Alain de Peretti, président de Vigilance halal, réagit à la décision du Conseil d’État qui a débouté une association contre l’abattage rituel. Il fait le point sur les différents contentieux et la stratégie de l’association sur les dérogations et la demande d’un étiquetage.

L’association Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA) demandait que le règlement soit modifié pour obliger l’étourdissement des bêtes. Cela risquait de mettre en danger les rites halal et casher. Le Conseil d’État vient de débouter cette association. Comment avez-vous accueilli la nouvelle ?

Je ne suis pas du tout abattu. Cette décision a été mise en avant par les tenants de ces rituels comme une grande victoire. En fait, c’est simplement un coup d’arrêt dans l’évolution de toute façon obligatoire vers d’autres formes d’abattage des animaux. Le Conseil d’État n’a fait que confirmer la législation actuelle. L’abattage actuel sans étourdissement n’est autorisé que sous un régime de dérogation. Ce n’est donc pas du tout une victoire.
L’intention cachée de l’OABA était d’obtenir des tenants de l’abattage rituel un étourdissement post-égorgement. C’est une solution déplorable. C’est une fausse bonne solution. Le chiffre de 40 secondes après l’égorgement circule. C’est quelque chose de très secret. Il existerait une thèse récompensée par l’OABA, mais elle reste non publiée et non accessible au public. Il y a donc d’autres manœuvres derrière ce combat.
Pour ce qui nous concerne, nous luttons pour la fin pure et simple de l’abattage rituel.

 

Leur axe d’attaque se tient au bien-être animal. Quel est le vôtre ?

Il n’est pas sur cet unique registre. C’est la raison pour laquelle nous avons des problèmes avec les associations animalistes.
Nous prenons le problème du halal sous ses trois aspects : la souffrance animale, bien sûr, mais aussi le problème sanitaire et les circuits financiers d’alimentation, notamment de l’islam. Nous soutenons que le halal est un des moyens de propager l’islam intégriste et politique et un moyen de contrôle social des populations musulmanes. Nous avons une vision politique globale sur le halal.

 

Le combat continue-t-il avec Vigilance halal ?

Le combat continue sur plusieurs plans.
Sur le problème sanitaire, nous sommes en train d’étudier, avec nos conseillers scientifiques, une action devant la Cour de justice européenne. Le halal présente, en effet, d’énormes problèmes sanitaires. Un scandale éclatera un jour ou l’autre. On oublie toujours que la pratique de l’égorgement large, la jugulation, coupe la trachée et l’œsophage, provoquant des régurgitations et des souillures.
Par ailleurs, certaines actions de Vigilance halal consistent à remettre en cause les dérogations octroyées pour l’abattage rituel, surtout halal, puisqu’ils ne font l’objet d’aucun contrôle sérieux des préfectures qui les attribuent. Nous avons engagé des actions judiciaires dans 23 départements. Mais ce processus est très long.
Enfin, nous sommes en train, également, d’étudier une possibilité d’action pour discrimination. Ils refusent l’étiquetage, soi-disant parce qu’il serait discriminatoire : nous avons l’intention de retourner l’argument. Ceux qui consomment halal ont le droit d’avoir la certitude de manger halal par un étiquetage et ceux qui ne mangent pas halal prennent tout ce qu’il y a, même le halal. Nous nous attaquerons à ce point dans les mois qui viennent.

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