Alertes à la bombe dans une quarantaine de lycées : encore une farce de l’extrême droite ?

bombe

Une vingtaine, dit le ministère ; une quarantaine, titre Le Parisien. C’est le nombre de lycées dont la rentrée a été perturbée, mardi 3 janvier, par de fausses alertes à la bombe.

Les menaces sont arrivées via l’ENT, l’Espace numérique de travail, accessible par Internet, qui « permet aux élèves, aux parents et aux personnels enseignants et non enseignants d'avoir accès à des services numériques et des informations : les horaires et les emplois du temps, la restauration, l'internat, les dates de conseil de classe, etc. », précise le ministère de l’Éducation. Soit un outil numérique sans lequel l’école d’aujourd’hui ne saurait fonctionner.

La gestion de l’ENT est assurée par Open Digital Education dont l’un des fondateurs, Arnaud Albou, a assuré à La Voix du Nord que non, non, il ne s’agit pas d’un « piratage organisé » : « J’insiste, ce n’est pas une cyberattaque, C’est un message de menace très inapproprié émis par un élève et relayé sur les réseaux sociaux. » La faute à un méchant garnement, donc, car son réseau est sûr. Forcément. Et il a bouclé l’enquête avant la police.

Pourtant, l’affaire est nationale, même si le Nord est la région la plus touchée par les attaques. Ont ainsi été visés le lycée Baggio de Lille, le lycée Valentine-Labbé à La Madeleine, le lycée Diderot et le collège Rousseau, à Carvin, dans le Pas-de-Calais ; de même le lycée Camus-Sermenaz à Rillieux-la-Pape, près de Lyon, le lycée Condorcet à Méru (Oise), le collège Saint-Joseph de Tinténiac, en Ille-et-Vilaine, etc. La liste est longue et si la majorité des menaces est arrivée via l’ENT, certaines ont été adressées sur WhatsApp, Snapchat et par courriel.

Le quotidien Libération a poussé l’investigation jusqu’à retranscrire les messages, chose, il faut le souligner, dont se sont bien gardés les autres médias. C’est, nous dit-on, parce que cela présente « de fortes similitudes » avec des menaces déjà adressées, mi-décembre, à deux lycées, à Elbeuf, en Normandie et à Villefranche-sur-Saône, et même mi-novembre au lycée Feuillade de Lunel, dans l’Hérault.

Dans de nombreux cas, le message reçu ce 3 janvier menaçait de « faire exploser le lycée dans la journée, à 10 h 43 » avec du C4 et de « décapiter tous les kuffars pour servir Allah le tout-puissant ». Les précédents promettaient « un bain de sang ».

Dans leur formulation et leur maîtrise très approximative du français, les menaces présentent des similitudes évidentes : « J’espère que vous aller vous faire déchicter bande de mécréants » à Elbeuf, et « J’amènerais mes chiens pour vous déchicter bande de mécréants » à Lille. « Ces très fortes ressemblances peuvent indiquer que les auteurs sont les mêmes, même si elles peuvent aussi traduire un phénomène d’imitation, les auteurs du premier "canular" ayant inspiré ceux du plus récent », écrit Libération.

Le mot « canular » nous semble bien léger, même si le patron d’Open Digital Education en est sûr : « C’est un message commis par un élève, probablement reproduit et renvoyé par d’autres élèves qui l’ont trouvé sur des réseaux sociaux type Discord ou Snapchat. » On lui rappellera alors que la toile mortifère qui s’est tissée autour de Samuel Paty a démarré, elle aussi, sur les réseaux sociaux avant d’aboutir à la décapitation de l’enseignant.

Quant à Libération, le quotidien ne saurait conclure sans pointer un doigt vers l’ennemi : « Sur les réseaux sociaux, plusieurs commentateurs ont affirmé que les messages de menace relevaient d’une manipulation de l’extrême droite », toutefois « sans apporter à ce stade d’éléments probants ». Ah bon ?

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 06/01/2023 à 23:55.
Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

10 commentaires

  1. « Le poumon, le poumon vous dis-je » (Molière ) et aujourd’hui  » l’extrême droite, l’extrême droite » !!!!!!

  2. J’espère que les coupables vont êtres rapidement démasqués. Sinon je tremble à l’idée que des des pays ou organisations étrangères pourraient lancer des cybers attaques contre notre pays.

  3. Et ça continue et nos élus cherchent des coupables ou il n’y en a pas .Pas encore suffisamment de victimes françaises sur notre sol pour faire réagir le gouvernement .Pas suffisamment d’agresseurs il faut encore en accueillir , toujours plus , le français ne mérite plus de vivre en sécurité sur son propre territoire mais il doit souffrir , être vigilant partout , subir et ne pas oublier le pire : payer pour ses agresseurs .

  4. Allez y les gars ,passez à l’action c est peut être ce qu attendent les français pour percer l abcès et en finir définitivement avec vos menaces éternelles

  5. Libération émet des allégations sans preuve sur les responsables de ces alertes à la bombe. Y a t’il un journaliste avec une déontologie dans ce média ?

  6. Dixit « Libération » « Sur les réseaux sociaux, plusieurs commentateurs ont affirmé que les messages de menace relevaient d’une manipulation de l’extrême droite ».

    Apparemment LIBÉRATION serait spécialiste des « attaques faux drapeau » (False Flag) avant d’en connaitre ni les tenants, ni les aboutissants. Faut-il leur rappeler qu’un train peut en cacher un autre.

    Sont-ils devenus plus sénile que Biden ? Au moins lui, il ne s’est pas laissé avoir par Zélinsky, le 16/11/2022 sur l’affaire du soi-disant missile Russe contre la Pologne.

    Par contre cela est suffisamment grave pour qu’une enquête soit mené et que son résultat soit connu. Histoire de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un test à blanc.

    Ne nous laissons pas emprisonner dans la sénilité de LIBÉRATION.

  7. Les auteurs de ces mails (probablement connus de longue date des services de police) ont aisément réussi à savoir ce qu’ils voulaient sur notre système de gestion de crise.
    Maintenant ils ont tout ce qu’il faut pour passer à l’acte.
    De notre côté, on ne « peut » rien faire évidemment, car il est impensable de les stigmatiser, de court-circuiter les juges et leur sacro-saint (et lucratif) état de droit et de vouloir le moindre mal à nos braves fichés S djihadistes (oui, pas ceux fichés uniquement parce qu’ils embêtent Macron) car ce serait très mal!
    Donc on va forcer nos services a faire des dossiers lourds comme des parpaings, à recueillir des preuves jusqu’à l’absurde, à commencer par enquêter sur « l’extrême droite », les gilets jaunes, l’association des pêcheurs d’huîtres en colère… avant de finalement les autoriser a poser poliment quelques questions à un musulman (en commençant par les blancs).
    Si dans l’interval, aucun lycée n’explose, on aura la confirmation que nos policiers sont des surhommes.

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