« Bon courage ! » Tel était le titre de l’éditorial du président dans le dernier bulletin de l’ordre départemental des médecins de la Gironde. Ce message s’adressait aux soignants, particulièrement à ceux du milieu libéral qui n’ont toujours pas, à ce jour, reçu les masques nécessaires à leur protection afin de remplir leur devoir et d’assurer leur mission dans les moins mauvaises conditions possibles. Certes, ce n’est ni la peste ni Ebola, cependant, le personnel soignant est particulièrement exposé.

Les chiffres officiels arrêtés au 17 mars font état de 7.734 cas confirmés en France et 175 décès. Le nombre de personnes porteuses du virus est, bien sûr, très largement supérieur à celui des cas confirmés, ce qui minimise le pourcentage de décès. Il s’agit, cependant, d’une infection qui peut être grave, voire gravissime, dans environ 20 % des cas, ce qui suffit pour largement saturer les services hospitaliers, particulièrement ceux de réanimation, et qui explique que le gouvernement ait voulu atténuer et étaler dans le temps la montée en puissance de l’épidémie par le confinement des personnes.

Nous payons maintenant la facture des mesures qui sont prises depuis une trentaine d’années : réduction du nombre de médecins et suppression de plusieurs milliers de lits hospitaliers pour satisfaire à une économie de marché qui veut que tout soit rentable, y comprit ce qui ne peut l’être. Dans ces conditions, on fait ce qu’on peut avec les moyens du bord, car il n’existe aucun traitement spécifique pour ce type de virus ; certains services hospitaliers ont essayé les médicaments utilisés dans le traitement du SIDA avec, semble-t-il, des résultats prometteurs. Cependant, ces médicaments sont hors de prix et ne sont pas adaptés à une thérapeutique de masse. Pourtant, un médecin infectiologue, professeur d’université à Marseille, membre du conseil scientifique qui aide aux décisions du gouvernement, le professeur , a annoncé, le 16 mars dernier, des résultats très encourageants dans le traitement du Covid-19 par l’hydroxychloroquine, médicament largement utilisé dans le traitement du paludisme et au prix de revient très faible. Cette nouvelle n’a pas fait la une des journaux télévisés qui préfèrent, chaque jour, titrer en gros sur la progression du nombre de malades alors que nous ne sommes qu’au début de l’épidémie. Mais il est vrai que ce professeur n’est pas parisien et que le prix de la chloroquine n’a rien à voir avec le prix des antirétroviraux utilisés dans d’autres services. Qu’en penser?

Que penser, aussi, des mesures prises pour lutter contre cette épidémie ? Seront-elles suffisantes pour minimiser les effets de la faillite annoncée de notre système hospitalier?

La crise passée, des explications devront nous être données et, comme le souligne le président du Conseil national de l’ordre des médecins : « Nous ne pourrons plus entendre que l’économie doit primer sur la santé, que les impératifs budgétaires contraignent aussi les choix sanitaires. […] Après la crise, ces choix politiques fondamentaux qui fondent notre pacte social devront être sanctuarisés. »

Puisse-t-il être entendu !

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