Stéphane Ravier en cavalier (presque) seul pour les sénatoriales

Le sénateur se soumettra au vote des grands électeurs sans le soutien d’aucun parti.
Capture d'écran Public Sénat.
Capture d'écran Public Sénat.

Stéphane Ravier était invité sur le plateau de BFM TV Marseille Provence, le jeudi 4 juin. Il a répondu à la question que tout le monde se posait depuis des mois - mais surtout depuis le 18 mai dernier, date à laquelle le Rassemblement national a désigné Marie-Pierre Callet en tant que tête de liste RN-UDR pour les élections sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône -, à savoir : sera-t-il candidat à sa réélection en septembre prochain ?

Sa réponse a été longue et pleine de suspense, un art que manie à la perfection Stéphane Ravier. Le sénateur a tout d’abord laissé penser qu’il ne se soumettrait pas, une nouvelle fois, au vote des grands électeurs en parlant au conditionnel : « Oui, ça pourrait paraître naturel. Après tout, je termine mon deuxième mandat, ce qui veut dire que j'ai déjà été reconduit, que j'ai gagné le soutien et quelquefois l'amitié de certains maires et de leurs adjoints, des grands électeurs en général. Donc, j'aurais pu dire que je retourne une troisième fois, c'est naturel. Mais bon, il y a quand même, aussi, le côté humain… » Au bout d’une minute, Stéphane Ravier livre un premier indice : « Le devoir m'appelle », avant de poursuivre ainsi : « Frédéric Mistral disait que nous avions deux patries : la grande, la France, et la petite, la Provence. Je continue à me battre pour les deux. Donc oui, je serai candidat à cette élection sénatoriale dans les Bouches-du-Rhône. »

Sans étiquette

À l’occasion des élections municipales, Stéphane Ravier s’était effacé au profit de Franck Allisio, le candidat RN. Beaucoup s'attendaient à un renvoi d’ascenseur au moment des sénatoriales. Officiellement, il n’en sera rien : « Je n'avais rien demandé, et je n'ai rien obtenu. » D’une certaine manière, cela semble agacer le premier intéressé, qui n’a pas manqué de tacler Marie-Pierre Callet : « Moi, ça fait 35 ans que je me bats pour les idées nationales. Il a fallu autant de temps à madame Callet pour y adhérer. » Il a ensuite rappelé : « Je n'ai pas besoin d'étiquette pour défendre les idées nationales. Encore une fois, ça fait plus de trois décennies que je les défends, ces idées. »

Stéphane Ravier met en avant son expérience et se place en leader du camp patriote en vue des sénatoriales, tout en ménageant la chèvre et le chou, puisqu’il le sait mieux que personne : il aura besoin des votes de certains grands électeurs du RN pour conserver son siège. « Au Rassemblement national, moi, je n'y suis plus, mais ça n'empêche pas de travailler en bonne intelligence, comme je le fais au Sénat depuis maintenant trois ans que mes collègues sénateurs du Rassemblement national ont été élus. »

Pas tout seul

Les appels du pied sont appuyés. Il faut dire que Stéphane Ravier joue gros. Pour lui, cette prochaine échéance électorale est une sorte d’heure de vérité. Pour la première fois, il se soumettra au vote des électeurs en son nom uniquement. Jusqu’à présent, il s’était toujours présenté avec l’appui d’un parti. C’est l’occasion de marquer d'importants points ou de tout perdre.

À 56 ans, après avoir tourné le dos au Rassemblement national puis à Reconquête, le sénateur n’a plus beaucoup d’options pour rebondir. Une défaite pourrait signer la fin de sa carrière politique, mais comme tout un chacun le sait, en politique, il y a au moins autant d’alliances officieuses que d’alliances officielles et quelque chose nous dit que Stéphane Ravier est d’ores et déjà assuré d’avoir le soutien de plus de 20 élus du Rassemblement national.

Vos commentaires

29 commentaires

  1. L’articlde rappelle que Stéphane Ravier a quitté le RN pour adhérer à Reconquête qu’il a quittée pour revenir au RN en suivant Maréchal,la nièce de Tata,revenue au RN qu’elle avait quité 5 ou 5 ans avant.Il n’y a que les incnditionnels du RN pour s’extasier devant autant d’inconstance !
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  2. J’ai moi aussi rencontré Monsieur Ravier pendant la campagne présidentielle d’Eric Zemmour et lorsqu’il nous a fait visiter le sénat en petit comité, nous devions être une dizaine. C’est un homme très bien, toujours proche de Reconquête bien qu’il ait fait le choix de ne se réclamer d’aucun parti et j’espère de tout cœur qu’il sera réélu.

  3. J’ai rencontré Stéphane Ravier dans le centre pendant la campagne présidentielle d’Eric Zemmour.
    J’ai discuté avec lui, j’ai apprécié l’homme et sa croyance en ce qu’il faisait, disait, ses vues sur la France qui rejoignaient les miennes.
    Si aujourd’hui il fait cavalier seul, il ne démérite en rien du travail qu’il fait, a fait en tant que sénateur.
    Je souhaite pour lui que les grands électeurs de sa circonscription le reconduiront à son poste pour qu’il puisse continuer à travailler comme il l’a fait jusqu’à présent.

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