Le Premier ministre Jean Castex, entouré de plusieurs ministres, a annoncé de nouvelles mesures, le jeudi 14 janvier, lors d’une conférence de presse, en particulier la généralisation du couvre-feu à 18 heures. Déjà instauré dans 25 départements, le couvre-feu à 18 heures sera étendu à l’ensemble du territoire français.

Au micro de Boulevard Voltaire, réaction d’Alain Houpert.

 

 

Le Premier ministre, Jean Castex, mais également le ministre de la Santé Olivier Véran, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal se sont exprimés pendant près d’une heure pour faire un point sur la situation sanitaire. Les mesures prises sont le renforcement de la sécurité anti covid dans les établissements scolaires et le couvre-feu général pour tout le territoire national. Que faut-il retenir de ces annonces ?

 

J’espère que le couvre-feu généralisé n’est pas une mise en bouche avant un troisième confinement général comme on le voit ailleurs. Il faut être conscient que ce couvre-feu pose d’énormes difficultés pour les Français dans leur vie quotidienne, mais aussi pour les commerçants qui sont déjà bien éprouvés. Je ne parle pas des restaurateurs qui essaient de survivre en vendant des repas à emporter. Le problème de ce couvre-feu, c’est qu’on voit les gens s’agglutiner dans les transports en commun pour se dépêcher de rentrer, et dans les commerces d’alimentation pour les mêmes raisons.

Ne fabriquerons-nous pas des zones de contaminations ?

Un couvre-feu généralisé n’a de sens qu’avec un dépistage massif et organisé. Or, le dépistage à la carte tel qu’il existe actuellement brouille les chiffres et rend ce couvre-feu à moitié inopérant.

 

 

Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal se sont exprimés. La ministre de l’Enseignement supérieur a notamment promis que d’ici le 25,janvier les premières années d’université pourront assister à leur TD par demi- classe. Il y a une vraie problématique envers ces étudiants qui sont livrés à eux-mêmes. Par ailleurs, pour la plupart, ils n’ont pas pu trouver de petit boulot alimentaire dans la mesure où tous les métiers de la restauration sont fermés. La situation est assez catastrophique…

J’ai très peur de ce que vont devenir les élèves dans les années à venir en particulier les lycéens et les étudiants. Le coup d’arrêt des universités et les cours à distance fragilisent encore plus les élèves en difficultés. Tout cela va faire chuter le niveau général. Combien d’étudiants vont devoir abandonner leurs études faute de petit boulot, en particulier dans la restauration qui leur permettait d’assurer leur survie ? Que devient un pays qui sacrifie ainsi sa jeunesse ?

 

 

En sortant de cette conférence de presse, on a l’impression que tous les espoirs pour les sociétés occidentales du gouvernement sont basés sur le succès de la campagne de vaccination. Est-ce qu’une campagne de vaccination peut enrayer une épidémie ?

 

L’Angleterre et l’Israël sont les pays où il y a plus de contaminations et de malades par jour. La seule réponse du gouvernement est encore et toujours la vaccination. Une maladie se combat aussi par le traitement. On a totalement abandonné cette voie. Le gouvernement ne veut pas en entendre parler. On vaccine les plus fragiles pour ne pas encombrer les hôpitaux. On espère que les malades sans comorbidité s’en sortiront sans trop de casse. Cette maladie nous la connaissons mieux et nous ne recommencerons pas les erreurs de la première vague sur la réanimation. Nous avons appris beaucoup de choses sur le renforcement de la défense immunitaire. Il faut travailler sur les médicaments très simples à la portée de tout le monde et qui ne sont pas chers. On parle de la vitamine D, le zinc et puis revenir sur ce fameux décret interdisant l’hydroxychloroquine. Ce traitement marche très bien. Il ne faut pas en parler pour ne pas montrer que le gouvernement aurait pu faire une erreur. 13 300 vaccinations par jour sont réalisées. Ce chiffre est scandaleusement ridicule puisque le choix a été fait de tout viser sur le vaccin. Si on suit le rythme actuel, on sera tous vaccinés jusqu’en 2034. Ce n’est pas très efficace. Le plus grand des virus c’est la peur. Les gens n’en peuvent plus, les enfants dépriment. Quel avenir et quel exemple donnons-nous à nos enfants ?

14 janvier 2021

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