Un certain Franck Boizard a publié, le 12 août, sur son blog, un texte de bon sens, synthétique et percutant, sur l’épidémie de Covid-19 et sa gestion. Vous le trouverez en bout de lien. Son point 13 formule en conclusion une hypothèse : nous serions dans une expérience de Milgram grandeur nature.

Stanley Milgram a conduit, à Yale, une série d’expériences au début des années 60 qui l’ont rendu célèbre. L’expérience initiale mobilise trois personnes : un expérimentateur, un élève et un enseignant. L’enseignant est le sujet, il ne le sait pas, ses deux comparses sont des comédiens qui jouent un rôle prédéterminé. Il est dit à l’enseignant que le but de l’opération est de mesurer en quoi la punition stimule la mémoire. L’enseignant et l’expérimentateur sont dans la même pièce, séparés de l’élève par une fine cloison. L’élève est sur une « chaise électrique » heureusement factice et il doit restituer des séries de noms énoncées par l’enseignant. À chaque erreur, l’enseignant inflige une décharge électrique (fictive) de tension croissante, augmentant chaque fois de 15 volts à partir de 45 volts, jusqu’à 450 volts. Bien sûr le comédien-élève se trompe, se fait punir, souffre, crie, hurle, supplie et le comédien-expérimentateur demande à l’enseignant de se conformer au protocole : punir. Le but réel de l’expérience est de tester l’obéissance du sujet. 25 des enseignants sur les 40 testés sont allés jusqu’à infliger trois fois une décharge de tension maximale de 450 volts. C’était beaucoup plus que ne l’imaginaient les psychiatres consultés préalablement. 62,5 % d’entre nous serions capables de devenir des bourreaux obéissant à des ordres jugés légitimes, certes avec des manifestations de stress, d’anxiété. Cette anxiété permettrait, selon Milgram, à maintenir dans cet état « agentique » où s’abolit la responsabilité, où la subordination à l’autorité prévaut sur la nécessaire empathie qui devrait guider nos relations sociales. Des variantes de cette expérience ont été menées.

Le gouvernement ne cesse de dramatiser à outrance la situation sanitaire, allant jusqu’aux menaces de reconfinement. En augmentant (enfin !) la quantité de tests effectués, il apparaît que de très nombreuses personnes sont positives au Covid-19 mais sont asymptotiques et non malades. Par contre, le nombre de décès hebdomadaires ne cesse de diminuer : 65 en semaine 34, contre 5.027 en semaine 16.

Lassitude ? Exaspération ? Besoin de rétablir un mode de vie antérieur ? Un laxisme fait peut-être croître le nombre des contaminations mesurées, mais sans que cela ne devienne pour autant un enjeu de santé publique. Pourquoi entretenir la psychose ?

Nous vivons un temps que l’on pourrait sans doute qualifier de pré-insurrectionnel. Les gilets jaunes furent, en ce sens, des précurseurs, mais ils ne sont pas seuls. Il y a fort à parier que le pouvoir le sait et fera tout pour éviter que des séditieux de tout poil, plume ou écaille se rassemblent dans la rue. Y compris faire peur, fût-ce pour de mauvaises raisons. Une anxiété qui nous maintiendrait dans un état « agentique » pour notre plus grand bien, quelle aubaine !

Je crois que Franck Boizard s’est un tout petit peu trompé. Nous ne sommes pas dans une expérience de Milgram à grande échelle mais dans l’utilisation empirique et pragmatique à tout aussi grande échelle des résultats de Milgram par ce pouvoir. Il entretient et maximise l’anxiété afin de générer l’obéissance qui lui permettra (espère-t-il) de minimiser l’ampleur de troubles futurs. On ouvre les yeux ou on les baisse ?

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