Ah, si la droite n’existait pas, si ces populistes, ces conservateurs, ces nationalistes, patriotes et autres souverainistes pouvaient n’avoir jamais vu le jour… Si les Boulevard Voltaire, Valeurs actuelles, TV Libertés et autres pouvaient être censurés, caviardés, brûlés en place publique, dans un bel autodafé, digne des heures les plus glorieuses de l’URSS… Tel est le rêve des journalistes de , un monde où la droite n’existerait pas, où tout le monde ne regarderait plus que BFM, n’écouterait plus que France Inter, ne lirait plus que… Libération. Ce qui changerait drôlement la vie des employés du journal, qui perd chaque jour un peu plus de son lectorat au point que Patrick Drahi, son actuel propriétaire, cherche désespérément à refiler le bébé à une bonne âme de passage.

Mais ce confinement a donné des idées aux journalistes de la maison. Le 24 mai dernier, François Musseau, correspondant à Madrid, a pondu un article intitulé : « En , populistes et complotistes se déconfinent. » L’article évoque une récente manifestation du parti populiste Vox au centre de Madrid, contre la politique sanitaire du gouvernement du socialiste Pedro Sánchez. Apparemment, il y avait du monde, car quand il s’agit de montrer du doigt l’irresponsabilité d’un rassemblement alors que le virus rode toujours, Libé n’hésite pas à souligner la forêt de drapeaux sang et or, la foule compacte et nombreuse – ce qu’il n’aurait sûrement jamais fait en temps normal.

Décidément, ce confinement a bien inspiré Libération. À croire que, finalement, le monde idéal de Libé est un monde confiné : plus de voiture, de pollution, d’usines qui tournent, et plus de populistes ni de gilets jaunes dans les rues… Avec le confinement permanent, les gens seraient gavés des médias officiels et bien-pensants, et surtout subventionnés, on aurait fini par tuer ces manants de médias alternatifs qui ne vivent que de leur lectorat…

« Les populistes se déconfinent », titre Libé : à quand le déconfinement à la carte, à géométrie variable, autorisé pour les gentils progressistes mais refusé aux méchants populistes, qui n’auraient donc qu’à rester chez eux, ça polluerait moins les rues, ça ferait moins mal aux oreilles des belles personnes qui lisent Libé ? La gauche progressiste a vraiment un tropisme de censeur, toujours prompt à faire taire les voix discordantes, les esprits frondeurs ou déviants. Hier, c’étaient les purges staliniennes, les goulags, les camps de rééducation pour opposants. Mais le progrès est en marche, depuis : aujourd’hui, on ne tue plus, on use de techniques modernes, ce sont les lois Gayssot, Taubira, Pleven, l’inquisition médiatique pour racisme, homophobie, sexisme, les assignations devant la XVIIe chambre correctionnelle, et bientôt la loi Avia.

Mais l’idée du confinement prolongé pour les populistes, le temps qu’ils réfléchissent, qu’ils se ressaisissent, qu’ils se mettent en conformité avec la bonne pensée, ne serait pas mal non plus : à lire le titre de l’article de Libé, on sent bien que l’auteur en rêve la nuit, d’un monde débarrassé des populistes, mais sans qu’on les tue (les temps changent, on aurait mauvaise conscience), juste en les tenant confinés à demeure. Un monde où ceux de Libé pourraient prendre leur café au comptoir sans jamais s’entendre dire qu’il y a trop d’immigrés, que l’euro nous tue, que les impôts sont confiscatoires, que l’islam est un danger pour la République… Elle serait pas belle, comme ça, la vie de bobo socialo ?

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