[ROMANS D’ÉTÉ] Les Lames du Cardinal, fantasy française de cape et d’épée

Une trilogie de romans hauts en couleur parfaite pour les adolescents… et les plus grands !
Les Lames du cardinal

Avec sa rubrique [ROMANS D’ÉTÉ], Boulevard Voltaire vous propose de découvrir ou de relire des œuvres plus ou moins récentes. Des suggestions pour le temps des vacances, si propice à des lectures prolongées… et variées.

 

Prenez l’univers des Trois Mousquetaires. Prenez la France de Louis XIII, ses duels à la rapière, ses chapeaux à plume, son enclave protestante à La Rochelle. Prenez cette France de la fin de la Renaissance et de l’entrée dans le classicisme, où les courriers sont transportés à cheval sur des routes poussiéreuses.

Et maintenant, si on y rajoutait des dragons ?

C’est sans doute ce qu’a dû se dire l’auteur français de fantasy Pierre Pevel lorsqu’il a eu l’idée de se lancer dans l’écriture des Lames du cardinal, trilogie dont le premier tome a été publié en 2007 aux éditions Bragelonne et qui est aujourd’hui édité au format poche par Folio.

Les Lames du cardinal se déroule en 1633. Le royaume de France résiste aux dragons et à leur magie, mais la Griffe noire, loge draconique puissante qui règne en maître à la cour de Madrid, cherche à y étendre son influence…

Pour faire face aux espions et spadassins envoyés par les dragons et leurs sbires, Armand Jean du Plessis, cardinal-duc de Richelieu, n’a d’autre choix que de faire appel à ses meilleurs hommes, ceux que l’on appelle les Lames du cardinal.

Dispersée après la trahison d’un des leurs lors du siège de La Rochelle, cette petite équipe de bretteurs experts devra reprendre du service sous les ordres du capitaine Étienne-Louis La Fargue.

La Fargue pourra notamment compter sur l’aide de Saint-Lucq, espion et assassin d’exception à moitié dragon. Sur la baronne Agnès de Vaudreuil, ancienne novice de l'ordre anti-draconique des Sœurs de Saint Georges. Et bien sûr d’autres fines lames, venant de Gascogne ou d’ailleurs, issus des mousquetaires du cardinal ou des mousquetaires du Roi.

Ensemble, ils devront mettre au jour des intrigues, interrompre des rituels draconiques, se battre en duel contre des spadassins de la Griffe noire, et aller jusqu’à affronter un dragon menaçant Paris.

Le genre de prédilection de Pierre Pevel

Les Lames du cardinal, qui est un hommage évident aux Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, se rattache à la fantasy historique, ce sous-genre qui met de la magie et des créatures fantastiques dans un roman historique. Ce qui est un peu le genre de prédilection de Pierre Pevel.

Scénariste, journaliste, traducteur des aventures de James Bond par Ian Fleming (dans une version qui se veut plus respectueuse du texte original), Pierre Pevel était aussi auteur de jeux de rôle avant de se lancer dans l’écriture de romans.

Il s’est fait remarquer avec la publication en 2001 de son premier roman, Les Ombres de Wielstadt (Pocket), premier tome d’une trilogie où l’on suit un chasseur de démons dans une ville fictive – et protégée par un dragon – du Saint-Empire romain germanique en pleine Guerre de Trente ans.

Après Wielstadt, Pierre Pevel s’est intéressé au Paris de la Belle Époque avec son cycle du Paris des merveilles (Bragelonne). Dans cette nouvelle trilogie, fées, dragons, et mages existent et entretiennent une ambassade dans le Paris de 1909.

Comme Wielstadt et Le Paris des Merveilles, Les Lames du cardinal se distingue par un travail historique particulièrement rigoureux. Les modes de vie, la façon de s’habiller, les personnages historiques… sont aussi proches de ce qu’on sait d’eux que possible. Avec comme « légère » différence qu’ils côtoient dragons et magie.

Une trilogie qui tient ses promesses

En résumé, Les Lames du cardinal est une très belle histoire, pleine d’aventure, de combats à l’épée et de rebondissements. Cette trilogie de cape et d’épée tient en haleine, fait rêver et voyager, et fait même découvrir la France de Louis XIII en bonus. Un seul point noir, la fin, beaucoup trop abrupte, ne prend pas le temps qu’il faudrait pour nous permettre de dire au revoir à des personnages que nous avons suivis et appris à aimer le long de trois romans.

Bien sûr, ce n’est pas ici que le lecteur trouvera grande littérature ou réflexions philosophiques. Mais à la place, il pourra se plonger dans un univers français, profondément enraciné. Il pourra parcourir les rues de cette France d’avant la Nouvelle France, côtoyer ces Français qui n’ont jamais existé si on en croit LFI.

Lire Les Lames du cardinal pourrait même donner envie de découvrir les films de cape et d’épée d’autrefois, ou même de se plonger dans la lecture d’Alexandre Dumas. Idéal pour un adolescent qui a la tête dans les étoiles, mais aussi pour des adultes en manque de lectures de plage.

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Gabriel Bendayan
Diplômé en sciences politiques et criminologie

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