Editoriaux - Société - 4 octobre 2019

Comme Danièle Obono, ils rêvent d’un monde où nous n’aurions plus ni sexe ni couleur…

Au menu de ce vendredi, deux choses qui nous en disent long sur les tentations « négationnistes » qui secouent notre société, à savoir le rêve d’un monde d’absolue transparence où nous n’aurions plus ni couleur ni sexe.

On peut lire ainsi, sur le site de France Culture, un long papier fort intéressant sous le titre « “Blanchité” et race : pourquoi ce déni tenace ? » C’est la reprise d’Othello au théâtre de la Ville qui fournit à Chloé Leprince le thème de sa réflexion sur le concept de « blanchité ».

On se souvient du scandale provoqué, en mars dernier, par une représentation des Suppliantes d’Eschyle, à la Sorbonne, des militants de l’antiracisme exigeant rien moins que la fin des représentations, des excuses de l’université ainsi qu’un « colloque de rééducation » (sic) car, disaient-ils, le maquillage et les masques sombres utilisés par les acteurs s’apparentaient au blackface de sinistre mémoire, pratique issue du ségrégationnisme américain.

Cette fois, c’est Othello qui nous replonge en plein drame shakespearien avec cette question fondamentale : le rôle-titre doit-il être incarné par un acteur noir ? En 2015, déjà, Luc Bondy, ayant décidé de confier le rôle à Philippe Torreton, s’était attiré les foudres.

Quatre ans plus tard, revoilà donc Othello sur la scène parisienne, mis en scène par Arnaud Churin. Choix inverse, cette fois, et ô combien provocateur, même si la plaquette l’assure : c’est « un Shakespeare sans les clichés » car « dans Othello selon Arnaud Churin, la jalousie n’a pas de couleur de peau ».

Othello, pourtant, est toujours blanc de peau, mais cette fois, il est seul Blanc parmi des acteurs noirs. Un parti pris, dit le metteur en scène, destiné à nous forcer à affronter l’hypocrisie du temps, celle de « l’omniprésence de catégories racialisantes, qui souvent se déploient de surcroît en se combinant avec des préjugés de classe et/ou de genre ».

Et pourtant, que ne fait-on pas, dans ce monde du spectacle, pour pulvériser nos affreuses représentations archaïques, sexistes, racistes et discriminatoires !

Je me suis forcée, l’autre soir, à regarder un épisode de Meurtre à…. C’était Meurtre à Lille, une daube pour moi qui aime les bons polars, mais une pépite pour ce qu’elle nous dit des injonctions du temps. Les fictions sont, en cela, passionnantes qu’elles révèlent mieux que n’importe quoi ce qui secoue nos sociétés. Il y avait donc, dans cet épisode, une « commandanTE » (elle insistait sur le TE), silhouette filiforme et androgyne, cheveu gras, traînant sa solitude (pas de mec, trop de boulot…) et passant son agressivité de cheffe flic sur un subalterne noir. Ce mâle discriminé pour sa seule mâlitude était homosexuel, en butte à la jalousie de son compagnon (scoop : eh oui, on est jaloux aussi chez les homos !). Mais tout cela finissait bien, la commandanTE sèche et androgyne faisant une fin avec le grand Noir musclé découvrant d’autres tentations amoureuses.

Consternant, mais sans aucun doute très respectueux du cahier des charges de France Télévisions.

Voilà pour le matraquage quotidien, celui, efficace, qui vient chaque jour entre deux pubs bombarder notre temps de cerveau disponible. Un matraquage qui prépare le terrain, en quelque sorte, nous rendant disposés à accepter ce que la loi ne tardera pas à nous imposer.

C’est donc sans surprise qu’on apprend, par un tweet de Danièle Obono, « afroféministe » (sic), « écosocialiste, députée de Paris », qu’un amendement vient d’être déposé par La France insoumise afin que soit supprimée la mention du sexe à l’état civil. Une mention « qui n’a, aujourd’hui, plus aucun intérêt [mais] a, pour les personnes transgenres et intersexuées notamment, des conséquences concrètes parfois très oppressives ».

Elle est pas belle, la vie ?

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