À 18 ans, Maël gravit le pic d’Aneto chargé d’une nouvelle croix en bois

Pour remplacer celle qui avait disparu, il sculpte et transporte sur son dos une nouvelle croix au plus haut sommet des Pyrénées.
Photo Maël Le Lagadec
Photo Maël Le Lagadec

Alors qu’elle avait disparu en mars dernier, la croix du pic d’Aneto, dans les Pyrénées, vient d’être remplacée le samedi 9 mai dernier par un jeune homme de 18 ans, Maël Le Lagadec. Depuis que La Dépêche du Midi a révélé l’initiative du jeune homme et la montée de la croix avec son ami Julien, de part et d’autre de la frontière espagnole, les médias saluent en chœur son exploit qui force l'admiration.

« Une aventure humaine et sportive extraordinaire »

Sans aller jusqu’à l’emballement médiatique, toute la presse locale s’est emparée du sujet et ne tarit pas d’éloges pour le jeune homme. La République des Pyrénées évoque « la prouesse » de Maël Le Lagadec, France 3 Occitanie parle de « l'exploit fou de Maël, 18 ans, qui a porté une croix de 35 kg pour remplacer le symbole volé du pic d'Aneto dans les Pyrénées ». Il faut avouer qu’ils n’ont pas tort, et La Dépêche du Midi, qui a révélé l’œuvre de l’apprenti paysagiste du Tarn-et-Garonne, explique qu’en plus, le jeune homme n’a commencé l’alpinisme qu’à l’automne dernier. Du côté espagnol, Maël Le Lagadec fait aussi la fierté de la France : Heraldo et El País relaient eux aussi l’exploit du jeune homme qui a recoiffé le plus haut sommet des Pyrénées de sa croix sommitale.

Il faut dire que la croix en question a été plusieurs fois chahutée et que celle que vient de monter Maël Le Lagadec est la troisième. Ainsi, rapporte El País, la précédente « croix métallique qui ornait le sommet de l'Aneto, pesant près de 100 kilos et installée en 1951, a disparu en avril dernier. L'enquête est en cours et l'hypothèse principale est qu'elle a été découpée à la meuleuse d'angle puis jetée du haut de la montagne, où elle s'est retrouvée enfouie sous la neige. Depuis le week-end dernier, une autre croix est apparue : une croix en bois d'environ 35 kilos, rapportée par l'alpiniste français Mael Le Lagadec. » Sur son compte Instagram, le jeune homme a documenté tout le processus de fabrication ainsi que son ascension, chargé de la croix ornée de fleurs de lys qu’il a confectionnée en noyer noir parce qu’« il est très apprécié pour ses nervures et sa couleur sombre qui donne vraiment un aspect magnifique ». Dans sa dernière vidéo, il explique que cette ascension du pic d’Aneto est « une aventure qui restera gravée longtemps dans [s]a mémoire ».

Et il a raison d’être fier de lui, car ce n’est pas à la portée de tout le monde, loin s’en faut : « 28 km de course et 1.900 m de dénivelé positif en conditions difficiles ». D’ailleurs, il ajoute en légende de sa vidéo que « le plus fou, dans tout ça, c'est d'avoir réussi cette ascension avec une croix en bois de 35 kg sur le dos, en plus d'un sac de 15 kg. Physiquement et mentalement, cette montée [l’]'a poussé dans [s]es limites. […] », en résumé « une aventure humaine et sportive extraordinaire avec, comme final, la croix installée au sommet ». Comme il l’explique, à cause des mauvaises conditions météo, il n’a pas pu installer la croix lui-même. Aussi, il l’a laissée avec tout le matériel nécessaire pour la fixer. À La Dépêche, il confie projeter de remonter cet été au pic d’Aneto pour l’installer durablement, et le média régional précise que pour lui, « ce sera tout sauf une corvée » puisqu’il le dit lui-même : « Ça me tenait à cœur, vraiment, de mener à bien ce projet. » D’ailleurs, à France 3 qui l’interroge, il raconte : « J’arrive tout en haut, après tant d’efforts, je m’agenouille et je pleure. »

Qui fait la fierté de sa grand-mère et impressionne de nombreux Français

Le plus prodigieux, peut-être, est que Maël Le Lagadec n’est pas catholique, comme le rapporte La Dépêche du Midi, « même s’[il a] été baptisé, [il] n’[est] pas croyant, mais [il] trouve que cette croix symbolise ce lieu exceptionnel et fait partie intégrante du paysage depuis 1956. » Et ce qui frappe dans la maturité et la profondeur de son discours, c’est son altruisme, son respect pour ses anciens et sa recherche du dépassement de soi, puisqu’il explique qu’« à l'époque, [la croix] a été montée à dos d'homme, pièce par pièce. Ça se respecte. Alors, j'avais envie de sculpter, de pouvoir faire quelque chose de mes mains et en même temps de rendre service aux gens. »

La Dépêche du Midi s’interroge : « Pourquoi ce jeune homme a-t-il pris de tels risques pour un monument qu’il n’avait jamais vu ? » Le journal ne doit pas être le seul à se la poser : les vidéos Instagram de Maël sont devenues virales, il impressionne. À France 3, il confie être « fier d’avoir réussi à finaliser ce projet » et « content que les randonneurs puissent à nouveau profiter de la croix ». Et il ajoute que « beaucoup de gens ont réagi et [lui] ont envoyé des messages. Ils [l’]ont tous touché et beaucoup ému. » Le plus émouvant est peut-être quand il explique que « le lendemain, [il est] allé voir [s]a grand-mère qui est très croyante. Elle a énormément pleuré, fière de [lui] qu’[il ait] pu accomplir ça. » Toutes les grand-mères le seraient, et Maël prouve qu’il reste encore en France des motifs de fierté et des raisons d’espérer.

Vos commentaires

30 commentaires

  1. La dépèche du Midi sont certainement pas croyant,car quand ont à eu le baptème nous sommes devenu Chrétiens ce n’est une obligation d’aller à la messe tous les dimanches et encore bravo à Mael le Lagadec.

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