Politique

Raquel Garrido : insoumise… surtout à la vérité !

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

C’est l’annonce choc du week-end : « Raquel Garrido quitte la politique. »

J’en suis toute chose. Pire : je ne sais pas si la France va pouvoir s’en remettre… À commencer par ce pauvre Mélenchon… Voir s’éloigner, comme ça, celle qui lui a servi d’aboyeuse pendant toute la campagne, c’est dur !

Drôle de bonne femme, madame Garrido-Corbière. Encore une qui a fait ses classes à l’UNEF avant de devenir vice-présidente de SOS Racisme. Inscrite au barreau de Paris en 2011, elle est devenue l’avocat particulier de Jean-Luc Mélenchon et de sa fille, puis de La France insoumise.

Habituée des prétoires, on l’a vue apparaître dans les médias en cette année 2017 comme porte-parole de La France insoumise, dont elle a déclaré être, une fois les élections passées, « avocate militante bénévole ». Un premier arrangement avec la vérité qui n’avait pas échappé au Canard enchaîné, lequel révélait début octobre que la dame Garrido, depuis six ans qu’elle exerce ce noble métier, avait « omis de régler ses cotisations sociales à la Caisse nationale des barreaux français ». Montant de l’ardoise : 32.215 euros. De plus, ajoutait Le Canard, depuis un an, elle ne payait pas non plus ses cotisations à l’Ordre des avocats de Paris.

Dénégations de la dame qui crie au complot. Mais vérité quand même puisqu’il est apparu qu’elle avait « négocié en septembre avec la caisse de retraite un échéancier visant à régler ses arriérés ». Hélas, comme les trains, une polémique peut en cacher une autre et, quelques semaines plus tard, on apprend que Garrido et son époux le député insoumis Corbière, pas franchement nécessiteux, occupent un logement HLM. Sous la pression, ils l’ont depuis quitté.

Pourquoi tant de haine, direz-vous ? Eh bien, parce qu’on a là de belles figures de révolutionnaires en peau de lapin, de cette extrême gauche dénonciatrice d’un affreux « système » dont elle profite pourtant grassement.

Car Raquel Garrido, qui, durant la campagne, fustigeait avec ses amis les affreux capitalistes, tapant notamment sur le dénommé Bolloré, est entrée en septembre dernier… dans le groupe Bolloré. Chroniqueuse sur C8 dans l’émission « Les Terriens du dimanche », pour un grand numéro de confusion des genres où elle a vite fait parler d’elle. Ainsi, bien qu’affirmant « Je suis une avocate insoumise, je n’empêche pas les journalistes de faire leur travail », elle s’est permis d’interpeller le Premier ministre lors de la conférence de presse sur la loi Travail. Or, les questions étant limitées, elle prenait bel et bien une place qui n’était pas la sienne. Questionnée par Le Monde, elle s’est alors défendue : « Le spectateur sait d’où je parle. Il y gagne, par rapport aux journalistes qui sont marqués politiquement mais qui ne dévoilent pas leur inclination, comme Bruno Roger-Petit. […] Le spectateur sera peut-être en désaccord avec moi par principe, en raison de mon engagement, mais il n’y a pas tromperie. »

Sauf que si Raquel Garrido intervient comme porte-voix des Insoumis – « Le spectateur sait d’où je parle » –, ce qu’elle revendique, il est logique que ses interventions soient décomptées comme temps de parole du parti qu’elle représente. D’où cette annonce au JDD : « Le CSA m’a placée devant un dilemme. Soit renoncer à mon engagement politique, soit être décomptée France insoumise. […] Le CSA a exigé un retrait total de mes activités politiques », a-t-elle affirmé.

C’est faux, « biaisé » pour le moins, déclare le CSA auprès du « Lab » d’Europe 1 : « Nous n’avons rien exigé de madame Garrido. Nous n’avons évidemment rien demandé. C’est une décision personnelle », affirme l’un de ses membres, ajoutant : « Le CSA a bon dos ! » Et Raquel Garrido une façon bien à elle de s’arranger avec la vérité…

« À la télé, il y a si peu d’insoumis, tandis qu’à La France insoumise, des “Raquel”, il y en a plein ! Je tourne donc la page sans états d’âme. » Elle ne sera donc pas candidate aux européennes de 2019. Ça nous reposera !

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