Editoriaux - 20 août 2018

Scandale : Karin Kneissl, cette Autrichienne de ministre, danse avec ce diable de Poutine !

C’est pire que la fameuse poignée de main du maréchal Pétain et d’Adolphe Hitler, dans la petite gare de Montoire : Karin Kneissl, ministre des Affaires étrangères d’Autriche, apparentée au FPÖ, ce parti populiste et nationaliste, a dansé, lors de son mariage, avec Vladimir Poutine ! « C’est un scandale ! », comme dirait feu Georges Marchais : cette danse indécente scellerait l’alliance du conservateur Sebastian Kurz, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, avec le pire dictateur ! C’est, du moins, ce que pense l’opposition autrichienne, qui dénonce une atteinte à la neutralité du pays : rien que ça !

Et le parti Vert d’exiger la « démission immédiate » de ce ministre, soulignant que « Vladimir Poutine est l’adversaire le plus agressif de l’UE en matière de politique étrangère », tandis qu’un responsable social-démocrate s’interroge : « Comment la présidence autrichienne de l’UE peut-elle jouer, comme elle le prétend, un rôle d’intermédiaire honnête [entre les Vingt-Huit et Moscou] si la ministre des affaires étrangères et le chancelier se placent aussi clairement d’un côté ? » Bref, l’opposition dénonce un pacte avec le diable en personne.

Les opposants politiques au gouvernement ont également critiqué le coût du dispositif policier pour assurer la sécurité du président russe. Le vice-chancelier Heinz-Christian Strache les a mouchés en soulignant que « chaque manifestation gauche-Verts, avec ses possibles émeutes, embouteillages, coûts en matière de sécurité, coûte au contribuable autrichien beaucoup plus que la visite respectueuse du président russe en l’honneur de notre ministre des Affaires étrangères et de notre pays ».

Cette anecdote ne mériterait pas d’être relevée si elle ne révélait pas, une fois de plus, les méthodes de ces prétendus démocrates : quand un gouvernement, arrivé démocratiquement au pouvoir, respecte les aspirations du peuple et fait passer les intérêts de son pays avant ceux de l’Europe, il est mis au ban des nations. Voyez ce qui se passe en Italie, avec l’alliance entre la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement Cinq étoiles de Luigi Di Maio. La même diabolisation se produit partout en Europe dès qu’on commet l’incongruité de s’opposer aux diktats de Bruxelles, notamment en matière d’immigration.

Ces culs bénis de la bien-pensance n’hésitent pas à utiliser le procédé totalitaire de l’amalgame, qui leur permet de rejeter ceux qui leur résistent dans le camp du mal. En l’occurrence, ils s’indignent que des dirigeants honnis de l’Autriche puissent inviter à un mariage Vladimir Poutine et, pire, danser avec lui. Car Poutine est, en ce moment, la tête de Turc, si l’on peut dire, de l’Union européenne, qui préfère avoir des liens avec la Chine, ce modèle de démocratie, ou des pays du Proche-Orient qui entretiennent des relations ambiguës avec le terrorisme islamique.

En faisant de Vladimir Poutine un diable à ressort censé effrayer les honnêtes gens, en jetant l’opprobre sur cette danse bien innocente, au demeurant séante dans un mariage, l’opposition non seulement sombre dans le ridicule, mais incite le gouvernement autrichien et les États européens soucieux de conserver quelque liberté à se tourner davantage vers la Russie. Car la Russie de Poutine, sortie de l’URSS et de ses dérives staliniennes – que la gauche française encensait encore, il n’y a pas si longtemps –, pourrait bien donner aux nouveaux adeptes de la pensée unique et de la normalisation des leçons d’indépendance, de souveraineté et même de tolérance.

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