Audio - Editoriaux - Entretiens - 6 août 2018

Stéphane Ravier : « Calanques investies par les bandes des cités : il n’y a pas que Sormiou ! Et les Marseillais n’en peuvent plus ! »

Stéphane Ravier, sénateur RN des Bouches-du-Rhône, explique les dessous de la guerre des bandes dans la calanque de Sormiou et déplore l’inaction et le déni des élus LR sur ce dossier.

Que se passe-t-il dans les Calanques ? Des bandes seraient-elles réellement en train de contrôler l’accès aux Calanques ?

Il s’agit en effet d’une « nouvelle » réglementation très locale. Des « jeunes » de la cité de la Cayolle ont investi la calanque de Sormiou le 22 juillet. Ils l’ont bien sûr fait au mépris du vigile et de deux policiers municipaux présents sur place. Il est interdit de se rendre dans cette calanque en voiture de juin à septembre. Les « jeunes » du quartier de la Cayolle n’ont pas supporté que les « jeunes » des quartiers nord aient investi les lieux il y a quelques semaines avec des véhicules. Nous assistons donc au match retour, à la balkanisation dans la balkanisation. Les quartiers sud ne supportent pas que les quartiers nord viennent mettre le nez dans leurs affaires. Face à la force, l’intimidation et le nombre, le vigile et les policiers municipaux ont été contraints de laisser passer ces jeunes gens et de leur laisser l’accès à la calanque.
Le maire local des Républicains n’a pas dit un mot. Il est aux abonnés absents. L’adjoint à la sécurité de Jean-Claude Gaudin est dans le déni. Elle prétend dans le journal local que la calanque est sous contrôle. Elle est tellement sous contrôle que le 23 juillet, un des deux bungalows qui habitent le vigile a été incendié. L’été est chaud à Marseille…

S’agit-il d’une première ou les calanques ne sont-elles plus sécurisées ?

Les calanques sont un joyau de notre patrimoine qui est laissé un peu à l’abandon par les autorités. Même la sécurisation a été déléguée à une société de vigiles. En réalité, chaque été, des jeunes et des moins jeunes de la cité avoisinante s’accaparent les lieux. La Provence, le quotidien local, n’en fait même plus écho. Cette année est un peu exceptionnelle puisque nous avons assisté au match aller et au match retour entre les quartiers nord et sud. Ça valait donc peut-être le coup d’en parler. La population historique de Marseille, elle, respecte la réglementation, et se rend à pied dans les calanques, avec leurs équipements pour la plage. D’autres n’admettent pas ces règles. Peu importe qui ils y trouvent, vigile ou policiers municipaux, ils emploient la force.
Cette année, cette habitude a pris un peu plus d’ampleur. Mais il y a quelques années déjà, des touristes avaient été dépouillés devant une cité « à problèmes ». C’est comme cela que les médias officiels parlent de la Cayolle.

Pourquoi n’en parlent-ils plus ? Idéologie ou lassitude ?

Je crois qu’il y a un peu des deux. La « petite délinquance », comme ils disent, est tellement courante qu’on n’en parle même plus. Il faudrait sans doute un numéro spécial de la Provence pour relater les faits de délinquance commis par les gens des cités. On ne parle donc pas de ce genre d’actes. Et pourtant, les Marseillais n’en peuvent plus.
On ne parle pas non plus d’un autre quartier qui mène à la calanque de Morgiou où il y a la prison des Baumettes. Cette question pourrait faire l’objet d’une interview à part entière. Les riverains de la prison vivent l’enfer en raison de l’anarchie qui y règne. Ce sont les habitants qui sont au final enfermés chez eux. La Provence n’en parle évidemment pas.

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