Editoriaux - Justice - Médias - Politique - Presse - 30 janvier 2018

Affaire Darmanin : mon Dieu, que les hommes sont bêtes !

Il ne faut pas laisser s’éteindre le feu. Il faut continuer d’alimenter la machine, cette gueule fumante dans laquelle on balance les porcs.

Le dernier sacrifié sur l’autel de la dénonciation est le ministre Gérald Darmanin. Pour la deuxième fois en six mois, il est accusé de viol par une ancienne call-girl. Elle se nomme Sophie Spatz, est âgée de 37 ans. A déjà poursuivi le ministre pour ces mêmes faits mais sa plainte, déposée l’été dernier, a été classée sans suite par le parquet.

La dame a beaucoup souffert, dit-elle. En compagnie de son époux, elle est allée chercher conseil chez Caroline De Haas, l’experte en violences sexuelles. Qui lui a conseillé de reporter plainte. Cette fois, elle doit plaider le « viol par surprise ».

Dont acte. Replainte et recampagne de presse orchestrée par la militante féministe. Les médias s’emballent, la classe politique embraye, on pétitionne pour exiger la démission du cochon de ministre.

Ce mardi matin, son avocat Pierre-Olivier Sur était l’invité de RTL. “Il n’y a pas de qualification de viol possible”, dit-il. “Cette professionnelle a été condamnée pour menace, pour extorsion […]. Elle a pris deux ans ferme avec mandat d’arrêt pour chantage”, rappelle l’avocat, qui ajoute : “Cette professionnelle est une menteuse, une menteuse délinquante”.

– “Ça ne fait pas pour autant d’elle une femme qui n’aurait pas pu être violée dans les circonstances qu’elle évoque !” rétorque Yves Calvi.
“Le viol par surprise qu’elle envisage est impossible ici, eu égard au déroulement de cette soirée”, rappelle l’avocat qui explique alors ce qu’est le viol par surprise, dont seulement quatre ou cinq cas ont fait jurisprudence en cent ans ! Le viol par surprise, dit-il, c’est “quand il y a erreur sur la personne : j’ai cru que c’était mon mari et c’était le voisin !”

Ce qui est en effet peu compatible avec le déroulement des faits tel que Sophie Spatz le reconnaît : “La chronologie des événements est simple. On a une ancienne professionnelle du sexe qui le séduit [Gérald Darmanin], le manipule. Ils dînent ensemble. C’est la séquence restaurant. Puis ils vont ensemble dans un club. C’est la séquence boîte de nuit. Et puis, ils montent à l’hôtel. Quand ils sont à l’hôtel, elle lui demande d’aller lui chercher une brosse à dents. Il va acheter une brosse à dents et du dentifrice, il remonte.”

Le plus intéressant, dans cette affaire, est la raison pour laquelle cette dame est allée solliciter les services de Gérald Darmanin : pour faire sauter la plainte déposée contre elle en 2004 et qui lui a valu la condamnation dont il est fait état plus haut. Une affaire bien dégueulasse qui en dit long sur le personnage.

C’est Jean-Alphonse Richard qui en donne le détail dans son journal du matin. Voici ce qu’il rapporte : “Cette plainte décrit dans le détail des faits de mensonge et d’extorsion de fonds et la descente aux enfers d’un homme d’affaires […] Celui-ci rencontre en 1998 Olga, qui se fait à l’époque appeler Sophie, par le biais d’une petite annonce. Elle est mannequin et call-girl, métier qu’elle affirme vouloir abandonner. C’est le début d’une liaison. Des cadeaux pour elle, un manteau de vison, des chèques dont le montant avoisinera quelques milliers d’euros jusqu’à ce que l’entrepreneur soit licencié fin 1999.”

Il ne peut plus payer, et là, c’est en effet la descente aux enfers. Il est harcelé, Sophie-Olga lui demande des « services » pour ses proches qui ont des démêlés avec la justice. Elle installe même chez lui sa mère et son frère à qui il doit « prêter sa carte de crédit ». S’il refuse, elle menace de « le dénoncer pour proxénétisme ». Il craque, tombe malade et finit par déposer plainte pour chantage.

Pour cela, Sophie Platz a pris deux ans de prison ferme, transformés en 18 mois avec sursis.

Si je compte bien, elle avait 17 ans au moment des faits… et un bel avenir devant elle : les hommes sont tellement bêtes !

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