Attal monte, Édouard Philippe descend : ce sondage va-t-il influencer Macron ?

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Marc Baudriller a tout dit des multiples impasses du remaniement impossible que prépare Emmanuel Macron. Certes, Élisabeth Borne est plus qu'usée. Certes, l'opinion penche à droite. Mais confier Matignon à Darmanin ou à Le Maire, avec leurs bilans respectifs calamiteux, ne serait pas de bon augure. L'hypothèse Attal serait plus intéressante : il est en pleine ascension. Son action, ou plutôt son discours, à l'Éducation nationale est plébiscité et il jouit, grâce à son jeune âge, et malgré un déjà long passé au PS (2006-2016) et en Macronie, d'une relative virginité politique. Alors, pourquoi pas lui ?

La dernière vague du sondage Elabe pour Les Échos pourrait pousser Emmanuel Macron à cette audace. Gabriel Attal y poursuit une ascension continue depuis sa nomination au printemps et il joue désormais dans la cour des grands. Il est en effet passé de 22 % à 38 % d'opinions positives entre mai et décembre 2023, gagnant encore un point en janvier à 39 %.

Surtout, Gabriel Attal (39 %) talonne désormais le successeur auto-désigné d'Emmanuel Macron, son ancien Premier ministre Édouard Philippe (41 %) : leurs deux courbes sont sur le point de se croiser. Pour Édouard Philippe, la chute est sévère : moins six points en deux mois ! L'ancien Premier ministre semble pâtir de son retrait, de son bilan, et pourrait subir le sort de son mentor Alain Juppé : ultra-favori des sondages, il ne parvint pas à tenir dans la durée. D'ailleurs, les courbes se sont déjà croisées en décembre dans le sondage Ipsos du Point et en octobre pour l'IFOP dans le JDD. Une tendance de fond, visiblement.

L'interdiction de l'abaya, une mesure populaire

Mais Gabriel Attal dispose aussi d'un atout important dans la structure de sa popularité. Bien qu'issu du PS, ses prises de position récentes et nettes sur l'abaya, le harcèlement ou le retour aux fondamentaux des savoirs séduit particulièrement les électeurs de droite : il « est mieux perçu que l'ancien Premier ministre auprès de l'électorat de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour, peut-être en raison de l'interdiction du port de l'abaya à l'école : 34 % ont une image positive du ministre de l'Éducation nationale, contre 27 % d'Édouard Philippe. » Dans une période de droitisation de l'électorat, Gabriel Attal pourrait être la bonne carte pour la Macronie. Pour Matignon d'abord, pour 2027 ensuite. En tout cas, toujours selon ce sondage, Gabriel Attal a bel et bien été adoubé par l'électorat macroniste : « Dans l'électorat d'Emmanuel Macron, Édouard Philippe se maintient aussi en tête (80 %) ce mois-ci, mais est talonné par Gabriel Attal (77 %). »

Mais voilà, nous sommes seulement en 2024, et surtout en pleine crise de la majorité qui s'est déchirée sur le fiasco de la loi Immigration. Droitisation, oui, mais comment ne pas perdre à gauche ce que l'on gagnerait du côté LR ? Attal, né au PS et qui séduit la droite, peut-il réussir là où Darmanin, qui se faisait fort de mobiliser son réseau LR, a échoué, payant cash le en même temps, selon la formule de Georges Michel ? Peut-il relever le défi d'une majorité toujours aussi relative et davantage encore fracturée ?

À moins que la mission de Gabriel Attal ne soit de remédier à ce vice du second quinquennat en conduisant la majorité aux urnes après une dissolution qui acterait l'absence de majorité à l'Assemblée. Sa popularité fraîche, qui tranche au sein d'une Macronie fatiguée, pourrait remettre l'hypothèse de la dissolution sur la table de l'Élysée. Pas dans l'immédiat, mais au prochain 49.3. Histoire de se démarquer d'une Élisabeth Borne minée par une overdose de 49.3.

Frédéric Sirgant
Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

80 commentaires

  1. Edouard Philippe c’est le même moule que Macron . Il est tout aussi dangereux . Qu’il reste ou il est ,les FRANCAIS n’en veulent pas . C’est un « énarque » , et ces cuistres d’énarques ça fait 40 ans qu’ils détruisent la FRANCE . Si nous voulons sauver la FRANCE ,il nous faut , M.L.P ; E zemmour ; Bardella ; Marion Maréchal ; Dupont Aignan . Des gens qui veulent sauver la FRANCE ; voilà ce dont à besoin la FANCE .

  2. Les sondages ne valent qu’à froid. Lorsqu’ils arrivent trop tôt il encensent ou écornent exagérément, lorsqu »ils arrivent trop tard plus personne ne se souvient du pourquoi de la question posée.

  3. J’espère qu’il ne s’agit que de « potentiels » candidats qui seront repoussés par les électeurs. On ne va pas encore se laisser dicter un prochain vote.

  4. Attal? A peine nommé à l’EN? On peut en douter. Mais un vieux cheval éternellement de retour comme Bayrou, dont ce serait l’apothéose (pour lui, pas pour vous, qu’allez-vous croire?), semble possible, tant en fait l’on se doute que, quel que soit le remaniement, « tout changera pour que rien ne change ».

  5. Pas plus confiance en lui qu’en les autres. Une mesure qui s’imposait ne suffit pas. Beaucoup trop jeune et visiblement ambitieux.

  6. Le vivier de candidats est depuis longtemps épuisé. Au sein de Renaissance, il n’y a jamais eu pléthore de ministrables…

  7. Atal ne sera pas désigné comme 1er ministre , il est jeune, brillant, a les dents longues………..il ferait de l’ombre à sa majesté pour quand il pourra se représenter….

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