Pendant qu'Emmanuel Macron « assume totalement » son bad buzz d'« emm... » (57 % des Français jugent ses propos « choquants », selon un sondage OpinionWay-Kéa Partners pour « Les Échos ») et que Valérie Pécresse nous fait sourire avec son Kärcher™ qui n'a jamais existé, Éric Zemmour continue à tracer sa route en cherchant à se démarquer. Vendredi soir, il était en meeting à Châteaudun, où un projet de transformation d'une église a largement indigné, pour délivrer son hymne à la ruralité.

Certes, c'est un exercice obligé pour tout candidat, mais, pour celui qui n'a toujours pas ses 500 signatures, il revêtait une importance cruciale. On ne s'étonnera donc pas qu'il ait plaidé vigoureusement en faveur du retour du statut de député-maire pour éviter des parlementaires hors-sol.

Il a aussi annoncé qu'il abrogerait la loi SRU obligeant les communes à avoir 25 % de logements sociaux. Le sujet lui permettait de faire le lien avec l'immigration.

L'immigration n'était pas loin non plus quand il a délivré sa « première priorité pour dynamiser la campagne française : réorienter en urgence les fonds publics destinés à la politique de la ville vers nos bourgades et nos villages ».

Éric Zemmour a souhaité présenter un programme d'espoir pour la ruralité. Il voit dans le nouvel « exode urbain » accéléré par la crise sanitaire une chance à saisir pour le monde rural.

Il souhaite même faire des territoires ruraux les bases de sa politique de réindustrialisation du pays. Sur la disparition des services publics dans la ruralité, il a avancé deux propositions concrètes : le recrutement de mille médecins « publics », salariés par l'État, comme le fait le département de la Saône-et-Loire depuis plusieurs années, et, pour les fermetures de classes, l'obligation pour les rectorats de tenir compte des effectifs sur plusieurs années.

Aux agriculteurs, il a promis des baisses d'impôts et l'instauration d'un « patriscore », un label inspiré du « nutriscore », pour garantir la traçabilité des produits.

Sur ces questions qui ne lui étaient pas spontanément familières, Éric Zemmour s'est montré aussi convaincant que ses rivaux en avançant des solutions concrètes et en replaçant cette thématique dans la cohérence de son programme (immigration, insécurité, réorientation des financements publics). S'il veut gagner encore en crédibilité, il devra très vite indiquer le chiffrage de ses mesures et préciser sa synthèse entre libéralisme et étatisme. Mais l'essentiel pour lui, en ce début d'année où Emmanuel Macron pense surfer sur sa présidence de l'Union européenne et son hystérisation de la crise sanitaire, était de s'adresser à ces « 22 millions de Français » ruraux, un vivier d'électeurs potentiels pour lui, et à leurs maires, dont il a impérativement besoin.

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08 janvier 2022 à 10:27

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25 commentaires

  1. Robinson

    Jusqu’ici Zemmour était resté trop « parisien » ; il faut qu’il sorte de ce piège des grandes villes , acquises à Macron . Ses soutiens , il les aura auprès des petites villes ou villes moyennes qui ont du ressentiment à l’égard des précédents gouvernements qui les ont sacrifié sur l’autel du mondialisme . Il doit promettre une nouvelle décentralisation au profit des « ruraux » bien FRANÇAIS ceux-là !

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