[L’ÉTÉ BV] Ça vient de sortir : l’électeur RN est un salarié « isolé » et « méfiant »

Cette nouvelle enquête complète le portrait déjà peu reluisant d’un électeur RN qui n’a rien pour plaire.
@Pexels
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Cet article vous avait peut-être échappé. Nous vous proposons de le lire ou de le relire.
Cet article a été publié le 11/03/2026.

L'électeur RN ! Pas moins d'un électeur sur trois. Il est scruté, disséqué, analysé, catalogué, etc. Désormais, le RN serait en tout cas le premier parti chez les fonctionnaires (voir l'article de Frédéric Sirgant). L'occasion de relire cet article de Samuel Martin qui pointait du doigt une étude un brin caricaturale qui faisait de l'électeur RN un quasi-cas social...

 

« Vous êtes isolés au travail et votre job ne vous apporte pas le statut social souhaité ? Vous votez probablement pour le RN », écrit BFM Business. De même, Le Monde pointe « la frustration et la défiance » qui, « dans l’environnement de travail, nourrissent le vote d’extrême droite ». Sentez-vous monter la musique dépréciative ? Les médias s’appuient sur une enquête qui vient de paraître et qu’ils caricaturent à peine. Elle a été réalisée en 2024-2025 et menée par deux professeurs de HEC, Yann Algan et Antonin Bergeaud, aidés d’un étudiant, Camille Frouard.

L’employé RN est mauvais camarade

Dressons le portrait du salarié travaillant dans le privé et votant RN (ou Reconquête, c’est pareil : la « droite radicale »). « Isolé socialement », il « se défie fortement de ses collègues ». On ne fait pas grand cas de ce triste sire dans l’open space : « Suggestions non écoutées, faible sentiment d’appartenance à l’équipe, entraide en berne »… L’image qui s’en dégage n’est pas reluisante. Extrapolons. Sournois, le salarié RN se glisse vers la machine à café et prend le dernier sachet de sucre. Las, plus de touillette, ce qui alimente son aigreur. Il retourne à sa place avec le sombre projet de voler des Post-it® qu’il emportera chez lui pour noter ses courses. S’il était un personnage de The Office, il serait paranoïaque comme Dwight, falot comme Toby et aussi inutile que Creed.

Heureusement que tous les employés ne sont pas comme lui ! Avec contraste, le salarié LFI « fait confiance à ses collègues de travail ». Ses qualités font merveille, « bonne entraide entre collègues, solidarité d’équipe ». Il en ressent un « fort sentiment d’utilité ». On imagine d'ici ce collègue idéal. Le bon compagnon qui partage son dessert à la cafétéria et raconte des blagues rigolotes. Votre surligneur fluorescent est fatigué ? Il vous donne le sien. À la pause clope, son briquet est toujours disponible. En cela, il ressemble fort au salarié centriste qui cumule, lui, « toutes les formes de confiance, de sérénité et d’épanouissement ». Pas une : toutes. Le salarié centriste a atteint le nirvana alors que « l’électeur du RN est le seul dont la confiance dans ses propres collègues est négative ». La confiance négative, curieux costard taillé sur mesure pour cette créature des ténèbres.

Un « isolé » de plus en plus nombreux

Ces portraits poussés au noir cachent une autre réalité. En réalité, « le RN n’est pas un bloc », il compte plus de salariés « RN heureux » (60 %) que de salariés « RN malheureux » (40 %). Mais l’accent est mis sur ces derniers, et complaisamment repris par les médias. Il faut à tout prix les rendre peu sympathiques, ces électeurs, d’autant que le RN et Reconquête représentent le premier parti du salariat privé (22,6 %) et des cadres (« 14 %, devant Renaissance et LR à 13 % »). Leur « isolement » n’en apparaît que plus paradoxal… À moins de prendre en compte que se dire RN au travail peut être synonyme de discrimination et de harcèlement.

Le mal-être du salarié RN — qu’il soit réel, supposé, ou exagéré — n’est pas seulement dommageable pour le monde de l’entreprise. C’est aussi « un enjeu démocratique ». Car « cette méfiance généralisée […] se transfère vers une méfiance accrue envers l’étranger ». Si on traitait son mal-être avec des méthodes modernes de management, le vote RN baisserait. CQFD.

N’en jetez plus !

En février 2024, un économiste avait déjà expliqué le vote RN par le travail de nuit, qui entraîne un repli sur soi. Puis BFM TV répondait positivement à cette question : « Le mal-être au travail, un carburant du vote RN ? » Cela rejoint d’autres « études » qui participent à faire de l’électeur RN un repoussoir. De tempérament, l’électeur RN est malheureux et pessimiste. Il sort de l’école sous-diplômé et inculte. Admettons qu’il trouve du travail malgré son pauvre CV : il se comporte donc en mauvais collègue, peut-être en proie à une « colère sociale "racialisée" ».

Si, dans son malheur, il a adhéré au parti, il finit en tôle, où les gens comme lui sont surreprésentés. Et ne parlons pas de sa vie personnelle : « 58 % des Français refuseraient d'avoir un rapport sexuel avec un partenaire d'extrême droite ». Ça s’appelle la scoumoune… ou la manipulation. L’étude de HEC tombe quelques jours avant les élections municipales. L’abominable portrait doit dissuader d’autres électeurs de voter RN. Qui aurait envie de ressembler à un décavé haineux et solitaire, errant dans la vie comme une âme en peine ?

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 20/08/2026 à 23:54.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

138 commentaires

  1. « Gaulois réfractaire » (à quoi, d’ailleurs ?), « illettré », « gens qui ne sont rien », « maboul », quand ce n’est pas « inculte », « identitaire », « raciste », « facho », « pétainiste », on en passe…Souriez : vous êtes « frustré » !

  2. Si je comprends bien, le télétravail – qui isole – pourrait donc expliquer partiellement la montée de l’extrême drouaaate ??? :-)
    Je me demande si je ne viens pas de lire la prose d’un fou!
    Il faut présenter un trouble psy majeur pour publier ce qu’a pondu ce dingue gaucho jusqu’à la pire des caricatures.
    J’aurais aimé que ce soit un poisson d’avril mais… non !

  3. Ni isolé ni méfiant = Mais c’est le portrait robot du mec qui s’éclate à nos frais sur l’odieux visuel public…

  4. « le salarié LFI « fait confiance à ses collègues de travail ». »
    Ah bon !
    Ca existe un salarié LFI qui travaillerait ?

    • Je pense que c’est un pur gauchiste qui à écrit ce commentaire sur les électeurs RN j’ai déjà discuté avec plusieurs personne sans savoir si elles étaient de droites ou de gauches je peut vous dire la différence entre les gauchistes et les gens de droites est vite faite ,avec les gauchistes vous avez toujours tord vous ne discuter pas ,avec une personne de droite elle vous écoute la preuve ce vois quand vous écouter les débats à la télé .

  5. Ce que j’aime dans cette analyse faite par des professeurs d’HEC qui forment les futurs responsables d’entreprise, c’est qu’elle pointe le mal être au travail. Est-ce qu’ils enseignent à ces futurs responsables comment éviter ce mal être. Ce devrait être une priorité que les employés soient bien au travail. Mais j’oubliais, le mal être est de la faute des employés qui ne savent pas reconnaître ce que leur hiérarchie fait pour eux.

  6. N’en jeter plus la cour en est pleine,15 millions et bientot 25 millions les Français vont voter RN tous certainement des sous développé des personnes qui travaille la terre qui ne savent ni ni écrire des petits patrons que de 300 travailleurs pas plus et qui paye beaucoup d’impots,et aussi des policiers,des pompiers,des vieux,des militaires enfin toute la France.

  7. meme un joyeux retraité conviviale.et oui je mange que du porc ,sur qu’il n’est pas halal et un verre de vin.(ou 2)

  8. Les auteurs ont oublié de dire que ces électeurs ont des griffes et des poils qui leur poussent toutes les nuits de pleine lune.

  9. 5 mois: Un article qui « date déjà! A rapprocher de l’article de F Sirgan plus haut.
    La désespérance du peuple est devenue plus forte que la « peur » du changement.
    Le « tous pourris » depuis mitterrand qui a le premier entrepris de transférer notre souveraineté à l’Europe, est en train de se transformer en « seul non compromis »… le Rassemblement National.
    Le Français, toutes situations confondues, est en train de comprendre que l’ennemi désigné depuis 40 ans par les PS-LR et EM – le nationalisme, un ÉTAT, une Nation, notre SOUVERAINETÉ-… est son ultime recours.
    Les Citoyens vont-ils enfin se mobiliser pour provoquer ce raz-de marée d’Union Nationale autour du RN?

  10. C’est très intéressant.
    Quand le RN faisait 10, c’était des racistes et des fachos.
    Quand il faisait 30, c’était un vote protestataire.
    Et à 45, on ne peut plus utiliser tous ces qualificatifs, donc on cherche juste à dire qu’ils sont malheureux.
    L’électeur du RN a forcément un problème. Il est forcément pas comme nous…

    « Vous êtes isolés au travail et votre job ne vous apporte pas le statut social souhaité ? Vous votez probablement pour le RN », écrit BFM Business.
    C’est exactement ce que les auteurs de « La Meute » ont écrit des jeunes cadres ou bénévoles de la France Insoumise. Mais BFM n’a pas dû le lire.

    • Pas comme eux, c’est certain, c’est même un doux euphémisme. Les électeurs du RN depuis 1981 ne seraient pas heureux de voir leur pays s’effondrer, cela aussi c’est loin d’être faux. Qu’ils se rassurent, nous retrouverons probablement le sourire et la joie de vivre au printemps 2027. .

  11. Le fonctionnaire, comme moi, qui vote très à droite (R!, RN), se cache. Dans la recherche publique, dévoiler ses opinions c’est être mis au ban. Le droit de réserve n’empêche pas la pensée de gauche dominante et décomplexée, les autres ne disent rien.

    • Et pour cause, cette droite que vous évoquez depuis Mitterrand, surtout Chirac, n’a fait que compromission et trahison envers ses propres électeurs. Je vous plains, cela ne doit pas être simple de travailler dans un nid de guêpes ?

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