Ce mardi a vu défiler pour la première fois aux quatre coins du pays le personnel des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (). Comme dans les de plus en plus déversoirs de toutes les misères, les employés y sont usés jusqu’à la corde, parce que les résidents sont de plus en plus âgés et de plus en plus dépendants.

Et tandis qu’en Europe du Nord, le taux d’encadrement moyen est d’un soignant pour un résident, il n’est chez nous que de 0,57. Résultat : un travail à la chaîne avec douze à quinze toilettes à faire par matinée, ici une douche par semaine seulement pour nos anciens, là des repas moulinés pour tout parce que ça va plus vite, etc. Le sous-effectif est constant. Avec un recrutement majoritairement féminin et souvent jeune, les arrêts de travail pour grossesses ou enfants malades y sont logiquement plus fréquents. Et avec un taux d’accidents et de maladies professionnels supérieur à celui des BTP, et en hausse de 45 % en dix ans ; on y constate 10 % d’absentéisme, ce qui fait autant de travail en plus pour celles qui restent…

Quant au médecin coordonnateur exigé par la réglementation, un tiers des établissements n’en a pas. Alors, à la moindre alerte de santé, on transfère la “patate chaude” aux urgences, où d’autres s’arracheront les cheveux…

Parce que décréter un règlement sur un coin de table, c’est facile ; s’assurer auparavant qu’il est applicable, c’est autre chose !

Plus encore que pour les médecins ou les infirmières – qui accomplissent des gestes souvent plus techniques -, le temps passé par le personnel des EHPAD auprès des résidents est le cœur de leur métier. Cette empathique interhumaine, contrairement à d’autres métiers, ne sera jamais remplacée par un logiciel ou un robot. Or, le temps salarial est ce qui coûte le plus cher dans notre pays, champion des prélèvements sociaux. Et plus encore dans les établissements privés non lucratifs, sanitaires et médico-sociaux, où les salaires nets sont plus faibles que dans le secteur public.
Une fois de plus, le privé fait aussi bien, et souvent mieux, que le public, mais pour moins cher…

a assuré comprendre la colère et l’épuisement des personnels des maisons de , ce qui est bien sympathique, mais n’envisage pas d’autre rallonge au budget 2018 de la que les 50 millions pour les EHPAD “en difficulté”.

On peut parier que, comme souvent quand l’État vole au secours d’une activité mixte en péril, il applique la recette du célèbre pâté : un cheval pour le public, une alouette pour le privé…

30 janvier 2018

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