Editoriaux - Justice - 5 septembre 2018

Lyon : le père de l’agressé arrêté, les agresseurs en liberté

Vous trouvez ça normal ? Moi pas !

Une fois de plus, les brigands ont eu gain de cause devant des juges qui ont dû oublier le b.a.-ba de leur profession. Une fois de plus, la légitime défense n’a pas été reconnue. Une fois de plus, l’attaqué a été jugé attaquant.Vous me direz que ce qui s’est passé à Lyon, c’est limite légitime défense. C’est plutôt « revenge ». Mais reprenons ce fait divers au début. Un jeune homme se promène tranquillement dans une rue du 2e arrondissement, en plein centre de Lyon. Pas spécialement dans une quartier chic. Soudain deux ados, de son âge, dont la presse ne nous donne pas l’identité, l’arrêtent, l’insultent, le bloquent, le tabassent et le déshabillent jusqu’au boxer, pour se revêtir de ses effets. Bons princes, ils lui refilent les habits du plus jeune et s’en vont. Tranquillement. Les racailles de 17 et 18 ans auront de quoi s’habiller chic cet hiver !

Mais c’était sans compter sur le père du jeune agressé, sans lequel la police aurait évidemment classé ce fait divers dans des dossiers dormants. Avec une grande perspicacité, papa réussit, au bout de cinq jours, à retrouver l’un des deux gamins. Avec l’un de ses amis, il le coince et le fait monter dans leur voiture. Une bonne leçon d’éducation comme on n’en fait plus, comme la loi ne le permet pas : quelques claques, peut-être plus, et le jeune voleur finit par avouer le nom de son complice et l’hôtel où il couche. Tiens, tiens, peut-être un hôtel, payé par vous, contribuables ? Ces jeunes seraient-ils des clandestins mineurs logés aux frais de la République généreuse et compatissante ? Toujours est-il qu’à une heure du matin, le père de famille qui tient bien – trop bien ? – son rôle, prend les deux lascars par le cou et les conduit au commissariat de Villeurbanne, sans avoir pris le temps de récupérer les vêtements volés. Et là, le père de famille, oubliant qu’il est en France, se voit placé en garde à vue avec l’ami venu le seconder. « Messieurs, on ne doit pas faire justice soi-même. Messieurs, la police est là pour arrêter les criminels. » Fermez le ban ! 24 heures de garde à vue et… liberté immédiate pour les deux agresseurs !

Pensée intime du papa ? La prochaine fois, ils recevront la raclée de leur vie dans un coin bien tranquille, et on les lâchera à des centaines de kilomètres de leur hôtel ! Le titre du site Lyon Capitale est évocateur de l’ambiance régnant dans une certaine presse-aux-ordres : « Le père de famille séquestre les agresseurs de son fils. » Point barre. Leur journaliste semble fier de conclure son papier par : « Le mineur de 17 ans et son complice de 18 ans sont relâchés et les presque quarantenaires déférés devant le parquet ce vendredi pour enlèvement, séquestration et violences. » De quoi passer des années en prison.

Car, en France, il est interdit de jouer aux détectives, même si nous savons pour évidence que la police n’aurait jamais retrouvé les deux agresseurs. Puis-je m’offusquer et oser dire que je comprends ce papa d’avoir essayé de défendre le bien et l’honneur de son rejeton ?

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