Emmanuel Denis, maire de Tours, serait-il le visage d’une écologie modérée ? C’est ce que l’on peut croire, si l’on regarde les premières mesures du maire. Contrairement à ses collègues de Lyon ou de Bordeaux, lui n’a pas créé de polémique sur le Tour de France ou les sapins de Noël.

L’écologiste a souhaité poursuivre la politique initiée par l’ancien maire Christophe Bouchet en rénovant les bâtiments publics afin de lutter contre les passoires énergétiques.

De l’associatif à la politique 

Emmanuel Denis n’est pas un débutant, en politique. Engagé dans le milieu associatif au Secours populaire, à la Fédération des conseils des parents d’élèves, puis au sein de l'association Robin des toits pour faire évoluer la législation en matière d'ondes électromagnétiques et limiter la présence d'antennes-relais en ville. Changement de vie pour l’ingénieur de formation quand il se voit proposer la tête de liste EELV lors des municipales de 2014 à Tours. La victoire ne surviendra que six ans plus tard. En 2020, Emmanuel Denis réussit l’exploit de réunir LFI, Génération-s, le Parti socialiste, le PCF, Place publique et Nouvelle donne sous son nom. L’union de la gauche lui permet d’être élu avec 55 % des suffrages. « Par rapport à Bordeaux et Lyon, on n’est pas sur une municipalité 100 % verte. Chacun fonctionne en silo avec son référent auprès du maire et les décisions remontent de la sorte. C’est pour cela que l’on n’a pas les mêmes déclarations houleuses », confie un conseiller membre de l’opposition municipale.

La guerre aux voitures est déclarée 

Pas de déclaration houleuse mais pas d'hésitation non plus lorsqu'il s'agit de mettre en place les « marqueurs » de toute politique verte. « En 1971, Pompidou avait déclaré qu'il fallait adapter la ville à la voiture, maintenant il faut faire tout l’inverse », lance Emmanuel Denis à nos confrères de LCI. À la suite de son élection, le maire n’a eu qu’une seule idée en tête : développer la mobilité douce. Ce concept utilisé par tout bon écologiste qui se respecte incite les personnes à emprunter des transports faisant appel à l’énergie humaine (marche, vélo, trottinette…). Depuis plusieurs mois, les pistes cyclables se sont démultipliées aux quatre coins de la ville. La municipalité en est tellement friande qu’elle prévoit de construire 100 kilomètres de nouvelles pistes cyclables d’ici 2026.

L’emblème de cette politique ? Le pont Wilson, traversant la Loire, fermé définitivement à la circulation. Il est dorénavant possible d’y circuler en tramway, à vélo ou bien à pied. « Honnêtement, ça ne pose aucun problème de ne pas prendre la voiture quand on habite à Tours. Par contre, si on est à 15-20 minutes de la ville ça devient compliqué car les transports en commun sont moins fréquents », affirme Pierre, étudiant à Tours. Mais les étudiants sont une catégorie de population à part. Pour notre conseiller municipal de l’opposition, « les gens de Tours Nord se sentent isolés. Quand vous avez 75 ans, vous ne prenez pas votre vélo de la même manière qu'à 20 ans. » Surtout lorsque de grandes manifestations agitent la ville.

Soutien du lobby LGBT 

Chaque année, le lobby LGBT s’empresse ainsi d’organiser, comme dans chaque grande ville de France, une « marche des fiertés ». À Tours, une polémique a éclaté après que les organisateurs de la manifestation ont annoncé « un cortège de tête en non-mixité pour les personnes LGBT + racisées », précisant que « la non-mixité n’est en aucun cas négociable et toute personne blanche qui essaiera de s’incruster dans ce cortège se fera cordialement (ou non) dégager ».

Le conseiller municipal Olivier Lebreton (LR) s'était élevé contre cette initiative, sur son compte Facebook, en mai 2021 : « Force est de constater que cette association est en train de connaître une dérive discriminante que je regrette. […] Monsieur le Maire, je vous demande de condamner publiquement ce cortège. » Face aux attaques de l’opposition, Emmanuel Denis a maintenu son soutien au lobby LGBT en dénonçant « une polémique instrumentalisée par l’extrême droite et relayée par la droite locale ».

Convergence entres les écologistes 

Après son élection en 2020, Emmanuel Denis avait répondu aux questions de Libération. Il lui avait été demandé s’il ferait partie de ceux qui installent une crèche dans leurs mairies au nom de la tradition chrétienne de la France. « Évidemment que non ! En installer une serait une entorse au principe de laïcité », avait-il déclaré. Si, cette année, les Tourangeaux ont eu le droit à un magnifique sapin devant l’hôtel de ville, ce ne fut pas le cas en 2020. Dans la droite ligne de son homologue Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, Emmanuel Denis avait justifié l’absence de sapin de Noël par un simple « Nous n'avons pas réussi à le trouver ».

Parmi les grands chantiers qui seront menés en 2022 par la municipalité écologiste de Tours, on trouve « l’expérimentation d’une alternative végétarienne chaque jour dans les écoles (3 ou 4 établissements seront concernés) ». Une urgente priorité...

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8 janvier 2022

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25 commentaires

  1.  » les Tourangeaux ont eu le droit à un magnifique sapin devant l’hôtel de ville, ce ne fut pas le cas en 2020. »
    Oui mais il est précisé par une affichette que c’est le don de la famille XXX.( Enfin la mairie ne s’y est pas opposée.)

    « Face à la polémique instrumentalisée par l’extrême droite  » Parce qu’il y a une extrême droite à Tours ? Ça doit être un produit d’importation .

    Pour l’ instant, E.Denis est plutôt « soft ».

  2. Modéré n’est pas le mot , légèrement moins c.n que les autres semble plus approprié.Comme pour les islamistes il n’y a pas de modérés chez les écolos ,toujours prêts à toutes les imbécilités ,si elles obéissent à leur dogme.

  3. vert a l’extérieur mais rouge a l’intérieur !! i l y a qu’a voir sa position pour la manif LGTB un cortège de tête en non-mixité pour les personnes LGBT + racisées », précisant que « la non-mixité n’est en aucun cas négociable et toute personne blanche qui essaiera de s’incruster dans ce cortège se fera cordialement (ou non) dégager ».

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