C’était au temps des Hussards noirs de la République. On apprenait à cultiver la grandeur, à aimer son pays, à ériger des statues. Ernest Lavisse, chantre du « roman national », exhortait ainsi les jeunes gens : « Tu dois aimer la France, parce que la Nature l’a faite belle, et parce que l’Histoire l’a faite grande. » Au routard, cet été, préférons le hussard pour nous servir de guide et partons à la redécouverte d’un patrimoine fragile et méconnu : le nôtre !

Avions annulés, frontières fermées, mesures barrières ? Qu’à cela ne tienne ! Faisons comme fait le monde entier depuis des années : visitons la France ! Rejoignons la première destination touristique de la planète, qui étale la diversité de ses paysages, de son patrimoine, de son art de vivre, de parler, de boire ou de manger.

Signe de nos temps de relocalisation, les couloirs du métro s’habillent de slogans et d’images de destinations de rêve… à une heure de Paris et d’un « monde d’après » qui est avant tout le monde d’à côté.

Tendance écologique aidant, les destinations sans voiture mais accessibles en bus ou en train ont aussi la cote : Le Figaro titre sur ces « douze plus beaux villages de France accessibles sans voiture », de Montsoreau aux Baux-de-Provence, d’Yvoire à Saint-Jean-Pied-de-Port !

Et quitte à laisser la voiture, ce sont les itinéraires naturels et culturels à pied ou à vélo qui, déjà plébiscités, rencontrent un nouvel engouement : Compostelle, Vélo Francette le long de l’Atlantique, Véloscénie de Paris au mont-Saint-Michel, Loire à vélo… autant de promesses pour un déconfinement réussi.

Alors, bien sûr, l’été, c’est aussi le dépaysement, l’éloignement, les horizons nouveaux… mais là encore, la « destination France » comblera les soifs de découvertes exotiques. « Et si on faisait le tour du monde en restant en France ? » interroge l’agence Easyvoyage et une foule d’autres sites ou magazines, avant de décliner l’alléchant programme : Venise à Annecy, le Colorado en Provence, l’Écosse en Auvergne, l’Australie au lac du Salagou, le Mexique dans les gorges du Verdon, ou encore l’, la Thaïlande ou le Sahara sans presque bouger de chez soi.

Une seule certitude dans cet océan de doutes et de turbulences dans lequel la France aborde cet été : pour sortir du « métro, boulot, dodo », la France « que la Nature a faite belle, et que l’Histoire a faite grande » nous invite à des vacances cocorico !

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