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Coronavirus - Editoriaux - International - 1 avril 2020

Pour qui sonne le glas ? Maintenant, les USA…

Assommé par une réalité qu’il ne peut plus esquiver désormais, le président Trump a tenu sa conférence de presse, ce lundi, avec une sobriété qu’on ne lui connaissait pas.

Depuis trois semaines, maintenant, on répète chez nous ce slogan à longueur d’antenne : « Sauvez des vies, restez chez vous ! » Après avoir longtemps nié la réalité de la pandémie, parlant d’un « virus étranger, entretenu par les médias et les démocrates », Donald Trump l’a repris à sa façon. Prédisant désormais 100.000 à 200.000 morts, il a annoncé que les deux semaines à venir seraient terribles.

Tout est démesuré, de ce côté-là de l’Atlantique, et sans doute l’hécatombe le sera-t-elle aussi, cela pour des raisons qui tiennent essentiellement au système de couverture sociale et de santé. Plus exactement à son absence pour des millions de gens, travailleurs pauvres qui cumulaient parfois deux ou trois emplois et sont venus grossir les rangs des chômeurs ces derniers jours et, donc, perdre leur assurance quand, par miracle, ils en avaient une.

Le chômage partiel n’existe pas aux USA et les entreprises contraintes de fermer leurs portes ont mis leur personnel sur le trottoir. On a donc recensé, la semaine passée, 3,3 millions d’inscriptions au chômage, chiffre minoré, sachant que « les lignes téléphoniques se sont bloquées et les sites Internet effondrés lorsque les gens se sont inscrits », expliquent les services concernés.

Donald Trump s’est voulu, malgré tout, rassurant : « Nous mettons en place l’effort le plus agressif et le plus complet de l’histoire moderne face à un virus étranger. » C’est possible. Reste à savoir pour qui œuvrent les meilleurs médecins en question, surtout qui va pouvoir bénéficier de leur science.

On ne le sait pas ou on ne veut pas le savoir, mais l’état sanitaire des Américains est tout sauf enviable. L’espérance de vie y est « une des plus faibles des pays industrialisés » : à peine 79 ans, en 2016, contre plus de 82 ans en France. Comme le rappelait, récemment, Le Point, « elle diminue même chez les hommes blancs… Les causes en sont bien connues : 39,6 % des adultes sont obèses contre 15,3 % en France ; 10,5 % sont diabétiques contre 5,4 % en France ; 36 % sont atteints de troubles cardiovasculaires contre 20 % en France. » Soit autant de signes cliniques qui rendent le Covid-19 particulièrement dangereux.

Autre drame national : des millions de gens vont devoir choisir entre manger ou se soigner. C’est Le Figaro qui le souligne : « Difficile, sinon impossible, pour un Français d’imaginer le dilemme qui se pose lorsque vient le moment de décider qui, de la santé ou des finances d’un malade, doit prendre le pas sur l’autre. Et pourtant, des millions de gens affrontent ici régulièrement cette situation aux États-Unis. » Et de citer le cas d’une jeune femme venue trois fois, en février, aux urgences de l’hôpital de Boston avec les symptômes du Covid-19. Testée deux fois négative, positive à la troisième, elle a reçu la facture : 34.927,43 dollars (31.924 euros).

De ce fait, il est certain que des milliers de personnes n’iront pas se faire détecter et encore moins soigner, faute de pouvoir payer. Et même si le test du Covid-19 doit, en principe, être désormais pris en charge, le montant du ticket modérateur reste pour beaucoup prohibitif : jusqu’à 70 euros pour une simple visite, et souvent de 1.000 à 10.000 euros par an sur les soins et médicaments à charge du malade. Le Covid-19 ne fera pas exception à la règle, même pour les personnels soignants.

Qu’importe à certains… Ainsi, pendant qu’on trace des espaces sur le sol des parkings de supermarchés à New York afin que les SDF se couchent à distance de sécurité, que les entreprises ont anticipé la crise et licencié massivement leurs salariés, la NRA (National Rifle Association), elle, fait son petit business… Il paraît que les armureries sont des magasins essentiels !

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