Editoriaux - Religion - 21 avril 2019

Attentats au Sri Lanka : le sort funeste des chrétiens nous interpelle-t-il vraiment ?

Une vague d’attentats a endeuillé le Sri Lanka en ce matin de Pâques. Parmi les cibles des terroristes, des hôtels et surtout des églises. Le bilan provisoire est de 207 morts et plus de 450 blessés. Si ces actes ignobles n’ont, pour l’heure, fait l’objet d’aucune revendication, le chef de la police nationale, Pujuth Jayasundara, avait récemment alerté contre un mouvement islamiste, appelé NTJ (National Thowheeth Jama’ath), lequel projetait des « attentats-suicides contre des églises importantes ».

Une fois de plus, des chrétiens sont pris pour cible et lâchement assassinés alors qu’ils célébraient ensemble la résurrection du Christ. Ce jour de fête pour tous les chrétiens s’est mué en cauchemar. Depuis de nombreuses années, il est devenu tristement banal de voir les grandes fêtes chrétiennes devenir le théâtre de violences et de massacres, que ce soit en Asie ou au Moyen-Orient, notamment en Égypte, où la communauté copte paie un lourd tribut au fanatisme islamiste. Ces images d’églises ensanglantées, éventrées et soufflées par de terribles explosions nous rappellent trop régulièrement le martyre subi par les chrétiens dans bien des pays.

Mais une fois révolu le temps des condamnations unanimes de la violence de la part des personnalités politiques et religieuses, lesquelles, parmi elles, oseront dénoncer les persécutions qui frappent obstinément les chrétiens et qui semblent si peu toucher les consciences ? Malgré les drames qui se succèdent, le martyre des chrétiens continue dans l’indifférence générale.

En France et plus largement en Europe, nous nous sommes, semble-t-il, habitués à ces litanies macabres qui devraient pourtant nous interroger et nous placer face à nos abandons. Nous ne sommes pas, rappelons-le, immunisés contre ce déchaînement de violences.

L’égorgement du père Hamel, l’incendie de l’église Saint-Sulpice, le récent saccage de la basilique de Saint-Denis, sans compter les profanations toujours plus nombreuses d’églises partout en France dans un silence médiatique ahurissant, interpellent. Nos sociétés sécularisées, en bonne partie même déchristianisées, ne perçoivent plus dans le christianisme un ciment religieux et culturel, un héritage à défendre ici comme ailleurs, mais une mémoire importune, négligeable, ridicule. Le christianisme est pourtant la mémoire vivante de notre civilisation et nous ne saurions voir le sort funeste des chrétiens persécutés sans nous en émouvoir. À l’heure du combat contre toutes les « phobies », il en est bien une qui nous indiffère étrangement.

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