Agriculture - Culture - Discours - Editoriaux - Industrie - Table - 27 février 2018

Agriculture : avec l’accord de libre échange UE-Mercosur, c’est toujours plus de mondialisation

Emmanuel Macron affirme, en bon commercial qu’il est, qu’avec l’accords du Mercosur, les consommateurs bénéficieront de prix bas et seront toujours protégés des viandes aux hormones et autres contaminants. Il affirme aussi que cet accord va permettre à nos industries de développer leurs exportations. Ces discours, nous les avons déjà entendus de nombreuses fois depuis que nos politiciens ont décidé, contre l’avis du peuple, d’ouvrir les frontières. Quatre déclarations parmi de nombreuses autres :

“Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion…” (Martine Aubry, 12 septembre 1992).

“Les Européens doivent apprendre à acheter leur vin en Australie ou en Californie, leur viande en Argentine ou au Mexique, leur blé en Ukraine ou aux États-Unis” (Pascal Lamy, août 2003).

“Le libre-échange est une bonne chose, même quand il provoque des licenciements, pourvu que cela se fasse selon certaines règles” (Pascal Lamy, mai 2005).

“Les consommateurs européens paient très cher le protectionnisme de leur pays, notamment en matière agricole et textile, et ont particulièrement besoin qu’un accord soit trouvé” (Bureau européen des organisations de consommateur, 1992).

Ce qui est surprenant, c’est que des associations de consommateurs se soient associées à cette stratégie. Dernièrement encore, en critiquant l’interdiction des ventes à perte au nom de l’intérêt des consommateurs. Ce “cadeau”, expression d’une concurrence déloyale, a pour objet d’attirer le gogo auquel on vend d’autres produits avec des marges qui compensent largement les pertes sur quelques articles : quelques gouttes de pertes dans un océan de profits.

La libéralisation planétaire de l’économie est une perversion du concept des avantages comparatifs développé par David Ricardo au début du XIXe siècle. Aujourd’hui, les avantages comparatifs ne sont plus des situations techniques ou climatiques particulières, mais du dumping social organisé par les marchands spéculateurs internationaux qui repose sur le triptyque suivante : faire produire à bon marché dans les enfers sociaux et écologiques du tiers-monde, valoriser les bénéfices dans les paradis fiscaux et commercialiser dans les temples de la consommation des pays riches.

La libéralisation permet aux spéculateurs des bénéfices gigantesques sans contrepartie collective : c’est la socialisation des pertes et la privatisation des gains. Les femmes et les hommes sont condamnés à la consommation forcée à perpétuité. C’est oublier que nous sommes des êtres hybrides : des consommateurs, des être vivants, des citoyens et… des producteurs ! Ce dernier état est un préalable afin de disposer d’un revenu pour être un consommateur.

Pour imager, le libéralisme ressemble à la course à l’échalote, jeu idiot qui consiste à prendre une personne à un endroit particulier de son anatomie pour la déséquilibrer. Elle doit alors courir toujours plus vite après son équilibre. Si le jeu est poursuivi, la chute est inéluctable.

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