Culture - Editoriaux - International - People - 22 septembre 2018

Gérard Depardieu : Français, Algérien, Russe et… bientôt Turc ?

Il est reçu en Azerbaïdjan, Ouzbékistan ou en Arménie « comme une tête couronnée », nous dit-on. Il parcourt le Caucase, franchit l’Oural de ses bottes de sept lieues, possède un appartement en Tchétchénie, aurait été pressenti comme ministre de la Culture de Mordovie (capitale Saransk), une petite république dont l’économie reposait autrefois sur le goulag et qui compte, aujourd’hui, encore une vingtaine de camps ; bref, un coin de Russie qui serait encore totalement ignoré si notre ogre n’y avait promené son auguste personne.

Depardieu, la truculence en marche. L’extravagance, l’hypertrophie et l’hyperbole. Le parler sans retenue aucune, comme ce ventre qui le précède à la façon d’un majestueux éperon. Mieux encore : si j’osais la métaphore, je dirais que le Gégé est un bras d’honneur ambulant, ou un doigt du même nom adressé au monde bien-pensant en général, et à la presse française en particulier, laquelle ne lui pardonne pas son exil fiscal chez le camarade Poutine. Serait-il allé chez Maduro qu’on n’y verrait que du bon, mais là…

La semaine dernière, Depardieu était ainsi à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Filmé en veston blanc et panama dans la foule des tribunes dressées pour fêter les soixante-dix ans du régime, nez au vent de l’Histoire. Yann Moix, qui l’accompagnait, dit qu’il n’a, là-bas, strictement rien changé à sa manière d’être : 100 % cash ! Et que, paradoxalement, les Coréens ont beaucoup apprécié le franc-parler de monsieur Gérard.

Ces deux-là seraient, paraît-il, en train de tourner un film sur le pays. C’est, en tout cas, ce qu’a dit leur ami Ardisson au Figaro. Si c’est pour « À pleines dents ! », on a hâte de voir ça : les spécialités gastronomiques de la Corée du Nord, imaginez… Je dois dire, pour avoir découvert cet été la série sur Arte, que c’est un grand moment d’épicurisme. Chaque épisode s’ouvre sur ce verbatim du bonhomme : « Je suis citoyen du monde et je suis vivant. J’aime manger, rire et m’émouvoir. » C’est tout bonnement gargantuesque…

Et, donc, l’ami Depardieu, citoyen du monde, ambitionne de collectionner les passeports. Il en voudrait sept, paraît-il, comme les sept vies du chat. C’est pour cela qu’il compte se rendre prochainement et très officiellement en Turquie pour demander au président Erdoğan de lui offrir la nationalité turque, comme il l’a confié au journal Aydınlık lors de son passage en Corée. Car si Depardieu boude la presse, c’est essentiellement la presse française, on l’aura compris. Laquelle presse tenant d’ailleurs à rappeler que l’acteur est « visé par une enquête pour viols et agressions sexuelles ».

À ce propos, et sans préjuger de la vérité des faits, tant on imagine bien que le truculent acteur des Valseuses peut avoir le geste « libre », on ne peut s’empêcher d’être étonné : voilà donc une jeune comédienne, très inconnue et très ambitieuse, qui se rend chez un monstre sacré, grand ami de son papa, pour « lui demander conseil ». L’ogre la viole une première fois le 7 août, puis de nouveau le 13.

Question : vous en connaissez beaucoup, vous, des femmes violées qui retournent chez leur bourreau pour remettre le couvert huit jours plus tard ?

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