6 mai 1758 : naissance de Masséna, le Niçois le plus connu après Éric Ciotti
Parmi les figures les plus éclatantes de l’épopée napoléonienne, le maréchal André Masséna occupe une place singulière. Né à Nice le 6 mai 1758, il demeure ainsi l’un des Niçois les plus célèbres de l’Histoire, peut-être même davantage qu’Éric Ciotti, et dont le destin s’est construit par ses victoires décisives pour l’avenir de la France révolutionnaire, consulaire et impériale.
Le fils de la Révolution
Issu d’un milieu modeste, Masséna connaît une jeunesse difficile marquée par la mort précoce de son père. Il s’engage très jeune dans la marine marchande comme simple mousse avant de rejoindre, en 1775, l’armée de Sa Majesté Louis XVI, où il finit par devenir adjudant en 1789. Lorsque la Révolution éclate, il décide de la servir pleinement et de se rapprocher des cercles francs-maçons fortement influents, une position lui ouvrant alors les portes de nombreuses promotions militaires. Dès 1793, il est fait ainsi général de brigade puis général de division en 1794.
Envoyé à Toulon, il y fait ensuite la rencontre avec l’homme qui va changer sa vie, un jeune officier prometteur : Bonaparte. Il finit même par servir sous ses ordres dans l’armée d’Italie lorsque cette dernière part en campagne en 1796. Masséna se distingue alors à Arcole, Lonato, à Rivoli ou encore à La Favorite. Ses prouesses et sa valeur lui valent alors le surnom d’« enfant chéri de la victoire ». Lorsque Bonaparte part pour l’Égypte, Masséna reste avec l’armée d’Italie pour lutter contre les Autrichiens et les Russes. Il confirme de nouveau son génie militaire lors de la campagne de Suisse en 1799, notamment à la bataille de Zurich où il inflige une défaite décisive à ses ennemis.
Au service de l’Empereur
Lorsque l’Empire est instauré, l’Empereur n’oublie pas ceux qui l’ont fidèlement servi. Masséna est ainsi élevé à la dignité de maréchal d’Empire en 1804. Il repart ensuite en Italie afin de continuer à veiller sur ce territoire qu’il connaît bien et d’aider le frère de l’Empereur, Joseph, devenu roi de Naples en 1806. Fait duc de Rivoli en 1808, il devient également prince d’Essling en 1810 après avoir démontré, encore une fois, son grand courage et son talent lors de la campagne de 1809 et ses nombreuses batailles : Landshut, Eckmühl, Straubing, Passau, Ebersberg, Essling et Aspern. Une valeur dont il fait à nouveau preuve à Wagram où, même blessé à la jambe, il ordonne de se faire porter en calèche pour continuer à diriger ses troupes.
En 1810, Napoléon lui confie la délicate tâche de reconquérir le Portugal et l’Espagne après les échecs de Junot et Soult à régler cette affaire. Il se voit alors contraint d’affronter l’Anglais Wellington, fraîchement débarqué avec ses troupes, qu’il n’arrive pas à rejeter à la mer. L’Empereur, déçu, finit par le relever de son commandement et lui déclare, lors de son retour en France : « Prince d'Essling, vous n'êtes donc plus Masséna ? »
Une fin sans panache
Masséna se retire alors temporairement des affaires et ne suit pas Napoléon dans sa désastreuse campagne de Russie en 1812, n’effectuant que quelques missions sur le territoire national. Masséna doit aussi faire face, malgré ses succès militaires, à sa réputation d’homme intéressé et cupide. En effet, il est accusé de pillages et d’enrichissement personnel, alimentant ainsi les critiques. Cette image lui vaut alors le mauvais surnom d’« enfant pourri de la victoire ». Après la chute de Napoléon en 1814, Masséna se rallie à Louis XVIII et devient même pair de France. Cependant, durant les Cent-Jours en 1815, il adopte une position prudente, ne s’opposant pas au retour de l’Empereur mais ne s’engageant pas à ses côtés. Cette attitude ambiguë lui vaut d’être mis à l’écart lors de la Seconde Restauration. André Masséna meurt peu de temps après, bien loin de sa belle Nice, le 4 avril 1817 à Paris, rongé par la maladie, avant d’être enterré au cimetière du Père-Lachaise.
Il laisse derrière lui une carrière exceptionnelle, jalonnée de victoires décisives et dont la pleine mesure s’exprimait surtout au cœur des combats. Comme le déclara Napoléon, lors de son exil à Sainte-Hélène, « Masséna avait été un homme très supérieur qui, par un privilège très particulier, ne possédait l’équilibre tant désiré qu’au milieu du feu ; il lui naissait au milieu du danger ». Aujourd’hui encore, sa descendance perpétue sa mémoire et fait vivre son héritage à travers la figure du prince Victor-André Masséna, actuel président de la Fondation Napoléon.
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6 commentaires
Massena n’occupe pas une place singulière : il occupe une place de Nice! ha,ha,ha
Lisez « La bataille » (Essling) de P. Rambaud . Vous le verrez ainsi que beaucoup d’autres. Il était fort cupide comme beaucoup d’autres et en particulier ceux qui ont fait l’Espagne mais absolument génial sur le terrain.
Comment s’étonner de sa cupidité apres avoir fréquenté l’élite de la bourgeoisie dans les loges maçonniques ? L’embryon de la république française nageait déjà dans le marécage de la concussion et des trafiques d’influence …Dont acte .
Comme l’a si justement dit Borges: « Il y a une chose qu’un homme ne devrait jamais regretter, c’est d’avoir été courageux ». C’est tout à fait vrais, mais il n’en est pas moins vrais que le courage ne s’accompagne pas toujours de la moralité. Et nous connaissons des cas d’hommes très courageux mais tout aussi méprisables. Comme Masséna.
Facile…
A cette époque nous avions de vrais mecs.