Audio - Discours - Editoriaux - Entretiens - Politique - Société - 31 janvier 2018

“Les agressions antisémites sont monnaie courante en banlieue! C’est un antisémitisme islamiste nourri à l’islamo-gauchisme !”

L’avocat Gilles-William Goldnadel revient sur l’agression antisémite d’un enfant de huit ans à Sarcelles et met clairement en cause la démission de l’État qui laisse prospérer l’islamo-gauchisme et l’antisémitisme islamiste en France depuis trente ans. “Ce n’est pas la lecture de Céline qui influence ceux qui frappent dans les quartiers ! C’est la détestation pathologique d’Israël dans certaines familles et certains milieux.”

Il revient sur le “remplacement” qui conduit les Juifs français à quitter certains quartiers et la France, et dénonce l’hypocrisie et la faiblesse de l’État qui déploie, par ailleurs, beaucoup d’énergie contre les auteurs antisémites des années 30.

Maître Goldnadel, un petit enfant de huit ans a été agressé et roué de coups sous prétexte qu’il portait une kippa. C’était hier à Sarcelles, ville pourtant connue pour sa communauté juive.
Est-ce que cet énième acte antisémite y est devenu monnaie courante ?

Oui. Ce qui est exceptionnel est qu’on en parle. On a moins parlé de la petite fille qui s’est fait taillader le visage il y a quinze jours également à Sarcelles par un homme de trente ans. Je m’étais étonné qu’on ne veuille pas en parler. Cette fois-ci, on en parle. Ne me demandez pas pourquoi.
Ce sont des faits relativement courants en banlieue quand les juifs sont reconnaissables ou visibles. La petite portait un uniforme d’école, le petit avait une kippa.
C’était un guet-apens. Un môme de 8 ans roué de coups, ça rappelle de mauvais souvenirs… Mais je peux vous assurer que les auteurs n’étaient évidemment pas des skinheads ! La réalité est bien là ! On n’a pas voulu la voir quand il était peut-être encore temps de la voir. Maintenant, elle explose.
À Sarcelles, les juifs quittent peu à peu la ville dans le cadre d’une “alya intérieure” pour ainsi dire. Ils déménagent vers des endroits plus sûrs. Ou bien, dans le cadre d’une alya stricte, vers Israël.
La réalité, elle est là ! Le remplacement, il est là.

Cette agression intervient alors qu’il y a une grosse mobilisation contre l’antisémitisme dans la littérature. Des auteurs comme Maurras et Céline sont aujourd’hui persona non grata.
Est-ce que ces deux auteurs auraient pu influencer l’antisémitisme français aujourd’hui ?

Ce n’est pas la lecture de Céline, de Drumont ou de Daudet qui influence aujourd’hui ceux qui frappent ou qui assassinent des juifs dans les quartiers. C’est très clair ! C’est plutôt ce qu’ils lisent sur les réseaux sociaux, c’est ce qu’ils véhiculent, c’est la détestation pathologique d’Israël et ce qu’on leur raconte très certainement chez eux. Il y a tout un corpus antisémite.
Que ceux qui savent lire puissent également se régaler, je veux bien, mais ce n’est pas cela qui explique du tout l’antisémitisme qui n’est plus du tout nouveau, mais qui existe maintenant depuis une bonne trentaine d’années.
J’aurais aimé qu’on déploie le 20e ou le 50e de l’énergie et de la franchise à l’égard de l’antisémitisme islamiste, pour dire les choses, qu’on a déployées à l’égard des grands auteurs antisémites. Sauf que s’en prendre à Céline ne coûte pas cher ni politiquement ni idéologiquement.

Qu’est-ce qui empêche les pouvoirs publics d’agir clairement contre cet antisémitisme qui se développe en banlieue ?

Je me bats depuis plus de vingt ans contre l’islamo-gauchisme et l’alliance entre l’extrême gauche et les islamistes. Mais lorsque je disais cela il y a vingt ou trente ans, je ne compte plus les années tellement cela remonte, eh bien, je sentais le soufre, cher monsieur. On n’avait pas le droit de le dire, sauf à être taxé de racisme.
Si nous avions éradiqué à la base ce qui montait, si nous avions interdit ce discours-là, si nous l’avions culpabilisé et notamment dans les écoles, nous n’en serions pas là !
Si nous avions eu également le droit de discourir sans haine et sans crainte de l’immigration illégale, nous n’en serions pas là !
Si nous n’avions pas culpabilisé ceux qui voulaient culpabiliser le nouvel antisémitisme, nous n’en serions pas là !
Maintenant, les journaux veulent bien en parler. Il y a vingt ans, ils n’en parlaient pas de peur d’être taxés de racisme.
Le terrorisme intellectuel a amené le terrorisme physique. L’un sans l’autre n’existerait pas.
Et maintenant les pouvoirs publics sont désarmés.

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