[Cinéma]La Bataille de Gaulle, une première partie qui peine à convaincre

Ce film respecte largement son cahier des charges et comble un manque dans le paysage cinématographique français.
Copyright 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Ness Films - Beside Productions - Auvergne Rhône Alpes Cinéma
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La déception est de taille. Derrière le nouvel opus de la franchise Scary Movie au box-office, La Bataille de Gaulle – L’âge de fer, d’Antonin Baudry, devrait seulement dépasser le million d’entrées en salles, selon les premières estimations. Un score insuffisant pour ce mastodonte du cinéma français, financé à hauteur de 37 millions d’euros. Doté d’un budget similaire, le second volet de ce diptyque, intitulé La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom, sortira au cinéma le 3 juillet.

Pour ses deux films, le réalisateur Antonin Baudry s’inspire, semble-t-il, de l’ouvrage référence de l’historien britannique Julian Jackson, De Gaulle – Une certaine idée de la France, paru au Seuil en 2019. Un prisme anglo-saxon qui permet au cinéaste français de revendiquer une certaine objectivité sur le personnage.

La flamme de la résistance

Portrait d’un patriote prédestiné par son nom qui, par la seule force de son indignation, de sa colère et de sa détermination, parvint à sauver l’honneur de son pays après la défaite de juin 1940, le film d’Antonin Baudry nous explique tout du long que la croisade du Général, à Londres, pour obtenir la confiance des Anglais et leur aide matérielle dans l’organisation de la résistance française ne fut pas une sinécure, en atteste sa relation en dents de scie avec le Premier ministre Winston Churchill…

Débutant avec la bataille de blindés de Montcornet, en mai 1940, et prenant fin en 1942, cette première partie de La Bataille de Gaulle peut dérouter par la construction de son récit dans la mesure où le film suit en parallèle deux trames narratives qui ne se côtoient jamais directement : la mise sur pied par le général des Forces françaises libres (FFL) à Londres et la destinée singulière du jeune Fernand Bonnier de La Chapelle qui assassina, le 24 décembre 1942, le vice-président du Conseil des ministres, l’amiral collaborationniste François Darlan.

Une œuvre avant tout pédagogique

Qu’on se le dise, La Bataille de Gaulle n’a pas grand-chose à défendre sur le plan artistique, avec ses intertitres intempestifs, ses tanks en images de synthèse et sa musique omniprésente. D’autant que le cinéaste s’emmêle bien souvent les pinceaux entre sa volonté de reconstituer les faits et sa propension à entretenir l’image d’Épinal – souvent comique – du Général, campé par l’excellent Simon Abkarian.

Le film, en vérité, s’affirme avant tout comme une œuvre pédagogique et édifiante à destination de ceux - notamment les plus jeunes - qui méconnaissent le personnage, ses hauts faits ou plus généralement la période. De ce point de vue-là, l’intérêt de La Bataille de Gaulle ne se dément jamais. On note, à ce propos, une reconstitution épique, particulièrement réussie, de la bataille de Bir Hakeim au cours de laquelle 3.700 Français libres, menés par le général Pierre Kœnig (Benoît Magimel, charismatique à souhait), ont résisté héroïquement, deux semaines durant, face à 45.000 soldats allemands et italiens, pour aider l’armée britannique. Une mission suicide qui, sous la caméra d’Antonin Baudry, s’affiche comme une formidable leçon de patriotisme auprès d’un public habitué depuis trop longtemps, au cinéma, aux discours nihilistes et individualistes.

Quelques infidélités à l’Histoire…

Certaines libertés, il est vrai, ont été prises avec l’Histoire, notamment l’éviction momentanée de De Gaulle par l’amiral Muselier, placé à la tête de la France libre par Churchill (!). Plus embêtant, des éléments historiques avérés, importants pour la compréhension du récit, ne sont pas évoqués, comme le fait que le général a été sous-secrétaire d'État à la Guerre et que c’est en vertu de cela que Churchill l’a reçu à Londres. Nous eussions apprécié, également, un meilleur éclairage sur l’assassinat de Darlan, éliminé par Fernand Bonnier de La Chapelle. Le film ne dit jamais que ce dernier fut l’exécutant d’une conspiration royaliste orchestrée par Henri d'Astier de La Vigerie, comme s’il fallait éclipser à tout prix les résistants de droite…

Cela étant, La Bataille de Gaulle respecte largement son cahier des charges et comble un manque certain dans le paysage cinématographique français.

3,5 étoiles sur 5

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Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

31 commentaires

  1. Je sors du cinéma et, l’émotion passée, il faut déclarer: Voilà, enfin, un grand film tricolore.
    Le titre peut sans doute désorienter le lecteur trop rapide. J’aurais choisi : De Gaulle – La France Libre.
    Car, au fond, il s’agit de la France Libre, sinon pourquoi le Général déclare-t-il sa fin, lors du choix de l’amiral Darlan par Eisenhower ? Pour le reste, il faut être de mauvaise foi ou étranger pour ne pas ressentir les émotions diverses par lesquelles chaque épisode du film fait passer le spectateur. Merci aux réalisateurs, aux acteurs, aux soutiens financiers pour ce chef-d’oeuvre patriote.

  2. Pour Lougry: quelle résistance gaulliste????? Les vrais résistants étaient en France face aux Allemands et, ce sont des militaires du service du Renseignement de l’Armée qui, avant même la signature de l’Armistice, ont organisé la Résistance: des Militaires qui n’ont pas fuis chez les Anglais!!! Les communistes sont arrivés en effet bien après: s’infiltrant dans les réseaux, tuant les Chefs ou les dénonçant aux Allemands afin de démanteler ces réseaux .
    Si vous voulez savoir la vérité,lisez: « Naissance du mythe gaulliste » écrit par Henri de Foucaucourt

  3. C’est un excellent film qui nous tient en allène sur un épisode de notre histoire – la traversé du désert que de Gaulle a effectué contre vents et marées pendant la 2e guerre mondiale pour sauver la France – assez méconnu. Certaines erreurs historiques relevées dans l’article auraient pu être évitées. Mais le film rend justice à l’énorme combat livré par de Gaulle contre l’Allemagne, Vichy et aussi ses alliés (Roosevelt notamment) pour conduire la France, son armée, la résistance à la victoire. Un film revigorant en cette fin de règne.

  4. Pas d’accord avec Monsieur Marcellesi sur la façon dont est interprété le général De Gaulle.
    La gestuelle trop mécanique relève parfois de l’automate. Je n’avais pas gardé cela en mémoire. Pour le reste je trouve le film plutôt bon et j’ai appris. Alors je mettrai un 4.5/5

  5. Très bon film. Espérons que la seconde partie valorisera davantage la Résistance gaulliste qui avait dignement commencé bien avant que les stalinistes ne cherchent à la conquérir sur ordre de Moscou et que leur prise de pouvoir ne coïncide avec l’assasinat de Jean Moulin.

  6. L’omission de l’assassinat de Darlan est en effet essentielle pour comprendre la « légende » de Gaulle. Sans cet assassinat,Darlan aurait pris la tête de la France Libre à Alger avec l’accord de Churchill et Roosevelt qui ne supportaient pas de Gaulle. L’histoire enseignée aujourd’hui en aurait été complètement réécrite.

  7. François Asselineau dans son dernier direct numéro 115 sur YouTube nous parle avec enthousiasme de ce film à partir de 1h11 et malgré quelques imperfections et imprécisions

  8. On n’en parle pas parce que le général a été mis devant le fait accompli et n’était pas au courant, mais bon certain lui préféraient le petainiste Mitterrand
    Grandeur et décadence..

  9. On ne parle jamais du soutien de De Gaulle du massacre de plus de 1200 marins français par les anglais (qui en avaient également laissé pas mal sur le carreau à Dunkerque) à Mers El Kebir début juillet 1940. C’est une raison pour laquelle bon nombres de marins n’ont pas rejoint la résistance ensuite. Sans doute une haine tenace entre la Biffe et la Royale a t’elle conduit de Gaulle à ne pas croire à l’engagement de la marine de se saborder ce qu’elle a pourtant fait ensuite à Toulon.

    • Ah et bien je suis contente de lire  » de DE GAULLE » parceque le titre  » bataille de Gaulle » pour moi n’a aucun sens !

      • C’est un subtil jeu de mot, monsieur. La Gaule, c’est la France. Ce film relate donc la Bataille de France. La Gaule, jeu de mot avec le général Charles de Gaulle (jamais de majuscule à la particule « de »).

      • Je ne crois pas qu’on répète « de ». La particule n’a de sens que précédé d’un prénom ou d’un nom ou d’un titre, car elle indique une précision sur ce qui précède. Par exemple, on n’ajoute pas la particule quand on se présente par son seul nom. On dirait « Villiers » pour se présenter, ou bien « Philippe de Villiers » ou « vicomte de Villiers ».
        Dire « la bataille de Gaulle » est correct – indépendamment du jeux de mots, bien sûr.

    • Vous vous trompez: l’opération de Mers El Kebir a été faite par Churchill à l’insu du Général lequel a eu une réaction très violente donnant lieu à un violent affrontement avec Churchill.

  10. C’est un très bon film, le scénario a adapté l’histoire à la marge mais l’ensemble est réussi. J’irai voir la suite dans un mois.

  11. Même s’il peut y avoir des erreurs ou des oublis historiques (il dure déjà plus que 2h et ce n’est que le 1er épisode) je l’ai trouvé excellent, (musique, images, dialogues) didactique et profondément souverainiste vivement la suite.

  12. Je doute que le Général de Gaulle, declà où il est, apprécie être romancé et être représenté par cette acteur.
    Les saltimbanques woke-bobo du cinéma ont encore sali la mémoire de l’histoire de France.

  13. J’ai vu le film
    Il est bien sûre romancé par certains aspects
    Mais le fond est vrai
    J’ai passé un bon moment
    C’est un très bon film
    C’est France qui se lève pas la France qui se couche
    Le général a sauvé l’honneur de la France dans cette période de renoncements et de soumission
    Le film est long mais à aucun moment je me suis ennuyé
    J’ai hâte de regarder le deuxième film je ne peux que le conseiller
    Et pour revenir à la situation actuelle quelle tristesse la France de Macron qui se couche et qui a perdu sa souveraineté
    Quand je vois ces politiques qui se réclament du gaullisme et qui participent à un gouvernement de Macron, quelle imposture et quelle honte

  14. Je n’ai pas vu le film , j’ai appris par contre son existence par les propos de cet acteur qui a tenu des propos très militants côté camp du bien …je n’irai donc pas voir ce «  chef d’œuvre «  du cinématographe français , j’ai bien conscience de ce que je perds ( sourires ..) , mais surtout du temps et de l’argent que je gagne à rester chez moi

    • Vous savez raison ! Le mieux pour se faire une idée d’un film est … de ne pas aller le voir.

    • Exact, après avoir entendu les propos de cet acteur, je ne regarderai pas le film. Je sais que je ne perds rien.

    • Donc vous ne vous faites pas une opinion sur un film mais sur son acteur ! c’est çà la France d’aujourd’hui, on juge sur ce qu’à dit tel ou tel et on s’étonne ensuite de ne plus tout comprendre.

      • Temporaire ne veut pas dire définitif . Qu’ en est-il des journaux officiels , au point que De Gaulle n’a toujours eu qu’une retraite de Colonel.

    • Je vois que vous connaissez « bien » votre sujet… Le pire est que vous etes convaincu d’avoir raison. De Gaulle a effectivement été nommé général à titre provisoire, il ne s’est pas « autoproclamé ». Il l’était quand il est parti à Londres. Il était aussi sous secrétaire d’état la guerre dans le gouvernement de Paul Reynaud… Bref, un usurpateur selon vous ? Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il a fait, mais on ne peut pas écrire l’Histoire avec des mensonges.

      • Sans de Gaulle nous serions soit allemands soit américains. Nombreux sont ceux qui bafouent ce que le général a fait pour notre pays. Certains me parleront de l’Algérie, je leur retorquerait que si de Gaulle avait dit dès 1943 que ce département ne pourrait pas rester attaché à la France. S’il était resté au pouvoir en 1946 l’issue en aurait été changée.

      • Vérifiez: le grade était provisoire, le temps de sa mission à Londres puis refusant de revenir en France, il a été déclaré déserteur et condamné à mort. Donc oui il a usurpé le grade de général!!!

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