Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 8 octobre 2018

Emmanuelle Ménard : « Pour les municipales, il faut se débarrasser des oripeaux des partis »

Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault, réagit au micro de Boulevard Voltaire au refroidissement des relations entre Debout la France et le Rassemblement national.


Il semblerait que l’ambiance se refroidisse nettement entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan.
L’Union des droites paraît un objectif très lointain après les événements de ces derniers jours.

C’est un objectif lointain tant qu’on se positionnera au niveau des partis politiques. Je dis depuis des mois que si on n’arrête pas de raisonner en termes de parti politique, on n’arrivera à rien du tout. Dès que vous êtes en termes de parti politique, vous êtes dans une guerre d’egos, dans une guerre personnelle et une guerre de boutique. Chacun tire la couverture à soi. Encore une fois, je crois qu’il faut repartir à la base et se positionner en rassemblement des droites, des électeurs de droite, et pas des partis politiques.

En tant que député élu avec notamment le soutien du Rassemblement national et en tant que co-fondatrice des Amoureux de la France, pensez-vous que l’on s’oriente vers une guerre ouverte entre le Rassemblement national et Debout la France, alors qu’il y a un an Nicolas Dupont-Aignan appelait à voter pour Marine Le Pen ?

J’espère que non. Je vous rappelle que j’ai été élue avec le soutien du Front national et de Debout la France. Évidemment, j’espère qu’on ne s’oriente pas vers une guerre entre les deux partis, d’autant que c’est ce qu’attend Laurent Wauquiez.
Il faut calmer le jeu, reprendre les choses à la base et s’attaquer aux problèmes quotidiens des Français. Je pense que sur la question de la sécurité, de l’immigration et du pouvoir d’achat, le discours actuel des trois grandes formations de droite peut tout à fait être commun.
Si on arrive à cela, on touchera les électeurs de droite et on pourra travailler avec les Français qui en ont ras-le-bol de voir leurs idées toujours battues en brèches, car on n’arrive pas à s’unir et à se rassembler. Si on reste au niveau des partis, on aura des guerres de petites phrases, des guerres de partis politiques et des guerres de boutiques. On n’arrivera à rien du tout. C’est désespérant pour les Français. Je vais me bagarrer contre cela.

Derrière les Européennes, il y aura les élections municipales. Serait-ce un terrain plus propice pour faire avancer le principe d’Union des droites ?

Évidemment. Aux Européennes, nous aurons les listes de monsieur Wauquiez, du Rassemblement national, de Debout la France ou des Amoureux de la France de Nicolas Dupont-Aignan.
On arrivera en ordre dispersé et divisé. Pour les Europénnes, on n’arrivera à rien en termes d’Union de la droite.
Pour les municipales, cela se pose évidemment autrement. On pourra faire des listes avec les Français qui ont envie de se réunir et qui savent qu’ils ont des problèmes communs sur lesquels se bagarrer au niveau local. Je pense que là, ça peut vraiment marcher, mais il faut absolument pour les municipales se débarrasser des oripeaux des partis.

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