« Ils s’appellent Kavak, Dabo, Mohamed, ou encore Youssef et durant tout le confinement ils ont continué à travailler pour collecter et trier nos déchets. Si nos poubelles n’ont pas débordé, c’est grâce à eux. Mon premier déplacement était pour leur dire : MERCI », tel est le tweet récemment posté par .

Secrétaire d’État à la Transition « escrologique » et à l’Empreinte carbone au fond du slip, pourquoi la « green touch » franco-américaine du gouvernement n’a-t-elle pas profité de son déplacement privé dans le Vaucluse – en plein confinement – pour y remercier les éboueurs locaux ? Peut-être parce que c’est à Maurice et Robert, voire à Kevin et Dylan, qu’elle aurait dû y fait part de sa gratitude, ce qui eût été nettement moins « allophile-friendly ».

Il est vrai qu’applaudir les soignants à sa fenêtre à 20 heures, c’est trop banal ; un peu plouc, un peu Camping, pour tout dire. Quant à remercier ceux qui ont continué à distribuer l’eau, le gaz, l’électricité, le téléphone, à vidanger les fosses septiques ou entretenir les égouts… il y a sans doute, parmi ceux-là, trop de prénoms propres à ravir Éric Zemmour.

Autres temps, autres mœurs… autre peuple, aussi, qui, heureusement, « assume les tâches subalternes que les Français ne veulent plus faire ». Comme la médecine, par exemple.

Jadis, quand une grande catastrophe commençait à montrer des signes d’affaiblissement, on rendait grâce par des processions, comme quand la fontaine recommence à couler dans Manon des sources. Aujourd’hui on n’allume plus de cierges, mais des bougies, et on fait des marches blanches, au premier rang desquelles il est recommandé d’être immortalisé par les télés. Mieux qu’un Te Deum à Notre-Dame pour une carrière politique où la com’ joue désormais un rôle majeur.

Après une vie de recherche et un prix Nobel, Françoise Barré-Sinoussi a sept occurrences sur le site de Gala. En trois ans de vie politique, Brune Poirson en a 377. Chapeau, l’artiste !

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