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Coronavirus - Editoriaux - Santé - Société - 1 avril 2020

Bientôt, un autre risque de contagion : le pétage de plombs

Quand tous les fusibles de la diversion médiatique et du divertissement du quotidien auront cédé – question de temps uniquement, selon les conditions de confinement et surtout selon la force morale et la fermeté d’âme de chacun -, la lassitude commencera à s’installer et de nouvelles pathologies apparaîtront, créant par contagion des « pétages de plombs ».

Il est donc temps de s’interroger sur les conditions de leur apparition en France et sur leurs manifestations, pour prendre dès à présent des mesures préventives efficaces qui permettront d’en mitiger les conséquences.

Car, quoi qu’on en dise, la population d’une société de l’abondance matérielle est moins résiliente et plus vulnérable aux agressions externes quand elle est habituée à l’assistanat généralisé et au déclenchement, au moindre accident, de cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP) pour gérer les troubles de stress post-traumatique.

Or, on n’entend pas les professionnels de la santé et des crises humanitaires s’exprimer sur les effets psychologiques attendus, connus par l’expérience de vrais théâtres de guerre – où la guerre n’est pas un théâtre -, d’un confinement prolongé ou renforcé, sous la pression d’un danger omniprésent ; d’autant plus quand celui-ci n’est pas visible.

En effet, l’expérience récente et comparée des pays en guerre ou en crise durable, de la Seconde Guerre mondiale au conflit syrien en passant par la guerre en ex-Yougoslavie (Sarajevo sous les bombes), montre qu’au-delà d’un seuil variable de tolérance au confinement, surtout urbain, et de défiance politique, les populations civiles se mettent à braver volontairement le danger. Elles enfreignent alors les contraintes de sécurité pour trouver une bouffée d’air plus psychologique que physique, s’exposant à un danger fatal.

Veut-on, une fois de plus, cacher à une population infantilisée ce qu’on peut anticiper sous prétexte d’éviter la panique et pour entretenir l’illusion d’un contrôle public ? Préfère-t-on, pour cela, selon la « méthode Schiappa », inciter les confinés à nier et repousser le problème inexorable en s’abrutissant de loisirs et de « sexe à domicile » ? C’est, en effet, ce que recommande discrètement la brillante secrétaire d’État chargée de l’Égalité comme « soupape de décompression ». Pour limiter les risques de violence domestique en canalisant les poussées de testostérone, présumée exclusivement masculine (faux), dans des foyers familiaux assimilés à des foyers de violence, « milieux de tous les dangers ».

Deux éléments déclencheurs d’une panique contagieuse reposent sur des facteurs anxiogènes qui créeront des réactions très diverses, de l’apathie à l’hystérie :

Tout d’abord, le manque, ou la crainte angoissante de l’imminence du manque, accidentel ou intentionnel, de ressources essentielles, ou non nécessaires mais dont on a du mal à se passer à notre époque: revenus, nourriture, eau, soins médicaux, , médias, moyens de communication, de transport.

Plus diffus, le syndrome psychogène collectif, phénomène d’hystérie pouvant provoquer de fortes douleurs, des pertes de conscience et des détresses respiratoires, comme l’a montré un épisode spectaculaire mais expliqué dans une commune du Jura, en octobre 2019, lors d’un cross scolaire. Le facteur anxiogène déclenchant de ces pathologies de cause imaginaire a été la seule vue directe du malaise d’une collégienne – comme pourrait l’être la vue de victimes du Covid-19 ou de la criminalité dans notre entourage.

Les professionnels de la santé – psychologique liée au physique – savent que l’information raisonnée et la participation active des sujets sont préférables à leur ignorance passive. On apprécierait qu’en dehors de tous conflits d’intérêts et d’éléments de langage officiels, ils en anticipent l’apparition et l’évolution possibles afin d’y préparer le plus grand nombre, responsabilisé.

On pourrait aussi mobiliser les cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP) pour anticiper et prévenir les troubles prévisibles de stress, non pas post mais pré-traumatique. Sous peine de devoir, une fois de plus, réagir tardivement pour mitiger les conséquences d’une « sur-crise » qu’on aurait pu éviter en agissant sur ses causes. En attendant, à l’instar de la distanciation sociale, une distanciation médiatique des perroquets dominants serait salutaire.

Les survivalistes, qui se préparent quotidiennement à toutes sortes de catastrophes, ont une longueur d’avance, mais il n’est pas trop tard et des initiatives locales responsables peuvent aller dans ce sens. De vrais experts français indépendants sont disponibles en province, en dehors des canaux officiels, plus chevronnés que gradés, qui n’attendent qu’à être sollicités.

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