Critiquée, fracturée, entachée par diverses broutilles et autres incartades politiciennes, la relation qui lie la présidente du Rassemblement national et le maire de Béziers n’en est pas moins solide. Ce vendredi 7 janvier, la candidate à la présidentielle 2022 Marine Le Pen entamait une tournée de campagne dans le sud-ouest du pays, allant à la rencontre de ses amis Robert et Emmanuelle Ménard mais aussi de son ancien compagnon Louis Aliot, maire de Perpignan. La raison de sa visite en Occitanie est évidente : officialiser le parrainage que lui donne Ménard et conforter la solide base électorale languedocienne qui lui est acquise et lui reste fidèle depuis plusieurs années déjà…

Il est vrai que la visite de Marine à Béziers se faisait attendre ! Alors que Robert Ménard virevolte entre les candidats de la droite depuis des mois, Éric Zemmour, Marine Le Pen et même Valérie Pécresse, l’emblématique maire occitan, ancien ténor de la gauche radicale reconverti en figure centrale du mouvement patriote, a finalement fait son choix. Son soutien et son parrainage officiels iront à la fille de Jean-Marie Le Pen, candidate RN qui, par deux fois depuis 2012, a échoué dans sa conquête de l’Élysée.

Commençant la visite de la ville par un tour des travaux entrepris sur la splendide cathédrale Saint-Nazaire, bijou d’architecture gothique surplombant l’Hérault et offrant un panorama unique sur la Montagne noire, Marine le Pen s’est affichée aux côtés de Robert Ménard, confiante et sûre d’elle. Noyés sous une vague de journaliste, les deux amis ont discuté Histoire, politique et gestion communale avant de se laisser aller à un petit shooting photo, juste en face des contreforts de l’ancienne muraille biterroise.

Puis vint l’heure de prendre la direction de la mairie, véritable QG de Robert Ménard, ardemment défendu et maintenu lors des dernières élections municipales de 2020. L’occasion, pour le maire, de présenter à Marine Le Pen son bébé : sa fameuse crèche de Noël. Avec ses jolis santons des XIXe et XXe siècles, la crèche de l’hôtel de ville de Béziers a suscité bien des polémiques mais Ménard n’a jamais vacillé et cette dernière tient toujours bon. Posée juste aux portes de la mairie, elle a fait succomber les touristes, vrombir de plaisir les chrétiens et verdir de rage les plus laïcards. Sous les flashs et les cliquetis des appareils photo, Marine Le Pen et Robert Ménard se sont ainsi félicités de cette petite victoire politique (mais surtout symbolique) et ont profité de l'occasion pour réaffirmer une conviction qu’ils partagent tous deux : les racines de la France sont chrétiennes.

Pourtant, lorsqu’un journaliste, profitant d’un court moment d’accalmie, demande à Marine si, élue Présidente, elle installera une crèche à l’Élysée, la candidate ne répond que par un éclat de rire…

Enfin, dans un hôtel moderne et aseptisé, Marine Le Pen et Robert Ménard ont répondu pendant une petite heure aux questions des journalistes. Furent notamment abordés la question de Zemmour, la politique vaccinale et le « Kärcher™ » de Valérie Pécresse. Sur le premier sujet, Marine Le Pen s'est refusée à attaquer celui qui lui grignote son électorat depuis des mois. Robert Ménard, quant à lui, a réaffirmé sa position - « que le moins bien placé s’efface au profit de l’autre » - sans toutefois préciser qui était le mieux placé. Le sujet sanitaire fut plus sportif et les divergences reconnues entre l’un et l’autre purent se faire ressentir. Alors que Robert Ménard, adepte du « tout vaccin », a fustigé les « irresponsables » et « moyenâgeux » antivax, citant notamment M. Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen a rappelé que le vaccin ne résolvait pas tout et que le jeu de Macron ne consistait qu’à fracturer la population autour de ce sujet clivant. Opposée au passe vaccinal, la candidate RN a toutefois concédé que la « capacité du vaccin à réduire les risques de forme grave est quand même quelque chose d’énorme ». Quant à Valérie Pécresse, Marine Le Pen a pris de haut une candidate qui se contente « reprendre [son] champ lexical » et dont la formation politique « n’a fait qu’échouer sur la question sécuritaire ».

Un début de campagne dynamique, donc, pour une candidate qui se voit disputée sur son aile droite par Éric Zemmour et dont les thématiques habituelles sont reprises par des concurrents. Valérie Pécresse cherche ainsi à se positionner sur les questions identitaires, sécuritaires et d’immigration. Reste la difficulté à obtenir les 500 parrainages car celui de Ménard, aussi symbolique soit-il, sera loin d’être suffisant. Quoi qu’il en soit, Marine Le Pen sort renforcée de son escapade biterroise et réaffirme sa volonté de mener à bien un gouvernement d’union nationale. Une ambition qui passe par la conquête de tous les électorats de droite.

7 janvier 2022

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