Editoriaux - Internet - Société - 27 février 2018

Porno : il est temps de protéger nos enfants !

« Jamais l’accès au porno n’aura été aussi facile. » Le constat du dernier livre, À un clic du pire, d’Ovidie, auteur, réalisatrice et productrice de films pornographiques destinés aux femmes, est sans appel. Une triste réalité qui met en péril l’avenir de nos enfants.

Aujourd’hui, dans notre société, tout est fait pour sexualiser les corps et faire de la femme un simple objet de désir et de consommation. Le libre accès à la pornographie contribue pleinement à ce triste phénomène. Pourtant, rien n’est fait pour enrayer sa diffusion, notamment auprès d’un jeune public qui n’est pas prêt, par définition, à être confronté à des images aussi violentes. Car ne nous trompons pas : la pornographie est un phénomène qui touche des mineurs de plus en plus jeunes.

La situation en France est catastrophique. L’âge moyen de la première exposition au porno est de 11 ans. Et d’après une enquête menée par une société d’antivirus, certains enfants d’à peine six ans sont confrontés à ce type d’images. Voilà qui démontre bien que nous élevons des générations entières avec l’idée que la femme est un objet qu’on prend et qu’on jette en fonction de ses désirs.

Quid du contrôle parental ? Comme le souligne Gordon Choisel, président de l’association Ennocence, spécialisée dans la lutte contre la pornographie présente sur les sites non pornographiques, comme les sites de streaming illégaux, par exemple : “On ne va pas laisser un enfant de 8 ans tout seul dans la rue, mais on le laisse seul sur Internet.” Les adultes font mine de ne pas voir les dangers du Web. Résultat : les enfants créent leur être sexuel sur des pratiques déviantes. Plusieurs études ont, d’ailleurs, démontré que les conduites à risque (consommation de tabac, drogue, violences, etc.) sont bien plus élevées chez les individus regardant régulièrement du porno. D’autant que ce dernier devient rapidement addictif.

L’espoir pourrait venir d’en haut ? Pas sûr… Si a déclaré, en novembre dernier, que “la pornographie a franchi la porte des établissements scolaires. Nous ne pouvons ignorer ce genre qui fait de la femme un objet d’humiliation”, Ovidie déplore, pour sa part, “la lenteur des processus d’action gouvernementaux” et met également en cause les fournisseurs d’accès Internet (FAI) qui “ne facilitent pas la tâche” des autorités, selon elle.

“Il m’est arrivé d’assister à une réunion à la Direction générale de la cohésion sociale avec des représentants de divers ministères, association de Protection de l’enfance, juristes et gros joueurs du secteur tels que SFR, Bouygues, Google France et autres. C’est là que j’ai pris conscience que les principaux opposants à une quelconque régulation étaient en réalité les fournisseurs d’accès Internet”, affirme la réalisatrice.

Dès lors, difficile d’imaginer un quelconque changement dans les mois à venir. Et ce, en dépit des nombreux dangers que représente l’omniprésence de contenus pornographiques sur la Toile pour nos enfants.