Cinéma - Culture - Editoriaux - Médias - Politique - Télévision - 14 octobre 2017

Quand les artistes s’érigent en donneurs de leçons : Omar Sy veut faire interdire Zemmour

Les artistes, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. À l’époque d’Audiard, ceux-ci regorgeaient de talent et possédaient un bagage culturel, viatiques non négligeables au moment d’émettre quelque opinion sur l’état du monde ou un avis sur ses semblables.

Désormais, ils manquent cruellement de l’un et de l’autre et masquent leurs carences sous des postures surjouées. Ils se pensent rebelles, du moins le temps de leurs éclats de voix, mais n’ont de révolutionnaire que le masque.

Et l’intouchable Omar Sy, déjà peu convaincant dans son rôle d’acteur – mais nous n’irons pas plus avant dans la critique cinématographique car ce n’est pas là notre rôle -, l’est encore moins quand il s’aventure sur le terrain de l’analyse.

Omar Sy estime donc qu’Éric Zemmour, l’homme qui a ouvert la voie à une libération de la pensée, ne doit plus être invité car il serait un “criminel” – le même Omar Sy qui a minimisé, sur un plateau de télévision, le comportement d’Harvey Weinstein.

L’acteur qui déclare “ne vouloir être traîné dans la boue avec les cochons” (Zemmour donc, et non Weinstein) avait déjà traité par le passé le polémiste de “guignol”, avant que celui-ci ne lui renvoie l’amabilité.

Si l’on peut déjà s’interroger sur le magistère duquel les artistes distillent leurs leçons de morale, ostracisent les mal-pensants ou édictent la pensée admise, on est également en droit de s’étonner de leur vulgarité : l’insulte, la criminalisation, le doigt d’honneur ou les parodies déplacées (le tout forcément sur fond de reductio ad hitlerum : n’a pas l’originalité qui veut) font désormais office, chez eux, de langage.

Les responsables politiques « populistes » ou les penseurs « hors les murs » sont rares à y échapper. On se souvient que Madonna représenta Marine Le Pen sous les traits de Hitler ou qu’Arno adressa un doigt d’honneur à Bart De Wever, leader nationaliste flamand.

Mais la principale victime de la vindicte des artistes n’est autre que Donald Trump, à qui la bien-pensance n’a cessé de reprocher sa vulgarité, mais qui fut l’objet d’attaques grossières de la part de « stars » protégées par les mêmes médias qui n’hésitent pas à accorder leur une à Bertrand Cantat (forcément bien plus “criminel” qu’Éric Zemmour).

La palme revient à Robert De Niro qui, d’une tirade peu inspirée, tenta de discréditer Trump en le traitant de “minable”, de “chien”, de “porc”, d’“escroc”, d’“artiste de merde”, de “roquet qui ne sait pas de quoi il parle, qui ne travaille pas ses sujets, qui se fiche de tout, qui ne paye pas ses impôts” et finalement d’“abruti”.

Paradoxalement, les artistes qui doivent leur carrière à la liberté d’expression sont les premiers à vouloir bâillonner les responsables politiques et les penseurs populistes.

Rendez-nous Jean Gabin et Lino Ventura : ces acteurs-là étaient non seulement excellents, mais ne s’encombraient pas de moraline.

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