouloir  « reprendre la flamme nationale du parti qui l’usurpe depuis des décennies » et allant jusqu'à imiter Zemmour par un « Vive la République et, surtout, vive la France ! » Énorme !

L'excès verbal traduit l'ampleur de l'arnaque comme la réalité de la panique qui gagne la gauche, déconsidérée aux yeux des Français parce qu'elle a largement contribué aux multiples faillites de la France, en exerçant le pouvoir, réellement ou par influence. Finances, immigration, école, sécurité, famille : la patrie et les patriotes - les vrais ! - doivent lui présenter l'addition sans omettre cette ultime arnaque.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

56 commentaires

  1. Il faut être factuel et pratique, entraîner avec soi le plus possible de personnes à rejeter l’extrême gauche, melenchon et tout ceux qui ont trempé dans la macronie, c’est ce que j’essaie de faire et ça fonctionne faites en autant !!

  2. la Patrie, le truc que les non patriotes détestent mais adorent quand c’est nécessaire quand il faut , élections etc à la place j’aurais écris -abhorrent, ça fonctionnent bien avec -adorent. ( Et dans leur mental, c’est plus facile pour passer de l’un à l’autre !

  3. Je n’aimerais pas être dans la tête de ces gens là, il doit y avoir des nœuds partout. Comment peuvent-ils revendiquer être « patriote » qui vient du mot « Patrie », dérivé du latin « Patria », la terre des père, tout en clamant qu’il n’y a pas de « Français de souche »… Pire que le bonneteau : « pile, je gagne, face, tu perds… ». Aucune cohérence dans leur discours. Et ça s’étonne de planer à 10%.

  4. Tout est mort dans notre pays, il y en a un qui s’y ait attelé depuis neuf ans et ceux là voudraient qu’on les croit ! Les connaissant un peu, j’en ai des frissons, pour le coût j’ai une sacré trouille de les voir diriger
    notre pays.

  5. A ne pas écouter, on connait à l’avance les messages orduriers et mensongers que ces véreux vont diffuser. Ca sont toujours les mêmes. Dans le même sens. Je n’en discuterais même pas, sachant d’où ça vient je les ignore.

  6. L’article, quoique récent, est déjà daté. En ce moment ce sont les mouvements politiques : il s’agit de multiplier l’offre à Gauche et au Centre – Glücksmann, Philippe, Attal, en attendant plus – pour essayer de déboulonner Mélenchon du second tour de la présidentielle. Le SEUL but : provoquer le ralliement au Super Centre, afin de faire jouer « l’arc républicain ». Aussi, tous se rallieront, probablement vers février prochain au plus tard, vers E Philippe, pour lui apporter une majorité de gogos qui se sentiront trop heureux de « uivre la consigne ». Reste Retailleau, qui a un faux dilemme devant lui : accepter E Philippe et donc la Macronie 2.0 tout en acceptant la destruction de LR ; ou finalement jouer le tout pour le tout et passer à Droite, où il retrouvera, outre celle de Ciotti, une partie supplémentaire du LR, où il pourra monnayer son ralliement et devenir un acteur du futur que souhaite la France. Car le Super Centre ne lui filera RIEN, aussi esclave du PS qu’il sera, à l’image de Lecornu actuellement. Tout se jouera aux législatives ; sans majorité de gouvernement le RN ne fera rien et la France coulera comme maintenant.

    • retailleau est grillé à vie, en politique : il a voulu ignorer le RN et l’a même « insulté », jamais le RN ne pourra accepter qu’il rejoigne ce côté de l’échiquier
      retailleau s’est lui même piégé : il supportera le fameux « centre » qui penchera, comme depuis toujours vers la gauche….et rien ne changera

  7. Patrie = terre des pères. Comment oser s’en emparer en idolâtrant l’Europe de Bruxelles, en abandonnant des pans entiers de souveraineté, en réfutant toute idée de préférence nationale et en ouvrant les frontières à la planète entière ?

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