La fin de règne de François le Petit a des airs de pantalonnade, pour ne pas dire de dégringolade. Le gouvernement de Manuel Valls, aux abois depuis déjà quelque temps, agonise dans un ultime aveu d’impuissance, dans une dernière cabriole inepte et malencontreuse.

En février dernier, Myriam El Khomri déclarait qu’il ne serait « ni souhaitable ni nécessaire » de recourir au 49-3 pour faire passer sa loi Travail, malgré la suggestion appuyée du Premier ministre. Pas souhaitable en février, indispensable en mai. Ainsi vont les choses dans le monde de la tyrannie médiatique et bougiste. Tout y est bricolage de dernière minute, mots creux et palinodies.

À peine entamé l’examen du texte à l’Assemblée, le ministre du Travail a exercé la « réserve des votes », le « 44-3 », afin d’empêcher que se poursuive le vote des amendements de sa loi. Fi de tous ces bavardages. Aujourd’hui, nous apprenons que Manuel Valls décide de passer en force pour l’ensemble du texte en faisant appel au 49-3, un an après la loi Macron. Malgré la droite, malgré la gauche, malgré un million trois cent mille pétitionnaires, malgré patronat et syndicats, malgré la jeunesse incrédule et, pour tout dire, une grosse majorité du peuple français, de tous bords confondus.

Il est convenu de parler, en l’espèce, de « déni de démocratie » ; mais le 49-3 est un article de notre Constitution, et Manuel Valls, pas plus que Georges Pompidou, Raymond Barre ou Michel Rocard (qui utilisa cette « arme parlementaire » vingt-huit fois !) ne mérite son titre de tyranneau. Sans doute serait-il plus juste de parler, en ce qui concerne le pouvoir en place, d’un « déni de peuple » et d’une déshonorante versatilité.

N’est-ce pas le président de la République lui-même qui affirmait, jadis : « Le 49-3 est une brutalité, le 49-3 est un déni de démocratie, le 49-3 est une manière de freiner et d’empêcher le débat parlementaire » ? N’est-ce pas Manuel Valls qui, en 2008, faisait partie des députés qui proposèrent un amendement du 49-3, dont l’idée se résumait ainsi : « Seuls des textes très particuliers tels le projet de loi de finances ou le projet de loi de financement de la Sécurité sociale doivent pouvoir être adoptés par la voie de l’article 49, alinéa 3. Il est indispensable que tous les autres fassent l’objet d’un vote » ? Même leurs écrits s’envolent, et rien ne reste.

Une motion de censure a été déposée par les députés LR et UDI. Elle pourrait mener à la chute du gouvernement – un beau rêve, qui a peu de chances de devenir réalité, les députés de gauche n’étant probablement pas prêts à quitter leurs postes avantageux ; mais que nous reste-t-il, face à toutes ces pitoyables manœuvres, sinon le rêve et l’espoir impatient ?

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