« Defend Europe » : l’hécatombe en Méditerranée, notre hypocrisie, leurs morts

Auteur, militante féministe

Ex-membre du CNDF (Collectif national pour les droits des femmes), du CERF (Cercle d’Etudes de réformes féministes)

Son blog
 

« L’Europe a besoin d’immigration dans les prochaines décennies. »
« L’Europe a bénéficié de l’immigration. »
« Les migrants doivent avoir la liberté de migrer librement. »
« L’émigration est un choix. »

« L’homme qui n’a pas d’enfant souffre. »
« L’homme a besoin d’épancher ses pulsions. »
« Les femmes doivent avoir la liberté d »être des gestatrices ou des prostituées. »
« La prostitution est un choix. »

Le parallèle entre ces deux fausses justifications est criant.

Oui, les femmes et les migrants sont volontaires. Mais dans les deux cas, leur liberté est restreinte, et dans les deux cas, très fréquemment, les maquereaux existent bel et bien, y compris dans la famille des exploités, et les clients abusent de leur pouvoir économique pour mettre en jeu la vie et la santé de plus vulnérables qu’eux.

La politique économique de l’Europe est une politique de court terme. À court terme, importer des travailleurs moins payés et importer des consommateurs augmente le chiffre d’affaires et les profits. Les achats des consommateurs sont payés par l’État, c’est-à-dire mis à la charge des générations futures qui devront rembourser les emprunts. À court terme, ils génèrent des intérêts qui profitent aux banques et aux prêteurs.

Quant aux « impondérables », comme dit Emmanuel Macron, que sont les attentats et autres viols, ils font moins de morts que les accidents automobiles.

À court terme, l’Europe y gagne. Et fait – encore – semblant de pleurer les morts.
À court terme, ceux qui en Afrique ou en Asie reçoivent l’argent des migrants y gagnent et continuent à demander à leurs fils d’aller gagner de l’argent en Europe, tout en vomissant les blancs colonialistes.
Hypocrisie partout.

Le groupe Génération identitaire propose une action pour parer au plus pressé : sauver des vies de la noyade en mer. Il dénonce l’hypocrisie des ONG venant récupérer des migrants au bord des côtes libyennes pour les amener en Europe. Il va jusqu’à parler de complicité avec les mafias de passeurs.

L’action qu’il propose consiste à aller au bord des côtes libyennes, pour avertir les gardes-côtes libyens lorsqu’une embarcation de migrants est repérée, afin que les gardes-côtes la ramènent en Afrique. Le but étant à la fois d’éviter l’arrivée des « migrants » en Europe – l’opération s’appelle « Defend Europe » – et d’empêcher la poursuite de l’hécatombe en Méditerranée.

La Marine libyenne acceptera-t-elle de prendre en charge ces embarcations ? Qu’adviendra-t-il des migrants s’ils reviennent en Libye ?

Autre parallèle criant :
« L’homme qui n’a pas d’enfant souffre. »
« L’adoption fait deux heureux : l’enfant adopté et le père adoptant. »

Parfois, oui. Parfois, il n’y a pas d’autre possibilité que l’adoption pour donner une famille à un enfant.
Mais l’adoption a été et est largement un marché d’enfants, arrachés ou volés à leurs parents.

La vraie générosité envers un enfant, le plus souvent, est de l’aider à rester dans sa famille (sauf en cas de maltraitance) et dans son pays.

De même, la vraie générosité envers les jeunes des pays en difficulté serait de les aider à rester dans leur pays. Le cardinal ghanéen Peter Turkson l’a affirmé le 30 juin : « Le grand problème est de traiter cette question à la source par l’angle du développement, faire en sorte que les gens n’arrivent plus ainsi en Europe. »

Ex-membre du CNDF (Collectif national pour les droits des femmes), du CERF (Cercle d’Etudes de réformes féministes)

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