Les belles âmes ne se reposent jamais, c’est même à ça qu’on les reconnaît. La militante féministe Caroline De Haas, par exemple, toujours à l’affût, la vigilance incarnée : elle, rien ne lui échappe. Jamais. C’est un travail à plein temps. Mieux : une ascèse.

Ainsi, ce mercredi 13 novembre, était-elle sur LCI, invitée à « La Grande Confrontation », l’émission de David Pujadas, sur le thème « Toutes les opinions sont-elles bonnes à dire ? » Évidemment que non, hormis les siennes, il va de soi. En face, le philosophe Alain Finkielkraut. Devant les tombereaux de fadaises débitées, on le sent qui bout de l’intérieur. Et le couvercle de la cocotte-minute d’exploser ; c’était fatal.

« Le politiquement correct, ce n’est pas la bienveillance, c’est l’extension démente du domaine du racisme, du et de l’homophobie. Le sexisme : il y avait autrefois les viols, et maintenant, il y a la culture du viol. On parlait autrefois des viols, et par les viols, on dénonçait les passages à l’acte, la pénétration forcée. Aujourd’hui, il y a la culture du viol. On englobe dans la culture du les blagues salaces, les dragueurs lourds, les attouchements et jusqu’à la galanterie. De nombreux chercheurs et chercheuses parlent de la galanterie comme une forme de culture du viol. Ainsi assiste-t-on à cette extension du concept de sexisme. Il y aurait, en France, énormément de violeurs en puissance. Résultat : le politiquement correct, ce n’est pas la bienveillance, c’est la méfiance, c’est l’insulte, c’est l’anathème. C’est une manière de rendre la vie publique, la conversation civique absolument impossibles. Le politiquement correct, c’est le calvaire de la pensée. »

Envoyez, c’est pesé ! Et devant le philosophe énervé, c’est qui ne pèse pas lourd : « Les propos que vous tenez, en disant “Il y aurait soi-disant des violeurs ou je ne sais quoi”… il y a des viols en France, Monsieur Finkielkraut. » Certes, mais là n’est pas le sujet.

Et là, la boulette, l’erreur tragique consistant à faire de l’humour avec une féministe : « Je dis aux hommes : “Violez les femmes !” D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs ! Elle en a marre, elle en a marre… »

La jovialité et le second degré ne faisant donc pas partie du bagage intellectuel de Caroline De Haas, elle rétorque donc : « Vous n’avez pas le droit de dire ça ! » Ça, c’est de l’argument. David Pujadas tente alors de minimiser : « C’est du second degré… » Mais l’humour, qu’il soit au premier, second ou quarantième degré, ce n’est pas son truc, à fifille.

Du coup, il ne faut pas plus de quelques heures pour que s’emballent les réseaux sociaux, avec l’association féministe Nous toutes en tête, qui fait illico tourner un extrait de quatre secondes de la joute verbale en question ; celui où, bien sûr, affirme : « Je dis aux hommes : “Violez les femmes !” D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs. »

C’est un peu gros, si gros que ça ne passe pas si bien que ça. La preuve par la rubrique « CheckNews » de Libération qui rappelle, dès le lendemain : « Le montage de cette vidéo ne permet pas de saisir la dimension “ironique” des propos du philosophe, qu’on comprend en écoutant l’intégralité de la séquence. »

En d’autres termes, ironique ta mère, chère Caroline.

15 novembre 2019

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