Clément Armato, délégué national et porte-parole de l’UNI, est interrogé au micro de Boulevard Voltaire sur les conséquences du pour les futurs étudiants : « une génération sacrifiée », selon lui.

Les se retrouvent avec un afflux inhabituel de nouveaux étudiants. Cela aurait pu être une bonne nouvelle, mais en réalité, cela va poser certains problèmes. Cela vous inquiète-t-il ?

Oui, c’est un réel sujet d’inquiétude, surtout lorsqu’on voit les premiers chiffres donnés par les présidents d’université. Il y aurait 100.000 étudiants de plus que prévu. Cela représente un chiffre considérable d’étudiants. La véritable question est : où vont-ils aller ? Ces étudiants ne pourront pas être suivis correctement puisque certains n’ont pas le niveau.

Quand on voit les chiffres d’abandon ou de redoublement, la première année, on se dit qu’avec la génération 2020, cela va être encore plus compliqué.

C’est une génération sacrifiée. Avec le contexte particulier du confinement, ils ne sont plus scolarisés depuis le mois de mars. C’est un peu les grandes jusqu’en septembre. Du jour au lendemain, les élèves seront lâchés dans une université. Beaucoup vont décrocher dès la première semaine. Par conséquent, les résultats seront catastrophiques selon leur parcours.

Selon vous, qu’aurait-il fallu faire ?

Notre système éducatif est au bout du rouleau et notre système d’orientation ne marche pas. C’est le moment d’ouvrir le débat et de mettre sur la table la sélection à l’entrée à l’université. Aujourd’hui, des élèves sont envoyés en classe type, alors qu’ils n’ont pas le niveau. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas eu cours pendant plusieurs mois qu’il fallait donner le bac à tout le monde.

Cela ne va pas arranger les problèmes de décrochage et d’embouteillage dans les universités…

Cela va totalement aggraver ces problèmes de décrochage. La notation va être largement revue à la hausse et les enseignants d’ vont, eux aussi, donner des diplômes pour tous. L’année prochaine, ce phénomène va empirer.

11 juillet 2020

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