[TRIBUNE] Méfiez-vous, les révolutionnaires font ce qu’ils disent ou écrivent

De Lénine à LFI, les mots ne sont jamais anodins, l'Histoire rappelle où peuvent mener les discours de haine.
© Capture écran - CNEWS
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Manon Aubry a déclaré, persisté et assumé : « Les milliardaires sont des nuisibles ! » Sa petite camarade Mathilde Panot, pour sa part, a décrété qu’il fallait « interdire les riches ». Bien des commentateurs se sont bornés à dire que les propos en question n’étaient qu’une énième manifestation de l’outrance et du goût de la provocation de ce parti de révolutionnaires professionnels. Il s’agit là d’une vision bien superficielle des choses, surtout lorsqu’il s’agit de personnages qui se réclament de Robespierre et de la Terreur.

Les mots ont un sens, surtout lorsqu’ils sont proférés par les héritiers idéologiques de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine. Lequel aimait à qualifier ses « ennemis de classe » « d’insectes nuisibles, de puces, de punaises (les riches) » dont il fallait purger la terre russe (Comment organiser l’émulation ?) et écrivait qu’il fallait déclarer la « guerre à mort aux riches » (ibid). Ce qui doit enchanter Mme Panot. Il ne s’agissait nullement d’outrance, mais d’un programme d’action qui sera mis en œuvre avec férocité par ce psychopathe sanguinaire et son outil de terreur la Tchéka.

Trotski, autre infâme personnage dont il semble élégant de se réclamer dans une certaine gauche française, déclarait, en décembre 1917 : « Dans moins d’un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de la grande Révolution française. Ce ne sera plus seulement la prison mais la guillotine, cette remarquable invention de la grande Révolution française, qui a pour avantage reconnu de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis. » Et Lénine de déclarer : « Tant que nous n’appliquerons pas la terreur vis-à-vis des spéculateurs - une balle dans la tête -, nous n’arriverons à rien ! »

De fait, en application du décret sur la Terreur rouge de 1918, plus de 15.000 personnes furent massacrées. Dès son arrivée au pouvoir, Lénine avait décidé la création d’un camp de concentration par région de l’ex-Empire russe. Contrairement à la fable soigneusement entretenue, Staline ne fut pas en rupture avec Lénine mais son continuateur. Le bilan humain du communisme, en Russie, se monte à 20 millions de morts. Une bagatelle, semble-t-il, pour les innombrables marxistes, néomarxistes et trotskistes qui traînent leurs rouges savates dans les allées de la gauche française.

Un avertissement

Ce sinistre rappel n’est pas une coquetterie historique, mais sonne comme un avertissement. Les membres de LFI, leurs militants et leurs sections d’actions violentes sont des gens dangereux. À Lyon, des extrémistes liés à la Jeune Garde sont mis en cause dans la mort de Quentin Deranque.

Il faut toujours garder à l’esprit que les agitateurs totalitaires disent et écrivent toujours ce qu’ils feraient s’ils étaient au pouvoir, et le font quand ils y parviennent. Lénine, évidemment, Trotski, Adolf Hitler avec Mein Kampf. Mais les Français ne sont pas en reste, avec les discours pompeux, geignards et sanguinaires de Robespierre, Saint-Just ou Marat, qui réclamaient frénétiquement la « régénération » de la France dans le sang, vrais prédécesseurs de Lénine avec sa terreur prolétarienne décrite comme de l’hygiène sociale.

Les mots de Mmes Aubry et Panot ne sont pas anodins. Ils se rattachent à une tradition totalitaire, à une histoire sanguinaire, à la violence révolutionnaire. Ces mots sont d’autant plus dangereux qu’ils peuvent pousser des esprits névrosés, incultes, frustrés, pleins de rancœur et d’envie à l’action violente. N'est-ce pas en pleine connaissance de la tradition politique à laquelle elles se rattachent qu’elles prononcent ces paroles ?

Société hystérisée

Emmanuel Macron a hystérisé la société française, il l’a fragmentée et ruinée tout à la fois. Les législations qui symboliseront ses mandats sont toutes morbides : avortement dans la Constitution, euthanasie. Cet homme abîme tout ce qu’il touche et a fait œuvre de destruction sociale autant que sociétale. Il offre ainsi un terrain de jeu idéal aux tenants de la violence politique ; des esprits faibles qui semblent vouloir essayer en France ce qui a échoué partout dans le sang, la misère et l’absurdité, de Moscou à Cuba, en passant par Phnom Penh ou Bucarest. L’expérience des autres ne sert à rien. Il faudrait les obliger à visiter Tuol Sleng (prison devenue le musée du génocide khmer) ou le cimetière de Picpus à Paris (où reposent certaines des victimes de la Terreur), mais sans doute n’en tireraient-ils aucun enseignement. Après tout, la révolution est le mythe fondateur de la République et la violence son accoucheur.

L’impératif, pour les droites, est de s’allier pour écarter toute possibilité de succès de LFI, mais aussi pour rendre impossible le maintien au pouvoir du « système » actuel qui, au sens propre du terme, a ruiné la France. Il n’y va pas des petites ambitions personnelles et des intérêts boutiquiers des partis mais du destin de la patrie. Mais, justement, dans les partis, connaît-on encore le sens du mot « patrie » ?

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Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

50 commentaires

  1. Les paroles des LFIstes en disent déjà très long, mais leur langage non verbal est aussi très intéressant à observer. Des visages aux expressions inquiétantes, des gestes mimant la violence physique. Bref, une belle brochette d’apprentis commissaires-politiques psychopathes qui piaffent d’impatience pour mettre en place le néo bolchevisme en France.

  2. C’est trop réducteur de rendre Emmanuel Macron seul responsable de l’hystérisation de la société française, même s’il a très certainement continué à la fragmenter et à la ruiner tout à la fois. Car l’avortement dans la Constitution, et la légalisation de l’euthanasie/suicide assisté (réalité cachée sous l’expression « aide à mourir »), c’est bien lui. Aider à mourir, plutôt qu’aider à vivre.

    Mais la dérive sociétale et les abus de langage ne datent pas d’hier : en 1975, la loi Veil avait dépénalisé l’avortement, en masquant la réalité en parlant d’IVG : Interruption Volontaire de Grossesse. Comme si on pouvait interrompre (momentanément) une grossesse, et que l’on pouvait la reprendre après. Mais en 1975, cette loi était restée une loi d’exception, des mesures d’accompagnement étaient prévues pour aider les femmes à garder leur enfant quand elles étaient confrontées à une situation difficile.

    Trop d’opposants à la loi sur l’IVG de 1975 comme à la loi de l’aide à mourir de 2026 se sont contentés de belle paroles, de principes moraux, en négligeant le fait qu’à court terme, cela coûte d’aider les mères à assumer une grossesse non désirée, cela coûte d’accompagner dignement des personnes en fin de vie qui demandent d’en finir pour abréger leurs souffrances physiques ou morales. Sommes-nous prêts à payer pour que cela change ?

    • Je pense que les lobbies d’assurances qui vont bientôt se présenter au portillon ne voudront pas assumer les soins palliatifs jugés trop coûteux et le fait que les femmes qui voudraient des enfants demanderont des crèches des maternelles des MAM , des aides familiales , ou resteront chez elles à s’occuper de leurs progénitures au lieu de contribuer à remplir les caisses sociales . Donc l’IVG institutionnalisé est bien commode pour cela , surtout que, et parfois, les femmes qui y ont recours, ne peuvent plus avoir d’enfants par la suite . Sans compter les zinzins qui ne veulent plus d’enfants à cause des annonces alarmistes du GIEC! Le féminisme instrumentalisé !

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