Il y a vingt ans, le 20 mars 1999, la Serbie et le Kosovo étaient bombardés par l’OTAN. Pour Boulevard Voltaire, le colonel Hogard revient sur cet événement qui a abouti à la naissance de l’État du Kosovo. L’occasion d’évoquer avec lui la situation de la Serbie au sein de l’Europe.

Le 20 mars 1999, le Kosovo est bombardé par l’OTAN. Pouvez-vous nous rappeler le contexte qui a amené ces frappes aériennes ?

Il y a exactement vingt ans, l’OTAN a attaqué la Serbie à l’issue de négociations qui avaient duré de février à mars. Ces négociations ont échoué. Je pense que l’OTAN le voulait ainsi et souhaitait la guerre. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Henri Kissinger et des personnalités allemandes de l’époque.
Voilà le contexte dans lequel démarrent ces bombardements, qui ont duré 78 jours sur la Serbie et le Kosovo.

Ces bombardements et l’intervention internationale ont donné naissance à l’État indépendant du Kosovo. Cet État largement critiqué, notamment par son système assez mafieux, a-t-il des chances de vivre ?

C’est un État fantoche. Il n’est pas reconnu par l’ONU, puisque la résolution 1244 stipulait, à l’époque, que le Kosovo appartient à la Serbie.
Aujourd’hui, pour une centaine d’États qui reconnaissent le Kosovo, une cinquantaine d’autres, et non des moindres, ne reconnaissent pas cette république fantoche.
On voit bien, aujourd’hui, que c’est un échec total. Cet État fantoche n’a aucune capacité à vivre en autonomie et de manière normale.

Le président serbe a récemment appelé son peuple à pardonner à la coalition internationale, sans l’oublier, d’avoir bombardé la Serbie. L’histoire de la Serbie vis-à-vis de l’Europe n’explique-t-elle pas en partie son isolement ?

La Serbie d’aujourd’hui est une Serbie divisée, amputée et environnée d’États qui ont tous adhéré à l’OTAN. Or, l’OTAN est quand même la puissance qui a bombardé la Serbie en 1999 et qui a tué des civils en grand nombre. Il est vrai que la Serbie peut se sentir isolée aujourd’hui.
La Serbie a besoin d’alliés, des alliés puissants. Elle se tourne donc logiquement, aujourd’hui, vers la Russie qui est, en quelque sorte, sa grande sœur, à défaut de la France qui a oublié l’amitié séculaire qui était la sienne pour la Serbie.

20 mars 2019

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