L’homme étant fort décrié depuis son élection du printemps dernier, il convient de reconnaître une exceptionnelle qualité au maire de  : c’est l’ de se mettre à dos la moitié de la nation plus la classe politique et les médias. Pas sûr, d’ailleurs, qu’il n’ait que des amis dans son camp, mais bon, les se sont toujours dévorés entre eux… Question de régime alimentaire, sans doute.

Il faut dire qu’il a l’imagination très restrictive, Grégory Doucet. D’aucuns diraient même « radicale ». Mot qui rime avec racines, radicelles, râble et radis. Et même avec raccourci et rabougri, diront les mauvaises langues. Comme je le disais ici l’autre jour, cet homme veut notre bien, cela, avec ou sans notre accord. C’est le penchant des croyants de son espèce, celui qui peut les faire glisser sur la pente savonneuse du totalitarisme à la petite semaine. Convenons, toutefois, que le temps s’y prête, le monstre Covid offrant aux idéologues l’occasion de leurs sévices.

En effet, qu’il s’agisse de nous boucler, de nous piquer ou de nous faire abandonner subrepticement la monnaie sonnante et trébuchante, la pandémie de SARS-CoV-2 est une aubaine inespérée. Concrètement, c’est un test de résistance à l’autorité d’une ampleur inespérée.

Donc, M. Doucet, prenant prétexte de la pandémie et des consignes sanitaires y afférentes, a décidé de priver de viande les petits enfants des écoles à compter de ce jour, cela, pour une durée indéterminée à déterminer par le ministère de l’Éducation. Qu’il dit. Car le responsable de cette révolution dans les assiettes s’appelle Jean-Michel Blanquer.

On aimerait bien croire Gégory Doucet, seulement voilà, l’abandon de la viande dans les cantines était un de ses thèmes de , alors, forcément… la polémique a enflé durant tout le week-end. Le ministre de l’Intérieur s’en est mêlé, dénonçant sur Twitter : « En plus de l’insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français, on voit bien que la politique moraliste et élitiste des Verts exclut les classes populaires. De nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande. » Le ministre de l’ lui a emboîté le pas avant de renvoyer la balle au préfet du Rhône : « Arrêtons de mettre de l’idéologie dans l’assiette de nos enfants ! Donnons-leur simplement ce dont ils ont besoin pour bien grandir. La viande en fait partie. »

Invitée, lundi, dans la matinale de RTL, l’adjointe au maire de Lyon, Stéphanie Léger, a repris l’accusation contre Blanquer : « Le ministère nous transmet et nous impose des mesures sanitaires de plus en plus complexes et contraignantes. Décalage de la pause méridienne, déplacement des cantines dans des gymnases. Contexte exceptionnel avec distanciation de deux mètres entre des groupes de classes. » C’est donc pour fluidifier le système qu’il est désormais servi un menu unique aux enfants, sans viande mais « avec du poisson et des œufs ».

Question d’une ménagère de plus de cinquante ans : en quoi servir du poisson et des œufs est-il plus « fluide » que de servir de la viande ?

Face à Stéphanie Léger, Jean-Didier Berger, le maire LR de Clamart, avançait quant à lui une autre explication. Il est faux de dire, comme le maire de Lyon, que les mesures sanitaires imposent une telle solution. Déjà, souligne-t-il, « la loi impose de faire un repas végétarien une fois par semaine ». De plus, « l’intérêt général est de maintenir l’équilibre et la diversité alimentaires » pour des enfants dont chacun nous explique que le repas pris à la cantine est parfois leur seul vrai repas de la journée.

« Toutes les villes de France sont logées à la même enseigne », dit-il, et s’il n’en faut qu’un seul, « pourquoi le repas unique ne pourrait-il être un repas avec de la viande ? » Sans doute parce qu’en matière de viande, c’est le porc le moins cher…

Et si tout cela n’était que de « l’ » au fond des assiettes, comme dit le maire de Clamart ?

22 février 2021

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