Editoriaux - Histoire - Politique - Radio - Santé - 5 février 2018

Marlène Schiappa, ou l’alliance du politique et de la plomberie

En tant que ministre de l’embarras, Marlène Schiappa est venue au micro de Jean-Jacques Bourdin se livrer à quelques improvisations sur le thème du féminisme « intransigeant mais pas trop, enfin, ça dépend ». Un exercice qui force l’admiration des coincés entre deux chaises de tous bords, tant la pipelette de l’immeuble « En marche » excelle dans cette discipline.

Également très client des figures de patinage artistique du ministre, Jean-Jacques Bourdin attaque bille en tête : « Députée, est-ce que vous vous seriez levée pour applaudir Gérald Darmanin à l’Assemblée nationale ? »

Son invitée enfile sa tenue à paillettes et s’élance sur la glace : « Écoutez, les membres du gouvernement n’ont pas le droit d’applaudir, donc, parfois, c’est très tentant », etc. « Mais c’est interdit. » Ah, zut ! Même avec des moufles ? Ah, non. Et avec les pieds ? Jean-Jacques Bourdin omet ces quelques questions pleines de bon sens, mais peu importe. Il relance Marlène car il sait qu’elle n’est pas au top de ses possibilités. À ce stade, il n’est plus journaliste mais directeur artistique d’une championne de pédalage dans la semoule. Et c’est donc en tant que coach qu’il continue son questionnement : « Non, mais je vous ai dit députée. » Marlène Schiappa : « Mais je ne suis pas députée. » Bourdin : « Non, mais si vous aviez été députée, vous vous seriez levée ? » Marlène Schiappa : « Je ne réponds jamais à des questions avec des “si” parce que c’est trop facile, etc. »

Bourdin salue la performance. La gêne tant attendue est là, palpable, magnifique : « Vous fuyez la réponse, si j’ai bien compris… » Marlène Schiappa : « Pas particulièrement… »

Après un début de compétition aussi pétaradant, Jean-Jacques Bourdin sait que la suite de l’interview ne sera qu’une promenade de santé. La médaille est dans la poche. Il plante néanmoins la troisième banderille afin de maintenir le niveau d’embarras force 4 qui règne dans le studio : « Est-ce l’histoire d’un homme qui utilise son pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles ? »

Sans surprise, la réponse est en pure langue de bois dérivative. RMC perd 150 auditeurs à la seconde. « Pas accès au dossier », « appel à la retenue », « ne pas exercer de pression », « affligée par ce déballage de vie intime », la prestation devient ennuyeuse…. La médaille s’éloigne. Bourdin traduit en langage normal : « Donc, vous ne vous engagez pas, vous ne portez aucun jugement, aucune remarque, rien. »

Alors que son invitée se croit sortie d’affaire, sans aucune pitié, le terrible coach pousse sa nouvelle recrue dans les sables mouvants : « Vous parlez de retenue, mais est-ce que vous avez fait preuve de retenue dans l’affaire Jonathann Daval ? »

Par respect pour les âmes sensibles, nous ne décrirons pas le climat de confusion qui règne alors dans le studio, ni les réponses alambiquées uniquement compréhensibles des auditeurs titulaires d’un CAP de plomberie. Seuls quelques héros de la radio ont réussi à suivre l’interview dans son intégralité. La médaille leur revient.

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