[TRIBUNE] Affaire Lyhanna : la gauche est bien mal placée pour donner des leçons

Depuis plusieurs années, la gauche a une nouvelle marotte : le plafond carcéral.
Capture écran LCP - Assemblée nationale
Capture écran LCP - Assemblée nationale

L’affaire Lyhanna a créé une onde de choc importante en France. Il est donc tout ce qu’il y a de plus logique que des élus cherchent à s’en saisir. Mais à ce petit jeu, d’aucuns auront été surpris par la véhémence des élus de gauche et d’extrême gauche.

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon s’est étonné que le suspect ait « pu rester sans surveillance et sans audition pendant 9 mois ». Marine Tondelier déclarait, elle, que l’affaire Lyhanna était « un fait social qui illustre l'incapacité systémique de notre société à protéger les femmes et les enfants », tandis que Mathilde Panot mettait vivement en cause le Premier ministre.

Mais la gauche et l’extrême gauche sont-elles bien placées pour donner des leçons sur cette affaire ?

Quarante ans de passif

En effet, une constante de la vision pénale de la gauche est l’attention portée aux délinquants à tous les niveaux. La peine doit toujours être adoucie. La réinsertion doit toujours prévaloir. Parmi des dizaines de mesures en ce sens, citons par exemple le nouveau Code pénal de 1994, qui a maintenu des plafonds de peines (pas question d’être trop sévère), mais qui a supprimé… les planchers.

Citons, également, la volonté de Christiane Taubira de mettre fin aux centres éducatifs fermés pour éviter l’enfermement des mineurs dangereux. Le même ministre qui avait annulé le programme de construction de prisons lancé par Nicolas Sarkozy en 2012. Sans parler de l’abolition de la peine de mort en 1981, étendard de la gauche depuis quarante ans et qui, techniquement, « bénéficie » directement à des criminels extrêmement dangereux.

Et puis, dans le cas très concret de l’affaire Lyhanna, si le principal suspect – dont l’ADN a été retrouvé sur le corps de la victime - n’avait pas été condamné, il était toutefois mis en cause plusieurs fois. Sans qu’il soit évident d’y faire un lien direct, on peut tout de même noter que la « loi sur la présomption d’innocence » votée en 2000 sur une initiative socialiste avait considérablement renforcé les droits des mis en cause.

Mais cette fascination pour les délinquants ne vaut pas que pour le passé et elle est encore bien présente, à gauche.

Un plafond carcéral bénéficiant aussi aux délinquants sexuels

Depuis plusieurs années, la gauche a une nouvelle marotte : le plafond carcéral.

En bref, puisque les prisons sont remplies (mais qui lutte contre tous les programmes de construction ?), alors, il faut y instaurer un plafond. Cette fameuse idée a fait l’objet d’un intense travail, à gauche, qui a abouti à un long rapport puis à une proposition de loi portée par la députée PCF Elsa Faucillon et déposée fin 2024. Florent Boudié, l’influent député Renaissance, a d’ailleurs repris le même principe dans une autre proposition de loi déposée en avril 2026 !

La proposition de loi d’Elsa Faucillon reprend le principe général du plafond carcéral selon lequel, au-delà du maximum de capacité d’une prison, des réductions de peines permettraient à des détenus de sortir.

Et si les criminels, en principe, ne devraient pas en bénéficier, rien n’empêcherait, sur le papier, de libérer des agresseurs sexuels (l’agression sexuelle étant un délit), y compris des agresseurs sexuels dont les victimes seraient des enfants. Tant qu’ils ont été condamnés à moins de deux ans de prison.

Cette mesure serait, naturellement, une catastrophe pour la sécurité des Français, mais elle aurait le mérite d’assouvir provisoirement l’empathie pathologique de nos bonnes âmes de gauche. En attendant la prochaine affaire Lyhanna…

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 21/06/2026 à 19:47.

Picture of Pierre-Marie Sève
Pierre-Marie Sève
Directeur de l'Institut pour la Justice

Vos commentaires

36 commentaires

  1. Le ministre de la honte !
    Darmanin pareil à lui même, ressemblant étrangement à un politique sous bracelet électronique aujourd’hui, accuse sans fausse honte, des gendarmes et un magistrat de ne pas avoir fait leur travail.
    Tous aussi irresponsables les uns que les autres, ce politicard de bas étage, ne remet pas en cause l’incohérence des lois pénales et va et de procédure pénale.
    Ce ce sont pas ces lampistes qui décident et votent des lois dont l’absurdité n’a pas de limites. J’espère que 2027, enverra ce personnage à Tourcoing ! Notre pays souffre de ces incompétents.

    • Nous en sommes arrivés aujourd’hui, ou de plus en plus de gens en ont marre de ces incompétents politiques, et prônent l’autodéfense.
      Il serait nécessaire que les assos mettent en place des pétitions pour virer cette caste incompétente et inutile. Instaurer une VI ème république, et modification des lois totalement inadaptées.

  2. Au cours des décennies, tous ces braves gens progressistes ont lourdement contribué à déstructurer voire à détruire la justice dans notre pays avec comme fil rouge idéologique, le bien-être du délinquant et du criminel au détriment des victimes réduites à un concept abstrait et désincarné donc négligé. Ils sont responsables et coupables.

  3. La guillotine a été remplacée par la perpétuité, qui est en fait, sauf récidive ou mauvaise conduite, limitée à 30 ans, mais on est « libérable » dès 15 ans… Et pendant ces 15 ans, on bénéficie de permissions de sortie…

  4. Ne mélangeons pas tout. L’abolition de la peine de mort n’est pas la propriété de la gauche. Elle a été votée par une très large majorité de l’Assemblée en 1981. En revanche il faut bien constater que c’est une spécialité de cette gauche, extrême ou non, d’exploiter à son profit tous les drames sordides qui peuvent survenir. Cette manie est totalement indigne. Les exemples y compris récents sont multiples.

  5. Maintenant, quand on parle de gauche ( où à l’écrit surtout ), il faudrait mettre des guillemets. Ce qualificatif n’est devenu qu’un slogan. Vide, sauf à considérer des actes _ actions _ « révolutionnaires ». J’ai entendu dire qu’à l’Assemblée, LFI a protesté contre l’éloignement de délinquants OQTF, suivis par… les socialistes et autres affidés. Tout est dit. M. Hollande en était-il ? Que veulent vraiment ces gens ?

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Riche mais anti-riches : Jean-Luc Mélenchon est schizophrène politiquement
Gabrielle Cluzel sur CNews
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois